Pyramide inclinée

image de l’auteur

Ce monument abrite un feu
Qui dort dans la nuit opaline ;
Ce grand bâtiment qui s’incline
Héberge une nonne aux yeux bleus.

Elle y dort avec son neveu
Que chastement elle câline ;
Ce n’est pas une indiscipline,
Ce n’est pas pour offenser Dieu.

Ici, pas de démons hostiles
Mais des dryades fort civiles ;
Plus deux ou trois crapauds volants.

Ces temps derniers, la terre tremble,
L’édifice est un peu branlant ;
Mieux vaudrait partir, ce me semble.

Cochonfucius

Arbre métaphysicien

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L’univers a de strictes lois,
Aucune vie n’est éternelle ;
Vous saurez que les gens m’appellent
L’arbre méditant de ces bois.

Je m’interroge quelquefois
Sur cette nature cruelle ;
Je n’en fais pas une querelle,
Moi qui suis un être sans voix.

Je vois la montagne et la plaine
Que je ne trouve pas vilaines ;
Je vois les chiens et les troupeaux.

À tous Dieu donne leur pâture,
Dans la chaleur, dans la froidure,
Dans les forêts, dans les tripots.

Cochonfucius

Tour du reclus

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Logis d’un homme solitaire,
Lequel médite nuit et jour ;
Rêve-t-il encore d’amour ?
On dirait qu’il n’y croit plus guère.

Ce n’est qu’un penseur ordinaire,
Ce vieil habitant de la tour ;
Il ne fait pas de longs discours,
C’est moins fatigant de se taire.

Sobre est le décor de ce lieu,
Sans trop de livres, ça vaut mieux ;
Mais de l’encre jamais tarie.

La flamme répand sa clarté
Qui parfois tremble et qui varie,
Apprivoisant l’obscurité.

Cochonfucius

Chat contemplatif

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Ce félin nourrit sa mémoire
De tout ce qu’il voit en ces lieux ;
Il examine aussi les cieux,
Surtout quand les nuits sont bien noires.

C’est un petit penseur sans gloire
Qui ne se prend pas pour un dieu ;
Mais j’aime l’éclat de ses yeux,
J’y vois comme une belle histoire.

Pour un instant d’éternité
Il peut se mettre à méditer
Comme le font les grand ascètes.

Il n’écrira pas le roman
De l’abîme ou du firmament
Dont il devine les facettes.

Cochonfucius

Monstre masqué

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« Ai-je une apparence trompeuse ?
Dites-le-moi, n’ayez pas peur ;
Je suis un monstre au noble coeur
Avec une âme aventureuse.

Sans faire de phrases pompeuses,
Je peux t’instruire, cher lecteur.
N’écoute pas mes détracteurs,
Ils n’ont que des raisons fumeuses.

Je peux me mettre à ton niveau
Pour te décrire mes travaux ;
Mon texte tient en peu d’espace.

Le propos du monstre a pris fin ;
Il va manger, car il a faim,
Dans le petit resto d’en face.

Cochonfucius

Fruits noirs

image de l’auteur

Soleil d’une chaude journée,
Soleil sur les arbres dormants ;
Les fruits s’échauffent gentiment
Ainsi qu’ils le font chaque année.

Bien que la branche en soit ornée,
Ce ne sont pas des ornements ;
Ils vivent là, tout simplement,
Leur existence assez bornée.

Je les vois noircir sous mes yeux
(Car j’aime tarder en ce lieu) ;
À des blocs de charbon je songe.

Est-ce un bonheur ? Est-ce un malheur ?
Étaient-ils mieux en leur pâleur ?
En perplexité je me plonge.

Cochonfucius

Oiseau placide

image de l’auteur

Il n’est ni sot ni raisonneur,
C’est juste un emplumé lucide ;
Aucun oracle ne le guide,
Il choisit au petit bonheur.

De lutte il n’est pas amateur,
Qu’elle soit ou non fratricide ;
Lui qui ne fait rien de sordide,
Il est loin d’être un prédateur.

Il trace son chemin, sans crainte,
Laissant de légères empreintes ;
Il explore des lieux déserts.

Il progressera sans encombre
À travers ses derniers hivers ;
Puis il s’effacera, dans l’ombre.

Cochonfucius

Ambidieu fluvial

image de l’auteur

Un roi bicéphale vit là,
Qui ne s’assied sur aucun trône ;
D’un double rire il fait l’aumône
À ses courtisans sans éclat.

Un devin nous le dévoila,
Ce monarque issu de la faune ;
Il fut seigneur du Fleuve Jaune,
Comme en atteste un mandala.

Il a trois mille concubines ;
Diverses sont leurs origines,
C’est un admirable cheptel.

Je ne suis pas sûr de comprendre
Ce que veut ce monstre immortel :
Ni s’il m’acceptera pour gendre.

Cochonfucius

Planète lente

image de l’auteur

L’espace est clair, la vie est belle,
Sans se presser passent les jours ;
Les vivants sont à leurs amours,
Tièdes sous la voûte éternelle.

La vie a la vie devant elle,
Pour tout le temps de son séjour ;
Naissant ou mourant tour à tour,
Faisant place à la vie nouvelle.

La lune admire le soleil,
L’appelant « astre nonpareil » ;
Et le ciel autour d’elle est sombre.

Après le ciel sont d’autres cieux,
Après l’ombre sont d’autres ombres ;
J’avance lentement, c’est mieux.

Cochonfucius

Cheval de brume

image de l’auteur

Ce cheval vit de peu de chose,
Des mots du vent, du chant des fleurs ;
Peu de plaisirs, peu de douleurs,
Du rêve par petites doses.

Son corps de brume se compose,
Dont tu remarques la pâleur ;
Son âme arbore la couleur
Des plus extravagantes roses.

Son père était fait de cristal
Et son grand-père de métal ;
Sa mère de vapeur blafarde.

De son corps, il est satisfait,
C’est, du moins, ce qu’il dit au barde
Qui le contemple, stupéfait.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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