Le barde se tient dans l’ombre

bonhomme

Composition de Sheryl Luxenburg

Le barde se tient dans l’ombre ;
Du village lui parvient
La rumeur des gens sans nombre,
Et des grondements de chiens.

Dans une ferme on égorge
Un cochon presque un peu vieux ;
Au loin retentit la forge
Et la cloche appelle Dieu.

C’est la vie, il faut la prendre
Telle que nous la ferons ;
Puis nous deviendrons des cendres
Et les gens nous oublieront.

Cochonfucius

Actinoptérygien de sinople

ahjr

image de l’auteur

Ce poisson n’est pas rouge, il n’est pas non plus rose,
Il est d’un joli vert, sauf s’il est amoureux ;
Car quand ça lui arrive, il devient plutôt bleu,
Je n’ai jamais compris quelle en était la cause.

Il n’écrit pas de vers, mais pas non plus de prose,
Sa plume ne saurait choisir entre les deux ;
Il énonce parfois des propos hasardeux,
Mais c’est très anodin, nul ne s’en indispose.

Il aime l’eau de mer, et d’ailleurs, il en boit,
Un jour il prit du vin, ce fut une aventure,
Ce n’était pas vraiment conforme à sa nature.

Souvent, sur une épave, il prélève du bois
Pour orner le logis dans lequel il s’abrite,
Mais par aucun auteur n’est sa maison décrite.

Cochonfucius

Chant

zen-monk

goodgamestudios.com

La lune est venue à la forge,
Ses seins durs de blancheur regorgent,
L’enfant s’endort au chant funeste,
Les gitans l’auront dans la gorge.

Ada

“ROMANCE DE LA LUNA, LUNA” (Federico García Lorca)
[A Conchita García Lorca]


La luna vino a la fragua
con su polisón de nardos.
El niño la mira, mira.
El niño la está mirando.

En el aire conmovido
mueve la luna sus brazos
y enseña, lúbrica y pura,
sus senos de duro estaño.

Huye luna, luna, luna.
Si vinieran los gitanos,
harían con tu corazón
collares y anillos blancos.

Niño, déjame que baile.
Cuando vengan los gitanos,
te encontrarán sobre el yunque
con los ojillos cerrados.

Huye luna, luna, luna,
que ya siento sus caballos.
Niño, déjame, no pises
mi blancor almidonado.

El jinete se acercaba
tocando el tambor del llano.
Dentro de la fragua el niño,
tiene los ojos cerrados.

Por el olivar venían,
bronce y sueño, los gitanos.
Las cabezas levantadas
y los ojos entornados.

Cómo canta la zumaya,
¡ay, cómo canta en el árbol!
Por el cielo va la luna
con un niño de la mano.

Dentro de la fragua lloran,
dando gritos, los gitanos.
El aire la vela, vela.
El aire la está velando.

Chapelle en un quartier désert

aht

image de l’auteur

Dans ce sobre édifice, abri pour le flâneur,
J’observe que parfois un vieillard vient et prie;
Moi, j’aime y contempler l’image de Marie,
Ou de saint Isidore, ou d’autres saints, mineurs.

Sur une croix se tient le charpentier sauveur
Dont la parole fut comme une poésie;
Pour les prêtres d’alors, ce fut une hérésie,
Mais nous en retenons la subtile saveur.

Au temps jadis, David a mis dans un poème
L’ardeur d’un noble roi qui sait que Dieu nous aime;
Tu t’en es souvenu à la fin de tes jours.

Tes mots qui donnent vie aux livres qu’on imprime
Nous apaisent le coeur mieux que de vaines rimes,
Tu désarmes la haine, il nous reste l’amour.

Cochonfucius

Apothicaire de sable

mimi

image de l’auteur

De sa gentille main pesant les friandises,
Ou l’herbe pour aider les gens en mal d’amour,
L’apothicaire noir se démène toujours
Pour offrir à chacun des solutions exquises;

Mais, direz-vous, a-t-il l’aptitude requise ?
Qu’importe, à son conseil, nous avons tous recours ;
Même s’il a envie de nous donner un cours,
Point ne l’interrompons, car ce serait sottise.

Apothicaire heureux, toujours, s’il est de garde,
Proprement s’occupant de ce qui le regarde,
Pour la douleur du monde envahi de pitié,

Car, s’il n’en a merci, il en a sympathie;
Par son érudition, si longuement bâtie,
De l’oeuvre de guérir, il porte la moitié.

Cochonfucius

Archerie

molmok

Composition de l’auteur

La sirène-amazone a dressé quatre cibles ;
Ce sont quatre guerriers autrefois invincibles
Que sa cruelle main s’amuse à transpercer,
Eux qu’elle avait d’amour et de chansons bercés.

Les guerriers, sous les coups, sont devenus des chantres ;
Leur voix éveille au loin les grottes et les antres,
Ils pourraient émouvoir les monstres dans les cieux,
La sirène, pourtant, chante encore un peu mieux.

De cette relation, qui saura les arcanes ?
La sirène sourit, amazone et sultane,
Mais avec son sourire est aussi un soupir :
Ah, dit-elle, quand donc un plus grand champ de tir ?

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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