Demeure rêveuse

Blason de la famille Hasler

Scellée dans des frontières que dévore le lierre
Une antique maison rêve de tous les endroits
Qu’évoquaient les humains qu’elle connut autrefois
Ces images revivent au coeur des vieilles pierres

Battus par de grands vents, les arbres, ses voisins,
Lui parlent des lignées d’hivers interminables
Où ses hôtes blottis contre la cuisinière
Retardaient le moment d’aller dresser la table

Les toiles d’araignées vibrent dans la lumière
Composant pour elle seule d’étranges symphonies
Son âme se réjouit de ces sons argentins

D’invisibles souris trottant dans la poussière
Dessinent des rébus empreints de poésie
Sur ses planchers vêtus d’un tapis de  prière

Stahlder

Babel

image de Pierrette

Autrefois, nous dit-on, dans le Croissant fertile,
Des hommes s’étaient unis, des maçons fort habiles,
Pour construire une tour s’élevant jusqu’à Dieu

Par leur langue commune liés en une gerbe,
Ils oeuvraient en chantant, habités par le Verbe
Et l’écho de leurs voix ébranlait jusqu’aux cieux

Soudain, comme en un rêve, le miroir de l’étrange,
Se fond en un brouillard le sens de leurs échanges…
Chacun en son langage ayant fait ses adieux,

Partit vers le couchant, condamné à se taire,
Comme sur nos écrans le cow-boy solitaire
Répondant à l’appel d’un signe mystérieux

Stahlder

Buveurs mélomanes

image de Pierrette

Avec mes fidèles compagnons
Chaque jour nous levons le coude
Autour de la bière qui nous soude
Basses, ténors et barytons

Mon nez, un vivant lumignon
De notre taverne est l’enseigne,
Jamais n’y volent de châtaignes
Quand nous chantons à pleins poumons

Puis, quand la lune, depuis les cieux,
Nous murmure de faire nos adieux,
Dociles, nous prenons la tangente
Posément, comme au ralenti.

Notre chant vibre dans la nuit
Et un noctambule applaudit
Ce cortège de tortues qui chantent…

Stahlder

La Tour prends garde….

D’après Cochonfucius

Notre esprit n’est, je crois, qu’une tour fort branlante,
Ses fondations à l’aube de notre courte vie
Nous les creusâmes sans nous faire aucun souci,
Puis une pierre après l’autre, en une hâte lente,

Chaque jour nous l’édifiâmes, plus ou moins de guingois,
(Même ceux convaincus, les sots, de penser droit)
Parfois, au fil des ans, patients, nous remplaçâmes
Ses moellons érodés par les assauts du temps…

Riant des comédies ou pleurant face aux drames
Qui se jouent dans le monde, au passé, au présent,
Campés sur sur ses remparts, tout près du firmament,

Sous le brouillard vorace qui l’escamote en douce
Le doute parfois nous ronge tel un tapis de mousse…

Est-elle aussi solide que nous l’avions rêvée ?
Ses briques élémentaires comme celles de l’univers
Par une force puissante à jamais assemblées ?

Stahlder

L’Etre et le Néant

image de Pierrette

« Le Néant dit à l’Être « Je suis un gouffre obscur
Que nul ne put sonder, Le Vide est ma nature.»
L’Être dit au Néant « je suis celui qui est »
Le Néant répondit : «Définis ce concept »
« Il est, celui qui naît »
« Et que veut donc dire naître ? »
« C’est advenir à l’Être »
« Ta pensée tourne en rond. »
« Elle me semble très claire, sur la forme et le fond »
« Dis moi ce qu’est la forme, aussi ce qu’est le fond ! »
« Pour un gouffre, dis moi, tu n’es pas très profond »
Tous deux, lors, s’inclinèrent, puis tournant les talons,
Chacun reprit le cours de sa méditation…

Stahldler

Tea Party

image de Pierrette

N’avons-nous pas souvent rêvé
De siroter une tasse de thé
De l’autre côté du miroir,
Coiffés d’un petit entonnoir,

Riant aux mille facéties
Du Chapelier, de ses amis,
Du Loir écoutant les histoires,
En tirant des chansons à boire.

Face au Lièvre par mimétisme,
(Un effet de son magnétisme)
Nous transformant, quelle bonne farce,

Puisqu’il est du signe de mars,
Sans barguigner, chose facile,
Soudain en un Poisson d’avril

Stahlder

Trépied boiteux

image du web

Des hypostases en un trépied
Aux temps anciens furent assemblées
Par de sages docteurs de la foi
(Entre nous ce fut un exploit)
Il voyaient dans ce triple appui
Fort stable, la sainte garantie,
Doublée d’ un brin de poésie,
De ne plus devoir vaciller
Par d’affreux doutes tenaillés…

Il semble qu’ils n’aient point prévu
Des humains le cerveau tordu
Et la fibre procédurière
Car des dignitaires à l’envi
Y allèrent de leurs commentaires,
Se proclamant dépositaires
De la Très sainte orthodoxie,
Excommuniant à tour de bras
Les hérétiques d’ici-bas

Devenu boiteux le trépied
Préféra se désemboîter
Et planer dans un triple univers
Peuplé de petits hommes verts

Stahlder

Étoiles et Toiles

image de Pierrette

De petits enfants d’hommes avides de lumière
Grandissent en rêvant de devenir des stars
Affublées, pourquoi pas, de ce prénom d’Oscar,
Garantie selon eux d’une gloire quasi solaire

Les étoiles, les vraies, ces sublimes chaudières
Comme tout dans le cosmos se savent éphémères
La source de leurs lueurs s’allumant dans les cieux
S’étant évanouie bien avant nos aïeux

Qui leur vouaient un culte, espérant leurs faveurs,
Des biens en abondance pour toute la famille
La mort d’un ennemi, les bontés d’une fille…

Prise de tête ! il y a là de quoi perdre nos billes
Craindre que nos neurones, disjonctant, s’entortillent !
Allons vite acclamer nos immortels acteurs !

Stahlder

La pomme

Blason de Le Torquesne

Une pomme, symbole de la connaissance
Nous bouta de l’Eden, affreuse tragédie
Mais fidèle ma foi à son intime essence
Sur la tête de Newton un beau jour atterrit
Préludant ce jour-là à bien des connaissances…
Turing ce nouveau visionnaire de génie
Ayant ouvert la voie à de nouvelles sciences
La choisit pour gagner son propre paradis

Stahlder

Ballet caprin

image de Pierrette

Le grand Pan est un dieu fort sage
Le sourire oblique d’une chèvre
Éclaire par instants son visage
Devant le monde brûlant de fièvre
Où prisonniers d’une fourmilière
S’agitent comme des dératés
En en ballet halluciné
Les humains qui dansent à l’envers
Au son de sa flûte enchantée
En une fresque échevelée
Chevreaux, chamois et bouquetins
Gambadent tout au long des ravins

Stahlder

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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