Ambibélier

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Il aime la clairière où danse la hulotte ;
Avec le sanglier au museau retroussé
(Qui, lorsqu’il le reçoit, n’est jamais courroucé),
Il croque les marrons, plaisir pour ses quenottes.

Il compose des vers au chant de la linotte
Que répète le pâtre en couplets cadencés ;
Ce coeur d’ambibélier, plein d’affects nuancés,
Offre au compositeur les plus subtiles notes.

Il parvient à séduire un ténébreux oiseau
Qu’il avait rencontré dans l’ombre des roseaux ;
Bienheureux celui qui partage un état d’âme !

Mais des ambibéliers, je n’en vois, désormais,
Que dans mes manuscrits; c’est regrettable, mais
Au monstre inexistant, je n’adresse aucun blâme.

Cochonfucius

Ours des Pyrénées

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C’est un ours des roseaux, et c’est un ours pensant .
Cet amant de la vie s’éclate en toute chose.
De la force d’un dieu sa liberté dispose,
Et de son crâne lourd le chagrin est absent.

Or, elle a, cette bête, un esprit agissant :
Car c’est une grande âme à la Nature éclose ;
Un amateur d’humour dont le bon sens repose ;
Il est sensible, et tout son bel être est puissant.

Il n’est, dans les grands bois, des regards qui l’épient:
À sa vie quotidienne un charme est attaché…
Il ne veut s’en servir à quelque usage impie !

Oui, dans cet être obscur est un Dieu mal caché ;
Dans son oeil malicieux couvert par ses paupières,
Un reflet nous le dit: son coeur n’est pas de pierre !

Cochonfucius

Vicomtesse azurée

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Elle ne veut en son fief nulle guerre ;
Son âme est pure, et son coeur ne craint rien,
Ne fait nul mal et souvent fait du bien,
Aimée du ciel et adulée sur terre.

En son esprit l’espérance elle enserre,
Puisque jamais ne se rompt un tel lien ;
Bonne saison pour elle et pour les siens,
Régnez longtemps, dame si débonnaire.

Les vagabonds peuvent se déplacer
En son domaine et chez elle passer,
Ils recevront largesse sans égale.

Car, s’ils ont soif, on leur donne de l’eau,
Même parfois un verre de pineau,
Que la fourmi n’offrit à la la cigale.

Cochonfucius

 

Ambichèvre de sable

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Elle sait ruminer la sagesse éternelle,
Trouvant de beaux endroits dans le Livre des Morts ;
C’est un libre animal, qui ne travaille fort,
Préférant mille fois goûter l’herbe nouvelle.

Rien n’est tragique en elle, et son humeur est telle
Que le temps malveillant ne lui peut faire tort.
C’est la soeur du chevreuil et c’est l’amie du porc,
Qui bénissent son nom de louange immortelle.

Elle n’a point souci de vivre infiniment,
Sachant que l’infini n’est pas un argument ;
D’un bouc plein de noblesse, elle aime être servie,

D’un chevalier servant qui goûte sa beauté :
Pour un tel compagnon, nulle sévérité,
Mais le rire en commun, la tendresse infinie.

Cochonfucius

In Memoriam Nazareni

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Blason d’Itterswiller

Le fils du charpentier est le dieu des poètes.
Il a vécu sa vie comme un songe étonnant
Dans lequel il était Créateur et prophète,
Père, Fils et Esprit sur le monde tonnant.

Jean­-Baptiste, qui fut un fier anachorète,
Vit en lui un Seigneur, et, un jour lui donnant
Un peu d’eau sur son front lors d’une grande fête,
Reçut la confession qu’il fit en fredonnant.

Cloué par les soldats sur le bois de justice,
Il dit de retenir la date du solstice
Pour marquer sa naissance et le règne du Bien.

Tous ses mots recueillis par ses mille disciples
Font un livre qui dit la gloire du dieu triple ;
Ce livre est excellent, mais ce n’est pas le mien.

Cochonfucius

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D’azur à Saint Rémi de carnation, debout et de profil, vêtu pontificalement d’argent et d’or, recevant la Sainte ampoule du même d’une colombe aussi d’argent mouvant d’une nuée aussi d’or du canton dextre du chef.

Sagesse ornithologique

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Je suis, sur la toiture, un oiseau solitaire
Que rarement surprend la souffrance ou l’amour ;
Sur les tuiles, mon bec répète son bruit sourd,
Dans le jardin, le chat continue à se taire.

Je n’ai pas la fierté de l’oiseau-secrétaire
Qui du fourbe serpent veut triompher toujours ;
Je ne suis pas le coq, qui fait lever le jour,
Ni l’énorme dindon qui nourrit le notaire.

En hiver le corbeau peut danser dans les airs,
Le perroquet possède un beau costume vert ;
De ces deux compagnons s’émerveille mon âme.

Cet oiseau, dans son coeur, n’abrite aucun regret,
Et si tu veux savoir quel est son beau secret :
Il a fait rénover son rouge coeur de flammes.

Cochonfucius

Maître Canard

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S’éloignant de l’ornière où les charrettes roulent,
Il fuit de l’égorgeur la menaçante main ;
C’est à travers le ciel qu’il trace son chemin,
Où tout au long du jour les quatre vents s’écoulent.

Ayant pour compagnon le ramier qui roucoule,
Il a franchi les monts, d’un effort surhumain,
Il va vers de joyeux et nobles lendemains.
Il a quelques suiveurs, mais ils ne sont pas foule.

La grenouille le craint, qui progresse par bonds,
Ainsi que, dans le Sud, les criquets vagabonds ;
Mais il dévore aussi des lombrics dans les plaines.

Avec toi, cher canard, nous sommes bien d’accord :
Dans cette longue voie qui de périls est pleine,
Nous devons essayer d’échapper à la mort.

Cochonfucius

Bacchus d’azur

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Dionysos, visitant la vigne sous l’orage,
S’en va droit devant lui d’un pas mal assuré ;
C’est ainsi, certains jours, il ne peut mesurer
L’enthousiasme divin qui lui monte au visage.

Ce héros se souvient du vin des anciens âges
Où les humeurs de Zeus il fallait endurer ;
Il n’est plus avec nous, pourquoi le déplorer,
Nous tâchons seulement d’imiter son courage.

Dionysos est joyeux, je l’entends, je le vois,
Il a du raisin mûr qu’il presse entre ses doigts,
Exerçant en ces lieux l’art de ne pas s’en faire.

C’est ainsi, mes amis, qu’il nous faut en user ;
Car le fruit de la vigne est doux comme un baiser,
Le patient vigneron le cueille pour vous plaire.

Cochonfucius

Réaction en chêne

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Dans le grand parc d’un pape florentin,
Nous pouvions voir un chêne magnifique ;
Il abritait des réunions elfiques,
J’ai lu cela dans un texte latin.

Le doux nectar du vignoble angevin
Donne au pontife un talent prophétique ;
Mais, s’éloignant des livres poétiques,
Il veut se faire alchimiste et devin.

Sous le grand chêne, il accomplit un rite
Sur un métal dont les noyaux s’effritent,
Dont se dégage une immense chaleur.

Ce phénomène à l’arbre semble étrange :
Dieu sait en quoi les atomes se changent !
La peste soit des papes bricoleurs.

Cochonfucius

Goupiloptère

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Il plane en altitude, et là, il se les gèle ;
La grenouille volante est prise, sans pitié ;
Or, ce maigre festin le remplit à moitié,
Il regrette des bois la faune originelle.

Ce fier renard, au sol cessant d’être lié,
Découvre dans les airs des sensations nouvelles ;
Dans le grand firmament, le clair soleil l’appelle.
(Mais parfois, le dimanche, il descend pour prier.)

Le goupil disparaît dans la brume glacée ;
Sa noble dignité n’étant plus abaissée
Donne à son âme fière un goût de renouveau ;

Et, lorsque ça l’amuse, il vient, par intervalle,
Regarder par la vitre, à travers un rideau,
Les paysans mangeant du jambon dans la salle.

Cochonfucius

 

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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