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Entre les mains de Dieu, qui donc peut se tenir ?
Plus rien n’est à saisir quand l’âme s’évapore ;
Du posthume sermon que le prêtre élabore
Tu ne verras jamais un miracle advenir.
Que penser d’un vieillard qui voudrait rajeunir ?
Oublie-t-il que nos vies n’ont qu’une seule aurore ?
L’éternelle survie n’est qu’une métaphore,
Au tombeau va le corps, ce n’est pas pour dormir.
Entre ses mains, dis-tu, je remettrai mon âme ;
Mais d’un feu bien éteint nul ne garde la flamme,
Plus ne peut un défunt son latin réciter.
Cet « In manus tuas », ce fragment de poème,
Je ne me lasse point d’admirer sa beauté
Quand je viens méditer parmi les chrysanthèmes.
