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Entre mes deux cerveaux règne un fort décalage,
Je suis un amphisbène, un poisson mal fichu ;
Je ne refuse point le sort qui m’est échu,
Car, j’en ai l’impression, ça se calme, avec l’âge.
Au flot de mes désirs cela fait un barrage,
Mon coeur est prisonnier entre des doigts crochus ;
Ça fait rire un démon, danseur aux pieds fourchus,
Je ne sais quel gibier l’attire en ces parages.
J’ai parlé de la chose à des oiseaux de l’air,
Sans le moindre souci parcourant le ciel clair ;
Alors, ils ont souri, mais sans me contredire.
J’ai goûté cependant les plaisirs d’ici-bas,
Avec mes compagnons j’eus d’amusants débats ;
Ce furent des leçons qui me ragaillardirent.
