Grand hippotaure

image de l’auteur

Je suis le neveu de Protée,
J’aime cet oncle un peu givré ;
De mes peurs il m’a délivré,
Car il me les a bien ôtées.

J’ai pour marraine Galathée
Dont fut l’auteur enamouré ;
Je me trouve bien entouré,
Mon âme en est vraiment flattée.

Au pré tu m’entendras mugir ;
Si le goupil vient à surgir,
Moqueusement je le charrie.

Des songes peuplent mon sommeil,
De dryades, de fruits vermeils,
Et de Notre Dame, Marie.

Cochonfucius

Saint Papegault

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Je suis un bel oiseau parlant,
Plusieurs saintes femmes m’adorent ;
Grâce à mon verbe étincelant
Je surpasse Saint Isidore.

Je suis un fabuleux galant
Qui de grands discours élabore ;
Je suis un séducteur volant
Qui son joli plumage arbore.

Je brille comme un ostensoir
Qu’au peuple montrerait un ange ;
Je suis le frais soleil du soir.

Je dors avec Sainte Chantal
Pour qui cela n’a rien d’étrange ;
Je me montre sentimental.

Cochonfucius

Biche souveraine

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Je suis la Reine des Deux Rives,
Sans limites sont mes pouvoirs ;
J’ai pour amant le Grand Ours Noir,
Mais je ne suis point sa captive.

Je fus errante et fugitive,
Mais l’ours m’offrit un beau manoir ;
Nous parcourons notre terroir,
Ce sont des errances tardives.

En ces heures chacun s’endort,
Sauf un poète, le Vieux Porc,
L’auteur des Stances à la Reine.

Je m’arrête pour l’écouter ;
Il m’offre ses rimes sereines,
Je goûte ses mots veloutés.

Cochonfucius

Dragon blanc

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Je suis un être de lumière,
Je suis le Seigneur Dragon Blanc ;
Je sens vibrer mon coeur brûlant
De sa folle ardeur coutumière.

Je sens mon âme prisonnière
De mon corps faible et chancelant ;
J’effectue quand même, à pas lents,
Ma promenade buissonnière.

Mon père fut un dragon vert
Qui vécut de nombreux hivers
Et fréquenta d’horribles bouges.

Ma mère, une chimère rouge,
Ne fit jamais rien de ses mains,
Indifférente aux lendemains.

Cochonfucius

Planète des aliénés

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Ici, quelques primates fous ;
Ils ont des manières humaines,
Ils chantent comme des Papous,
Ils délirent, ils se promènent.

Ils ne travaillent pas du tout,
Ils se baignent dans leurs fontaines ;
En taverne ils vont boire un coup,
Pas plus de sept fois par semaine.

Eux, si faibles et démunis,
L’adversité les désunit ;
Ils sont perdus, ils sont en panne.

Je leur verse encore du vin ;
Ils m’abreuvent de propos vains
Et dans l’ombre un démon ricane.

Cochonfucius

Silence d’une grenouille

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Je me tais, je rêve et je pense,
Je médite sur l’infini ;
Le soir, quand le ciel se ternit,
Je contemple l’impermanence.

Ma sagesse est loin d’être immense,
Mais avec l’âge, elle grandit ;
Des mots qu’autrefois j’entendis
Viennent traverser mes silences.

Je progresse sans me presser,
J’évite ainsi de me stresser ;
Je vis ma vie en pente douce.

Même s’il est question d’amour,
Cela se fait pouce par pouce ;
Nulle hâte au long du parcours.

Cochonfucius

Printemps des morts

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Avril veut que chacun sourie,
Sauf, cependant, les disparus ;
L’éclat du soleil s’est accru
Et les pelouses sont fleuries.

Au cimetière un rêveur prie,
Parlant à des dieux inconnus ;
Son coeur voudrait se mettre à nu
Devant Notre Dame, Marie.

À la chapelle on brûle un cierge,
Il y plane des âmes vierges ;
C’est bientôt le Printemps des Morts.

Au jardin les fleurs sont écloses,
Toute vigueur quitte mon corps ;
Vient un silence, fin des gloses.

Cochonfucius

Grenouille grise

image de l’auteur

Je ne suis rose ni bleutée,
Moi qui n’ai rien d’éblouissant ;
Mon teint n’est pas trop ravissant,
C’est de la grisaille floutée.

Ma grise mare est habitée
Par quelques poissons languissants ;
Je vois leurs corps se flétrissant
D’une misère imméritée.

Je rêve en attendant la mort,
N’ayant guère soin de mon corps ;
Ma vie fut une triste fable.

Les ans sont courts, les jours sont longs,
Mon coeur semble être fait de plomb ;
Je meurs de langueur ineffable.

Cochonfucius

Royal fantôme

image de l’auteur

Je suis en dérive éternelle,
Mais cela n’est pas un tourment ;
Car je circule lentement
Parmi des formes qui sont belles.

Ce sont de vives étincelles
Surgissant à chaque moment ;
Je les poursuis farouchement,
Ces évanescentes pucelles.

Ces moments sont du plaisir pur;
Comme un rêve, comme une danse ;
Je les ai mérités, bien sûr.

Je savoure l’Impermanence,
Y compris son côté obscur ;
Je me délecte en mon errance.

Cochonfucius

Fleur modeste

image de l’auteur

M’ouvrant du jour au lendemain,
Je ne sais pas si je suis belle ;
La rose est vraiment sûre d’elle,
Dans son bel habit de carmin.

Je découvre ce vieux jardin,
J’y suis la petite nouvelle ;
Sur d’autres fleurs je prends modèle,
Car je voudrais plaire aux humains.

Un oiseau survient, très poli,
Qui dit un poème joli ;
Puis à la fontaine il va boire.

Un autre oiseau lance son cri
Qui ne peut guère être décrit ;
Il m’aime aussi, j’ose le croire.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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