
Composition de l’auteur
Comment marche la nef qui n’a point de mâture ?
En se laissant porter par les courants sereins,
Elle glisse au hasard sous les astres d’airain ;
Son équipage est fait de trois trolls immatures
Ne sachant point parler (sauf en alexandrins).
Ils sont partis, lassés des herbeuses pâtures ;
Tant pis si l’Océan devient leur sépulture,
Autant vaut cette eau-là que les bords méandrins.
Ils voient, de loin, danser la licorne des dunes
Sous la blanche lumière émanant de la lune ;
Au rivage ne va leur improbable nef.
Si leur navigation, quelque peu hasardeuse,
Ramène à son départ leur coque baladeuse,
Vers le plus lointain cap ils iront, derechef.









