Trépied boiteux

image du web

Des hypostases en un trépied
Aux temps anciens furent assemblées
Par de sages docteurs de la foi
(Entre nous ce fut un exploit)
Il voyaient dans ce triple appui
Fort stable, la sainte garantie,
Doublée d’ un brin de poésie,
De ne plus devoir vaciller
Par d’affreux doutes tenaillés…

Il semble qu’ils n’aient point prévu
Des humains le cerveau tordu
Et la fibre procédurière
Car des dignitaires à l’envi
Y allèrent de leurs commentaires,
Se proclamant dépositaires
De la Très sainte orthodoxie,
Excommuniant à tour de bras
Les hérétiques d’ici-bas

Devenu boiteux le trépied
Préféra se désemboîter
Et planer dans un triple univers
Peuplé de petits hommes verts

Stahlder

Étoiles et Toiles

image de Pierrette

De petits enfants d’hommes avides de lumière
Grandissent en rêvant de devenir des stars
Affublées, pourquoi pas, de ce prénom d’Oscar,
Garantie selon eux d’une gloire quasi solaire

Les étoiles, les vraies, ces sublimes chaudières
Comme tout dans le cosmos se savent éphémères
La source de leurs lueurs s’allumant dans les cieux
S’étant évanouie bien avant nos aïeux

Qui leur vouaient un culte, espérant leurs faveurs,
Des biens en abondance pour toute la famille
La mort d’un ennemi, les bontés d’une fille…

Prise de tête ! il y a là de quoi perdre nos billes
Craindre que nos neurones, disjonctant, s’entortillent !
Allons vite acclamer nos immortels acteurs !

Stahlder

La pomme

Blason de Le Torquesne

Une pomme, symbole de la connaissance
Nous bouta de l’Eden, affreuse tragédie
Mais fidèle ma foi à son intime essence
Sur la tête de Newton un beau jour atterrit
Préludant ce jour-là à bien des connaissances…
Turing ce nouveau visionnaire de génie
Ayant ouvert la voie à de nouvelles sciences
La choisit pour gagner son propre paradis

Stahlder

Ballet caprin

image de Pierrette

Le grand Pan est un dieu fort sage
Le sourire oblique d’une chèvre
Éclaire par instants son visage
Devant le monde brûlant de fièvre
Où prisonniers d’une fourmilière
S’agitent comme des dératés
En en ballet halluciné
Les humains qui dansent à l’envers
Au son de sa flûte enchantée
En une fresque échevelée
Chevreaux, chamois et bouquetins
Gambadent tout au long des ravins

Stahlder

Rêverie de félin

Image de Pierrette

Un chat qui somnolait dans sa queue enroulée
Sur le papier glacé d’une bande dessinée
En parcourut en songe les pages illustrées

Le héros de l’album était un félidé
Qui pour avoir croqué un perroquet bavard
De la parole humaine sitôt maîtrisa l’art
Comme le grand Isée, en rhéteur consommé,
Il agençait ses mots d’une langue déliée

Notre chat dans son rêve étudia la Torah
Les textes du Talmud et puis Zarathoustra
Les sourates commentées par des maîtres sufis
Les antiques Vedas et les dits du Bouddha
Les poèmes inspirés de Saint Jean de la Croix

Puis, chassant ces nouveaux savoirs de son esprit
Partit à la recherche d’une tendre souris

Stahlder

Le Maître et le Disciple

image de Pierrette

Le jeûne du Bouddha fit couler beaucoup d’encre
Son sourire est fécond du babil des oiseaux
Qui peuplent les figuiers des pays tropicaux
Sous son arbre, immobile comme une barque à l’ancre,
Le chat sourit aussi, espérant un festin,
ignorant le karma, la loi des renaissances
Il vit au jour le jour, heureux de faire bombance,
Et pour trouver la Voie écoute son instinct

Stahlder

Le Chat divin

Image de Pierrette

Momifier le bon Dieu ma foi, ne sert à rien
Lui construire des temples, y brûler de l’encens
Faire des processions tout comme en d’autres temps
de nobles sacrifices aux esprits des anciens

Le divin Spinoza polissant ses lunettes
voyait dans la nature un sentiment commun
depuis l’animalcule dans un soupçon d’embruns
jusqu’au barissement de quelque grosse bête

Le matou qui folâtre dans un rai de soleil
bâille en me regardant dénombrer les merveilles
de ce monde enchanté des Pythagoriciens

Il sourit en secret, lui sait qu’il me transcende
puis s’étire et se gratte, réclamant une offrande
Comme autrefois Bastet aux prêtres égyptiens

Stahlder

Tabac bénéfique

image de Pierrette

Voyez ce démon anémique
Qui au Bon Dieu faisait la nique
Le voilà tombé en digue digue
Sur le parvis d’une basilique

Un pauvre mendiant famélique
Entendant sa muette supplique
Lui offrit un bout de sa chique

C’est un remède fort pratique
Contre l’angoisse métaphysique
Les philosophes du Portique
En usaient dans les temps antiques

En fit la preuve analytique
Une thèse très didactique
Fleuron du monde académique

Stahlder

Chouette, une chouette !

Blason de Nant-le-Grand

……….. Son regard traversant le mur des apparences
Une grande Dame blanche, l’effraie de nos clochers,
Déploie ses larges ailes dans le ciel étoilé…
……………..
……………………………………

La chouette est un oiseau qui chérit la Sagesse.
Perchée au temps jadis au bras d’une déesse,
Elle inspira le roi d’Ithaque aux mille tours
Balloté par les flots tant la nuit que le jour

Dans ses yeux se reflètent les phases de la lune
Orchestrant le destin des loups qu’on dit garous
Mais aussi les lubies des poètes et des fous
Qui se rient de tous ceux qui traquent la fortune

Si l’on fit de la chouette un oiseau de malheur,
Dûment suivi d’un point d’exclamation son nom,
Dans le langage encore innocent de l’enfance,
Annonce au quotidien quelque petit bonheur

Stahlder

Ode au Sergent Major

image de Pierrette

Les délires qui batifolent
Çà et là sur le papier
Forment une farandole

Y dansent les pleins et déliés
Qu’on apprenait à l’école
Sanglés dans nos tabliers

Une image sans doute hardie
Car notre main aujourd’hui
Pianote sur un clavier

Mais c’est au fil d’une plume
Transcrivant dans un cahier
La Cigale et la Fourmi

Que naquit d’ un encrier
Par une journée de brume
L’amour de la poésie

Stahlder

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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