Armoiries quenaldiennes

sinople

Composition de l’auteur

En haut du  bouclier, on lit : Raymond, satrape.
La pointe est de sinople, incomparable émail ;
On n’y voit point la plume, outil de son travail,
Mais un oiseau d’azur et, de sable, deux grappes.

On aurait pu y mettre, au naturel, Priape ;
Le sang de la sirène et son coeur de corail ;
Le fils du charpentier dans l’éclat d’un vitrail
Ou Félix Dupanloup dans sa papale cape ;

Mais rien de tout cela dans l’écu que forgea
L’armurier du Collège, en un temps où déjà
Était passé de mode un trop foisonnant thème.

Tu aurais pu, buvant le vin de ton tonneau,
Tracer sur cet écu, ô mon seigneur Queneau,
Dix puissance quatorze admirables poèmes.

Cochonfucius

Oratoire

fallenangelbgkrystal

Dupanloup, délaissant les maisons mal famées,
Se trouve un ermitage en un recoin perdu
Et, cessant d’être auprès des dames assidu,
Déclare pour toujours sa braguette fermée.

Plus de nuits au bordel, plus de corps étendus,
Plus de gémissements de femmes parfumées :
Par son ange gardien sa conscience est armée,
Il devint chaste, au point qu’il s’en trouve éperdu.

Félix poursuit l’effort sous cette voûte sombre,
Et sa vertu grandit et se durcit dans l’ombre,
Que l’ange tous les jours encourage et bénit.

Mais quelque temps plus tard, se produit un scandale :
Le brave ange gardien endure, sur les dalles,
L’assaut contre lequel il est fort démuni.

Cochonfucius

Félix, puissant évêque

dupanloup-pontifical

Composition de l’auteur

Nous respectons Priape et louons Dionysos
Sans lesquels l’univers partirait en quenouille ;
Nous écoutons chanter l’amoureuse grenouille,
Qui dit en son jargon : Peut-être, c’est un os.

Nous aimons le taureau, presque fils de Minos,
Pour qui, en son palais, la vierge se dépouille ;
Ainsi que ce héros qui le long fil débrouille
Afin de ne rester prisonnier de Cnossos.

Mais nous aimons surtout un évêque lubrique
Dont le folklore a dit la geste magnifique :
C’est Félix Dupanloup, évêque d’Orléans,

Qui, ne se contentant d’une modeste flamme,
Se plaisait à combler la chair ainsi que l’âme ;
Méritant, sur un point, le titre de géant.

Cochonfucius

Sainteté de Félix Dupanloup

pape-francois-armoiries

Image d’Herald Dick

Cet évêque eut noble destin ;
Il fut en forme, le matin,
Et ce ne fut pas rêverie,
Constatez-le, je vous en prie.

Ce qui se dresse lentement
En direction du firmament,
Ce n’est pas une endive blême,
Mais voyez, c’est la vigueur même.

C’est le Félix auquel on croit,
Ainsi qu’à son magique doigt
Qui souvent les nonnes enivre ;
Je l’ai lu dans le meilleur livre.

Cochonfucius

Batrachochronie

ranes

image de l’auteur

Grenouille du passé, si stable dans ton être,
Tu sais que de nos vies, nous ne sommes point maîtres.
Tu notes nos succès, nos échecs, nos ennuis,
Le temps ferme ses yeux, et tu dors avec lui.

Grenouille du présent, cherches-tu à nous plaire ?
C’est louable intention, ce n’est pas mince affaire,
Le présent, si ténu qu’il échappe à l’esprit,
J’hésite à le décrire, et surtout, par écrit.

Et toi, de l’avenir proposant l’étendue,
Tierce grenouille, au fond d’un délire perdue,
Tu dis n’importe quoi, je ne puis t’en blâmer,
Les trois temps de ma vie ont droit de s’exprimer.

Cochonfucius

 

Autour de l’église

atr-d-l-egls

image de l’auteur

L’église vibre au son du chant de trente moines ;
Au-dehors, deux démons qui dansent dans les airs,
Personne ne les voit, le village est désert
Tout autant que la friche où vit le jeune Antoine.

Dans la nef, un galant raconte des sornettes
À une Margoton d’exemplaire piété ;
Quand ils en sortiront, par ce beau soir d’été,
Les démons auront pris la poudre d’escampette.

Un glaneur, satisfait de sa maigre moisson,
Reste au fond de la nef, que l’encensoir parfume,
Faiblement éclairé par un cierge qui fume
Et songeant à l’auberge aux coûteuses boissons.

Cochonfucius

Le Seigneur Félix

ugil

image de l’auteur

Ce paisible seigneur, rien ne trouble son âme,
Rien ne ternit l’éclat de sa noble grandeur ;
Il est en son royaume un furtif promeneur,
Admirant l’horizon qu’un crépuscule enflamme.

Lui, qui de ses sujets presque rien ne réclame,
Il s’est fait une place au profond de leur coeur ;
Il n’imite jamais les cruels empereurs
Qui jadis ont régné par le meurtre et le drame.

Il explore sa ville au long d’une soirée,
Qui de nocturnes feux s’est richement parée ;
Mais il aime surtout les lieux inhabités.

Assez souvent il dort, c’est pour chasser en songe,
Reposant son esprit qu’aucun tourment ne ronge,
Mais ne perdant jamais son air de majesté.

Cochonfucius

Le sauveur

the_ascension_by_giovanni_bernardino_azzolino

L’Ascension de Giovanni Bernardino Azzolino (1572—1645))

Pour la paix de l’esprit, et, à plus forte raison, pour la méditation, il n’y a rien de tel que d’être oublié. C’est la meilleure condition, si on veut se retrouver. Plus personne entre soi et ce qui compte : on est de plain-pied avec l’essentiel. Plus les autres se détournent de nous, plus ils travaillent à notre perfection : ils nous sauvent en nous abandonnant.

Cioran

Vincent

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

Actualités de WordPress.com

Les dernières nouvelles de WordPress.com et de la communauté WordPress.