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Moi, je retiens les noms des choses,
Ceux qui sont longs, ceux qui sont courts ;
Je retiens même des discours
Et quelques passages de prose.
J’ai noté ce qu’ont dit les roses
Qui se fanèrent tour à tour ;
Je me souviens de leurs atours
Au jour qu’elles furent écloses.
Je me tais. Le silence est d’or ;
Ce mutisme n’est pas stupide,
C’est la sagesse d’un coeur vide.
Je me souviens de plusieurs morts,
Peut-être même d’un suicide ;
Je sais que fragile est mon corps.
