Pont perdu

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Ici la rivière est profonde,
Ce lieu est traversé d’effroi.
Il n’en est de pire en ce monde,
Ici chacun porte sa croix.

Un ondin cette noire eau sonde,
Pour y trouver on ne sait quoi ;
Un noir papillon fait sa ronde
En d’invraisemblables endroits.

Un murmure franchit les lèvres
D’un fantôme accablé de fièvre ;
Il a maudit l’astre du jour.

Puis il se noie dans le silence
Car son désespoir est immense ;
Il a regret de ses amours.

Cochonfucius

Au gré du fleuve

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Ayant descendu la rivière,
Du fleuve je rejoins le cours ;
Sereine est la clarté du jour,
Les eaux boivent cette lumière.

Quelques ondines familières
Viennent se montrer tour à tour ;
Bien sommaires sont leurs atours,
Bien rustiques sont leurs manières.

Conversations sans lendemain,
Un peu de drague, c’est humain ;
La routine du jour, en somme.

Les ondines ne restent pas,
Car c’est l’heure de leur repas ;
Elles vont manger, loin des hommes.

Cochonfucius

Dragon nonchalant

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Même si je suis vigoureux,
Nul mortel devant moi ne tremble ;
Nous rions, nous buvons ensemble,
Ce sont des instants savoureux.

Récemment je fus amoureux
D’une dryade, ce me semble ;
Ma paresse m’en désassemble,
Même si c’est malencontreux.

L’amour me paraît mortifère ;
Le plus sûr est de ne rien faire,
Que l’on soit jeune ou qu’on soit vieux.

Je n’irai point ravir Hélène,
Cette désirable Troyenne ;
Ni me battre pour ses beaux yeux.

Cochonfucius

Bélier du Petit Prince

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Ici vit un bélier barbare,
Qui d’une autre planète vient ;
Il a plutôt l’air d’un Terrien,
Mais je le trouve un peu bizarre.

Il a bu le vin d’une jarre,
Cela ne lui fit aucun bien ;
Mais il retrouva son maintien
En avalant l’eau d’une mare.

Ne crains donc rien, bélier timide,
Comme l’eau, ton âme est limpide ;
Tu dois prendre soin de ton corps.

Nous ferons venir la vestale
Bienveillante et sentimentale
Qui t’offrira du réconfort.

Cochonfucius

Étoile obscure

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Voici cet astre mal éclos,
Vainement traversant le vide;
Source de lumière morbide,
C’est un luminaire pâlot.

Son coeur est un méli-mélo,
Un sac d’atomes fratricides ;
Sa couronne, un éclat perfide,
Un invraisemblable halo.

Source de lumière embrouillée
Sur fond d’énergie magouillée,
Que peut-il sortir de ce corps ?

Étoile, ignoble messagère,
Les gens te traitent de mégère
Et je me dis qu’ils n’ont pas tort.

Cochonfucius

Fleurs de canicule

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C’est la mort pour les immortelles,
Tu peux voir leurs rangs clairsemés ;
J’entends des gens prier pour elles,
Je vois des cierges s’allumer.

J’entends pleurer les hirondelles,
Je vois des anges désarmés ;
Le miroir dit à la chandelle
Le deuil de ces êtres aimés.

La canicule, c’est la mort,
C’est le dessèchement du corps
Qui vainement réclame à boire.

Mais demain, c’est un autre jour,
C’est le réveil de nos amours ;
Nous vivrons jusqu’à la victoire.

Cochonfucius

Arbre abstrait

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Cet arbre semble être de pierre,
Ça lui donne un certain attrait :
Un sculpteur en fit le portrait
En buvant quelques pots de bière.

L’artiste sage et solitaire
Aimait les monuments abstraits ;
Pour trois admirateurs distraits,
Il en évoquait le mystère.

L’oeuvre va dans un pavillon
Orné de mille papillons ;
C’est un abri, pas une geôle.

Cet arbre regarde l’humain
Qui par le travail de ses mains
Fit un objet plaisant et drôle.

Cochonfucius

Monstre froid

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Je suis un démon sans audace,
De quoi me sert ma liberté ?
Je suis un démon tourmenté,
Je ne me sens pas à ma place.

Je ne sais comment faire face
À toutes ces complexités ;
J’ignore les subtilités
De ces temps de flamme et de glace.

J’aimerais être un poisson blanc
Aux gestes vifs, aux nobles flancs ;
Celui que je ne sais décrire.

Que vienne le dernier sommeil !
S’arrêtera ce coeur vermeil
Avec un ultime sourire.

Cochonfucius

Pâle coeur

image de l’auteur

Ce coeur ne sait plus s’allumer,
Même si Vénus l’y convie ;
Animé d’un semblant de vie,
Il se souvient d’avoir aimé.

Lui qui d’Éros fut estimé,
Porteur de flamme inassouvie,
Vaillance jamais asservie,
Le voilà seul et renfermé.

Que de vains souvenirs de gloire,
Quelle nostalgie de victoires !
De cris, de chocs, de tourbillons…

Les blés fauchés sont mis en gerbe,
Plus ne vole aucun papillon :
Car toute chair est comme l’herbe.

Cochonfucius

Feuille oubliée

image de l’auteur

Je suis la feuille solitaire
De je ne sais quelle saison ;
Auprès d’une vieille maison
Je me repose sur la terre.

Que fais-je ici ? C’est un mystère,
C’est un chemin sans horizon ;
C’est un défi pour ma raison,
Cela n’a rien d’élémentaire.

Ce beau jardin, c’est l’univers
Où j’ai dormi tout un hiver,
On est vraiment loin des tropiques.

Un insecte parle tout seul :
Il dit qu’à l’instant fatidique
Il fera de moi son linceul.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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