
Rimeur suis, fier de rimer,
Ma plume ne sait chômer ;
Chaque jour, je la convie
À vous raconter ma vie.
Dionysos plus qu’Apollon
Me fournit en sanglots longs ;
J’ai les plus sages des muses
(Qui de mythes ne s’abusent)
Et j’abreuve mon cheval
De nectar, violent régal :
C’est pourquoi la brave bête
Danse comme aux jours de fête.
Dieu du pampre, je t’invoque
De ces mots sans équivoque :
Par le langage des pierres,
Par le seau qui sert de verre,
Par les pluvians enchantés,
Par le pelgrane envoûté,
Par Saint Denis et sa tête,
Par les lendemains de fête,
Par les noirs corbeaux tordus,
Par l’alligator fondu,
Par le malheureux qui glisse
Quand il offre des saucisses,
Par les oncles des crapauds
Retirés dans leur tripot,
Par l’ivresse d’un archer,
Par un bonhomme éméché,
Par les troquets de Paris
(Plusieurs sont mes favoris),
Par les fiers buveurs en troupe,
Par la bienheureuse coupe
Et le charpentier divin
Qui prend l’eau et fait du vin.

Tout ça en vers de sept pieds
Pour les pluvians enchantés.
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