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Aucun de mes discours n’est porteur d’un message,
Ils vont vers l’horizon, tels des marins perdus ;
Comme je suis venu, je m’en vais sans bagages,
À la terre mon corps bientôt sera rendu.
Aux tavernes jadis vous m’avez entendu,
Vous avez pardonné mon maladroit langage ;
Mais chacun d’entre nous se tait dans son grand âge,
Notre bel enthousiasme est bien redescendu.
Ne me regrette point, tavernière jolie,
Ne sombre pas pour moi dans la mélancolie ;
Mon rouge coeur par toi jamais ne fut blessé.
Le bistrot va fermer, ma soif est abolie,
Je prends congé de toi par des phrases polies ;
Jamais ton souvenir je ne vais délaisser.
