Pérégrinations d’un modeste caillou

Image de Pierrette

La lune est une pierre
Qui roule dans le ciel…
Je roule sur la terre
Sous les pas des passants,
Ou parfois simplement,
Telle une caravelle
Chassé par un grand vent,
N’amassant point de mousse,
Minuscule galet,
Frère des feux follets
Partageant mon destin
Et de la lune rousse
Éclairant mon chemin

Stahlder

Confidences d’un cyprinidé

Image de Pierrette

Il est de par la terre des sentes de poussière
Que parcourent les gitans aux foyers éphémères,
D’autres, les hommes oiseaux, préfèrent les voies des airs,
Comme cet aviateur amoureux du désert
Qui composait des contes à partir des nuages,
Une carlingue de fer était sa plume d’oie.
De grandes bouches de feu crachent les chemins de lave
Qu’empruntent les phénix dont le chant est suave,
Ou bien des salamandres les étranges convois.
Nous autres cheminons sur les routes fluides
Nées au coeur des rochers, glissant vers l’océan
Pèlerins sans bâtons, intrépides ou timides,
Nous noyant dans les bleus reflets du firmament

Stahlder

Nefs Jumelles 

image de Pierrette

La Nef des fous, mouvante image,
Se superpose au cours d’une vie
Au voilier frété par les sages
Où nous naviguions sans soucis.
Qu’importe que les vagues soient étales,
Ou que, cavales endiablées,
Elles dansent une folle bacchanale,
Nous y voguons bon gré mal gré.
Afin d’arriver à bon port
Nous conjuguons tous nos efforts,
Sacrifiant à Poseidon
Nos puériles illusions…

Stahlder

Mémoire de l’eau

image de Pierrette

J’évoque quelquefois les âmes désolées
Longeant mon cours, la nuit, les étoiles noyées,
Reflet au sein des cieux de leur mélancolie.
Certains, le dos voûté, viennent chercher l’oubli,
Et leur regard absent, se perd parmi les ondes
Jalonnant des galets la course vagabonde
Quand ils volent, rasant le miroir de mes eaux
Où ont donc disparu les peintres en goguette
Parant de leurs couleurs une nature en fête,
Les joyeux canotiers et leurs maillots rayés
Le rire du soleil dans les cheveux des filles,
Les étudiants, fleurons de l’Université,
À demi allongés sur mes berges arborées
Auprès des ouvriers festoyant en famille ?
Ils somnolent à présent sur les murs des musées.

Stahlder

Pygmalion revisité

 Blason du Comté de Château-Chinon

Un sculpteur distingué prit un chêne pour modèle.
Il s’applique aussitôt à faire son portrait,
Son burin sacrifiant aux dieux de l’art abstrait,
En angles plus qu’aigus une pierre cisèle.
Son oeuvre devient le clou d’une rétrospective.
Les visiteurs charmés le comparent à Rodin
Il a capté, commentent ces doctes citadins,
L’âme du végétal dans ces arêtes vives.
A l’extinction des feux, l’arbre soudain revit,
Son tronc gonflé de sève derechef s’arrondit
Tout comme le bedon d’un aimable notaire…
Guidées par son exemple, d’autres compositions,
Plus que géométriques, des odes à l’abstraction,
Renaissent, animées d’une ferveur circulaire

Stahlder

Feuille nomade

image de Pierrette

Comme la perle de pluie ayant fui son nuage,
Qui se promène, libre, au gré des éléments,
Bondissant, ou glissant, furtive, de page en page
Dans les illustrations de nos livres d’enfant
Je m’envolai d’abord, légère, dans les airs,
Apprenant les chansons entonnées par le vent.
Je parcourus des yeux les couleurs de la terre,
Les grèves que viennent battre les vastes océans
Voyageant en suivant mon humeur vagabonde,
Pleine de curiosité, je découvris le monde
Puis au sein de l’humus je vins me reposer
Je contais mes exploits à mes soeurs casanières
Qui s’étaient allongées au pied de notre père,
Telle Sindbad le marin de retour au foyer

Stahlder

Refuge familier

image de Pierrette

Des livres entrouverts s’envolent des pensées
Tantôt folles tantôt sages, des phrases murmurées,
Qui parlent à notre esprit dès notre plus jeune âge,
Tissant un univers aux mille paysages…
Qu’une soif d’action nous engage à courir
Vers ce que l’on espère un glorieux avenir,
Ou bien que l’on rumine de mornes souvenirs,
Faisant d’une taupinière une immense montagne,
Au long de notre vie leurs mots nous accompagnent.
Quand nous nous endormons parmi leurs pages closes
Nos rêves s’illuminent des couleurs de leur prose…
Nous vivons d’Abélard les amours contrariées,
De nobles paladins les folles épopées,
Des drôles d’animaux peints par les fabuliste
Les aventures plaisant à tous les moralistes.

Stahlder

Apprentissages 

image de Pierrette

Les clés de leurs savoirs cliquettent et s’entrechoquent
A la ceinture des sachants.
Ils jugent les gyrovagues, pauvres moines errants
Qui déambulent dans la vie
Le nez au vent, plus que loufoques…
Pourtant ces doux mendiants glanent dans leur sébile
Nombre de connaissances de nature subtile
Qui nourrirent autrefois philosophes et savants.
Ainsi musant, chemin faisant,
Ils déambulent dans la vie,
Butinant chaque jour de nouvelles pensées,
Renouant quelques fils de sagesses oubliées

Stahlder

Tempus fugit

image de Pierrette

Les hommes sur cette terre dansent une farandole,
Rien ne semble jamais brider leur course folle,
Jeunes et vieux tour à tour se joignent au tourbillon,
En Avignon, dit-on, ils valsent sur un pont.
Le temps coule, serein, tel un ruisseau de sable,
Les astres, indifférents, poursuivent leur promenade,
Comme celui de Kant leur parcours immuable
Règle de tous les êtres l’éphémère parade.
Un arbre centenaire médite sur la vie,
Autour de ses racines s’activent des fourmis,
Il les contemple avec une tendresse infinie

Stahlder

Tour éphémère 

image de Pierrette

Le ciel, mouvant et sombre comme les océans,
Se drape dans une cape aux reflets inquiétants.
Sur terre les créatures qui peuplent notre monde
Guettent la voix du volcan qui dans leurs têtes gronde.
Un enfant insouciant souffle dans une paille,
Et des bulles voltigent en un tableau abstrait…
Ses pensées caracolent, portées par ce ballet,
Où miroitent les mille facettes d’un vitrail.
Une tour solitaire tremble dans ses reflets,
Et d’un vieux philosophe, la silhouette pensive,
Qui se promène le long d’éphémères coursives.
Un chat cligne des yeux au bord d’une fenêtre
En voyant ces images disparaître et renaître,
Puis se love, indolent, dans son rêve douillet

Stahlder

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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