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C’est l’âme d’un dragon dans le corps d’un lézard,
Magicien sans magie, empereur sans empire ;
Il subit son destin sans jamais le maudire,
Et d’ailleurs, il se fout du tiers comme du quart.
Il fut instruit, jadis, par le roi Balthazar
Qui même lui apprit à sonner de la Lyre ;
Car, sachez-le, ce roi n’est pas un triste sire,
Son goût pour les plaisirs se lit dans son regard.
— Que nous racontes-tu, beau lézard sans éclat ?
Ta vie fut-elle bonne, à ce qu’il te sembla ?
(Mais il ne répond rien, son esprit part en vrille).
Ce très sage animal ne pense pas beaucoup,
Mais il peut cependant nourrir des rêves fous,
Dans lesquels le réel par son absence brille.
