Méditation

image de Pierrette

Si quand j’étais enfant je craignais les requins
Croisant dans eaux chaudes entre les boutres arabes
Je n’ai jamais aimé le capitaine Achab
Traquant de par les mers certain monstre marin
Je médite aujourd’hui au bord d’une falaise
Surplombant dans mes rêves les eaux de l’océan
Où de notre lignée commence la genèse
Là portées par la brise mes réflexions s’envolent
Les poulpes sont dit-on des animaux savants
Et mes pensées leur semblent autant de fariboles

Stahlder

Ignorance

image de Pierrette

Tandis que nos aïeux forgeaient sur des enclumes
Des armes pour soumettre à notre dictature
Et les monts et les vaux de notre mère la terre
Neptune ourlait les flots d’une dentelle d’écume
Transcrivant les pensées de toutes ses créatures

Des trésors de sagesse se cachent dans l’océan
Dont nous ne savons rien, pauvres êtres rampants
Faute de posséder un certain dictionnaire

Nous jetons dans une soupe les ailerons des requins
Ou, animés par l’impérieux appât du gain
Nous traquons sous les eaux les sequins des corsaires

Pourtant dans nos idiomes existent des boussoles :
Les poissons anglophones étudient à l’école
Chez nous ils ont coutume d’en fréquenter les bancs

Stahlder

Sagesse de l’éléphant

image de l’auteur

Dans la bière et le vin et tant d’autres alcools
Se cache un pachyderme expert en cabrioles
Il arbore les couleurs des plumes des flamants
Juchés sur une patte dans le soleil couchant

Ce spectacle console de sa mélancolie
Le buveur abattu par un sort ennemi
Quand son chef dodeline au milieu de la nuit
Sur la pointe des pieds l’éléphant s’évanouit

Il repose enroulant sa trompe sur lui-même
Compose en se jouant de nouveaux théorèmes
Dédie d’antiques odes à Dame poésie

Fredonne les partitions de quelque symphonie
Se glisse entre les pages d’une bande dessinée
Que lisent petits et grands au creux d’un canapé

Stahlder

Nihil novi sub sole

image de Pierrette

Notre soleil serait un enfer nucléaire
Tout le monde s’accorde sur cette constatation
Propre à nous insuffler une terreur salutaire
Suivie d’une litanie d’actes de contrition

Nous vantons au contraire son humeur débonnaire
Et nous nous prélassons sereins dans ses rayons
Orchestrant le ballet de toute vie sur terre
Végétaux, animaux, humbles écrivaillons.

Quand ils sont trop intenses, à l’ombre d’un grand chêne
(Voyez comme sur ce point Leibniz avait raison
Car cette vive lumière conçut ces frondaisons)
Nous conjurons rêveurs le chant d’une fontaine

Puis lorsqu’il disparaît se lèvent les étoiles
Qui dansent avec la lune une folle bacchanale
Dans les songes des terriens du règne végétal
Et du règne animal, et des cervelles humaines,
Les plus folles les plus sages, servantes et châtelaines

Stahlder

Pensées aquatiques

Blason Pont-Saint-Martin

Au fil du temps nos sentiments
Parfois voguent sur une mer d’huile
Ou bien, soudain, étrangement,
S’animent pour une cause futile.
Ils tanguent les jours de tempête
Et prennent l’eau par tous les bords,
Emportés par des vents violents,
Rugissant comme font les bêtes,
Devenus pures émotions,
Voyez leur mille contorsions,
Puis,
Survolant les flots assagis,
Courir la rafale des remords
Première école de la patience

Tel était le flux de conscience
Nourrissant le paisible ruisseau
Qui musardait dans le cerveau
D’un vieil homme cheminant, pensif,
Ancien pirate repenti
Qui avait revêtu l’habit
Des moines dits contemplatifs

Stahlder

Ermitage

image de Pierrette

Assis devant sa cabane
Un ermite dépenaillé
Semble dormir éveillé
De la pointe de son bâton
Dans la poussière il esquisse
Les signes d’étranges arcanes
Composés au temps jadis

Les bonnes gens de la campagne
Le prennent pour un démon
Mais lui, perdu dans sa transe,
Admire les cabrioles
Et les mille facéties
De son invisible ami
Qui depuis sa prime enfance
A ses côtés caracole
Un joyeux cochon qui danse

Stahlder

Saint Jacques l’échanson

Blason Saint Jacques

Sur la route de Compostelle
Se traînent de pauvres pélerins
Un quignon dans leur escarcelle

L’espoir de la vie éternelle
Au terme de ce long chemin
Combat la morsure de la faim

Le Saint invisible à leurs yeux
Auprès de chacun d’eux chemine

Lorsqu’ils dorment, la tête sur une pierre,
En levant deux doigts vers les cieux
Il fait surgir une chopine

Où il leur sert une blonde bière
Ou une mesure de vin vermeil
Tout en veillant sur leur sommeil

Stahlder

Dragonnades

image de Pierrette

Ma race était une chimère
Qui hantait l’esprit des humains
Entre les flots des quatre mers
Les Fils du Ciel m’avaient dépeint
(Un peuple pluri-millénaire)
Sur la robe de leurs souverains

Régnant dans leur imaginaire
Au fond d’un bastion souterrain
Mes colères ébranlaient la terre
Si l’on n’apaisait pas ma faim

La science me fut presque fatale
Oublié tout cérémonial
J’étais mon propre mémorial
Parcourant, image spectrale
Des mythologies le dédale

Mais grâce à mes dons de magie
Malgré mes cendres refroidies
Sous une autre forme je revis
Sous les glaciers voyez tapi
Le dragon de Patagonie !

Stahlder

Jaune bleu vert

image

Quand lentement les caravanes
Fendent l’air brûlant du désert
Ombres chinoises en filigrane
Nous sidère cet univers

Où le sable dans la lumière
Compose mille paysages
Mille peintures éphémères
Où miroitent dix mille mirages

Impavides les dromadaires
Indifférents à ces images
Répondent à l’appel mystérieux

D’un ermitage vêtu de vert
Que leur transmit en héritage
La mémoire de leurs aïeux

Stahlder

Promenades nocturnes

image de Pierrette

Ceux que tourmente l’insomnie
Se promènent au coeur de la nuit
Dans les pages d’un livre d’images

Où les jeux d’ombres éphémères
D’une chorégraphie lunaire
Orchestrent d’occultes messages

Des créatures fantastiques
Des paysages exotiques
S’y dessinent, volatiles mirages

Foin de tous ces enfantillages
Pour nous les enfants des rapaces,
(Oiseaux dits nocturnes et sagaces)

La seule poésie qui vaille
Est de décimer la racaille
Qui trottine dans vos paysages

Stahlder

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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