Nelligan

wiegedesplaneten.jpg

Toile de Roland Rafael Repczuk

L’amour immaculé n’étant pas de ce monde,
Dans une aubade rouge il mit sa joie profonde.
L’automne était pour lui solitaire saison,

Béatrice ayant fui la commune maison,
Bergère trop volage, aux décisions bien lestes
Inspirées par Dieu sait quel doux billet céleste.

C’était l’automne… et les feuilles tombaient toujours.
Caprice blanc, la neige advint dans les trois jours.

Chapelle dans les bois devenue tombe blanche,
Chapelle de la morte, un arbre dessus penche,
Chapelle ruinée dont l’allure aurait séduit
Charles Baudelaire ou des rêveurs comme lui.

Dans son château rural, le fier poète écoute
Chopin en descendant un whisky pour la route.
Un Christ en croix le voit d’un air sage et profond,
Il fait un clair de lune intellectuel à fond.

Sur son clavier d’antan il compose des rimes
Chantant les coeurs blasés que leurs amours dépriment,
La communion pascale et le gigot d’agneau ;
Dans l’allée travaille un jardinier solognot.

Or, devant deux portraits de ma mère en enfance,
Et devant mon berceau chargé de souvenances,
Un diptyque envahit mon imagination.

Ah, ce frisson d’hiver refroidit mes passions,
Gretchen la pâle amie de mes jours bucoliques
D’hiver continental, presque mélancolique,
M’invite-t-elle en son sentimental jardin?

Une vierge, une rose y languit ce matin,
Chantée par l’organiste, au paradis éclose,
Où la Bénédictine un air nouveau compose.

* * * * * * * *

Cochonfucius

Je prie avec mes pieds

carl_gustav_carus_-_pilgrim_in_a_rocky_valley_-_wga4522.jpg

Toile de Carl Gustav Carus

Je prie avec mes pieds, du matin jusqu’au soir.
Sans escale et sans but est mon pèlerinage,
Tel un vaillant saumon qui contre le flux nage
Et vit ses derniers jours, animé par l’espoir,

J’avance lentement vers cet horizon noir
Où le repos m’attend, merveilleux apanage
De celui qui parvient à la fin de son âge.
Ce qu’on trouve là-bas, je ne peux pas le voir,

Un jardin sûrement, un comptoir et des verres,
Un barman connaissant des blagues fort vulgaires,
Un soleil adouci par de roses brouillards.

Je prie avec mes pieds, car je n’ai pas de tête,
A prier je m’efforce, à prier je m’entête,
Car prier fait de nous de bien dignes vieillards.

Cochonfucius

____________________________________________________________________________

Dixit Aurelius Augustinus Hipponensis :

Cum oramus cum Deo loquimur, sed cum legimus, Deus loquitur nobiscum.

En priant nous parlons à Dieu, mais quand nous lisons, Dieu nous parle.

Montagnes hantées

reverseofvolumeupsidedown.jpg

Source image

Vers le sommet des monts, quelqu’un parfois soupire
Et ce soupir descend jusqu’au creux du vallon ;
C’est peut-être la voix d’un faune, ou d’un satyre
Galopant dans la nuit sans même un pantalon.

Peut-être le dieu Pan, devenu solitaire,
Regrette le vieux temps qu’il évoque à grand bruit ;
Nous ne trouverons point la clé d’un tel mystère,
Elle est tombée très loin, tout là-bas, dans la nuit !

Cochonfucius

Temple de la source

urzo.png

image de l’auteur

Ce saint lieu reste ouvert pour les gens de passage,
Ceux qui ne vont pas bien, ceux qui se sont perdus ;
Les oiseaux d’alentour chantent dans les feuillages,
Auxquels, fidèlement, la source a répondu.

Si nos humbles appels sont des dieux entendus,
Nous ne le savons point, ni quel est leur langage ;
Sur ce temple qui fut bâti en d’autres âges,
Sans doute un sortilège est un jour descendu.

La source est douce et fraîche, et puis elle est jolie,
Elle est le vrai remède à la mélancolie,
Elle peut consoler même un oiseau blessé.

Toi, source de sagesse et source de folie,
N’aurais-tu point sauvé la princesse Ophélie
Dont sans raison le coeur se trouva délaissé ?

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

Actualités de WordPress.com

Les dernières nouvelles de WordPress.com et de la communauté WordPress.