Tchouang Tseu

Papillon

 

Pour qui lit Lao Tseu, penseur et philosophe
Certaine fin du monde a pour nom papillon
Mais pour les papillons c’est une catastrophe
Comme un hiver sans fin dans un lit de glaçons

Il se désole en vers, ce beau lépidoptère
Car son dernier voyage hélas est programmé
Nul oreille ne perçoit ses complaintes amères
Sur les rives du Styx il lui faut aborder

Ses dernières heures sonnent, il crie son désespoir
Ses ailes tressautent en vain dans un affreux cauchemar
Les portes de ce songe sont gardées par un freux

L’oiseau soudain s’efface dans son manteau de deuil
Le moribond se traîne jusqu’à l’ombre du seuil
Où se tient un jeune homme au regard anxieux

Son fidèle disciple l’effleure embarrassé
Sa peau encore tiède bientôt se refroidit
Sur un rouleau de soie il repose à demi
De sa main son pinceau doucement a glissé
Traçant les derniers mots de l’oeuvre de Tchouang Tseu

OU SI L’ON PREFERE UNE FIN PLUS OPTIMISTE :

Et voici qu’il s’éveille affreusement transi
Sur un rouleau de soie il s’était assoupi
De sa main son pinceau doucement a glissé
Traçant les premiers mots de l’oeuvre de Tchouang Tseu

 

Stahlder

Papillon de janvier

image de l’auteur

Je vole en plein hiver, et j’ai froid, c’est banal,
J’ai perdu ma vigueur et ma peine est profonde ;
Il serait temps pour moi d’aller en inframonde,
Je ne reverrai point les jours de Germinal.

Je ne sais pas sortir de ce songe hivernal,
J’en parle au Créateur, mais sans qu’il me réponde ;
J’éprouve une douleur à nulle autre seconde,
Un sombre désespoir, un tourment infernal.

Un rimeur en veut faire un sonnet, c’est obscène,
Je suis bien dégoûté par cette oeuvre malsaine ;
Mais je ne vole plus, tout cela va finir.

J’ai regret du nectar, j’ai regret des caresses ;
Mais je ne pense pas que ça vous intéresse,
Je ne resterai pas dans votre souvenir.

Cochonfucius

Distillateur d’étang

image de l’auteur

Le Sorcier Grenouille, un jour en Floride,
A plongé dans l’eau le soleil d’été ;
Monte la vapeur de ce monde humide
Et se refroidit sans trop s’agiter.

On ne garde point les dépôts solides,
La liqueur d’étang gagne en qualité ;
Il reste à trouver quelques tonneaux vides
Ayant contenu des jus fermentés.

Le Maître Grenouille en son écuelle
A versé sa part de boisson nouvelle ;
Alors, il pourra dîner aux flambeaux.

Une jeune ondine est là, sous son charme,
Ce sage penseur l’émeut jusqu’aux larmes ;
Son pouvoir est grand, son discours est beau.

Cochonfucius

En réponse à « Oiseau de fin janvier »

image de l’auteur

J’aime la nature en repos,
Dans le froid je me sens dispos ;
Je dis « Ceux qui portent des plumes
Ne peuvent pas manquer de pot ».*

Nous sommes tous archétypaux
Et cela n’est pas du pipeau;
Au cours des siècles nous nous plûmes
À voler dans les grands rameaux.

Pierrette

*Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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