Huitième village

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Image du blog Herald Dick Magazine

De gueules sont posés, sur un chevron d’argent,
Six arbres arrachés, admirable est la chose,
Ainsi que l’aigle en chef, qu’accompagnent deux roses,
Puis en pointe la flamme, avec le fer tranchant.

Un tel blason d’azur, émail du firmament,
Est celui d’un village aux mille fleurs écloses,
Dont buveurs en taverne un soir paisible arrosent ;
On les a vus, ce jour, oeuvrer modérément.

Le village est inclus dans la ville orgueilleuse
Où grouille chaque jour une foule nombreuse,
Même dans son sous-sol, en des tunnels profonds.

Ces citadins, l’été, se révèlent plus tendres,
Et de meilleure humeur, et mieux faits pour s’entendre,
On s’aperçoit alors qu’ils n’ont pas mauvais fond.

Cochonfucius

Pyramide en argent

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Image du blog Herald Dick Magazine

Vaste tombeau d’argent, haut de trois mille toises,
Qui se va détachant sur les cieux de turquoise,
De l’aigle tu contiens le corps sacrificiel
Venu s’y reposer, encore en pleine gloire,
Ayant fait ses adieux à ce monde illusoire,
Et ton plafond voûté lui tiendra lieu de ciel.

Nul songe n’y survient, nul oeil ne s’y reflète,
L’oiseau de sable dort dans une paix parfaite ;
Tendre est l’obscurité, le silence fort doux,
Qu’orne un subtil refrain, qui vient on ne sait d’où.

Cochonfucius

Aérovestale

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image de l’auteur

Ma trajectoire, c’est la dérive éternelle,
Car je suis, pour toujours la vestale des airs ;
C’est dur par mauvais temps, c’est plaisant par temps clair,
Je ne vous apprends rien, la chose est naturelle.

Ma mère, dit-on, fut une vive étincelle,
Et mon père un grand bloc de minerai de fer ;
Or, leur rencontre fit s’allumer des éclairs
Et j’ouvris aussitôt mes délicates ailes.

Le Seigneur Azazel en fut déconcerté,
Sur qui Freud écrivit une page sublime ;
Il sentit dans son coeur se creuser un abîme.

Depuis tout ce temps-là, je plane en liberté,
Je ne distingue point le réel de mes rêves ;
Je ne sais si ma vie fut bien longue, ou fort brève.

Cochonfucius

Oiseau de Lilith

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image de l’auteur

Je suis l’oiseau du bien, je sus l’oiseau du mal
Et l’oiseau du serpent et l’oiseau de la rose ;
Ma maîtresse Lilith m’apprit beaucoup de choses,
Elle qui est experte en bien-être animal.

Adam ne m’aime point, c’est tout à fait normal,
Ma présence le gêne et mon chant l’indispose ;
Mais défendre Lilith est une juste cause,
Ainsi que l’écrivit Maître René Daumal.

On me dit que demain ce jardin sera vide,
Pour le plus grand plaisir des tentateurs avides ;
Un prophète savant l’écrivit en hébreu.

Que vont-ils devenir, ces primates bizarres ?
Ça pourrait se corser quand ils seront nombreux ;
Après notre Âge d’Or, viennent les temps barbares.

Cochonfucius

Une hibernation

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Toile de 张茂林 Maolin Zhang

Or, certains jours sont beaux, au milieu de l’hiver,
Déjà, chacun d’entre eux est plus long que la veille ;
D’un petit souffle tiède, un chacun s’émerveille
Et fait confiance au cycle animant l’univers.

Silencieux et pensif devant un bourgeon vert,
Ou quand l’oiseau chanteur en plein frimas s’éveille,
Ou quand bourdonne un peu une dormante abeille,
Je ne sais pas montrer ces choses dans mes vers.

Je ne sais pas montrer l’attente, la langueur,
La tiédeur des instants qui traînent en longueur,
Les mots de réconfort que murmure la brise.

Je ne veux pas montrer l’ambiance de bureau,
Où l’humour fait le tour de son degré zéro,
Sur fond de résultats dignes de l’entreprise.

Cochonfucius

Empereur de sinople

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image de l’auteur

Te souviens-tu de lui, tavernière Margot ?
Ce fut un jeune prince aux ivresses profondes ;
Maintenant, les buveurs ne sont plus ses égaux,
Lui qui reçut pour fief une moitié du monde.

Quant à son noble père, il fut mis au tombeau
Où déjà reposait la reine Cunégonde ;
Ce nouvel empereur a repris le flambeau,
Sur ses fières vertus, de grands espoirs se fondent.

Je crois qu’il va souvent boire sous d’autres cieux ;
S’il consommait chez toi, cela te plairait mieux,
Mais le voilà séduit par d’autres créatures.

Dans la taverne règne un silence de mort,
Que son meilleur client déserta sans remords ;
Le patron, même, voit venir la fermeture.

Cochonfucius

Storni voit un phare

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Composition de l’auteur

Le ciel, un globe de noirceur ;
La mer, du noir sans épaisseur.

Le phare s’adresse à la terre
Avec son éventail solaire.

Lui qui sans cesse tourne et luit,
Qui cherche-t-il en cette nuit ?

Veut-il, en ma poitrine frêle,
Voir mon coeur, cette chair mortelle ?

Regarde donc ce noir rocher
Auquel il se tient accroché :

Un corbeau toujours le picore,
Je ne crois pas qu’il saigne encore.

Cochonfucius

Himalaya

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Si haut que l’on n’y voit le cèdre ni le pin,
J’ai voulu déposer mes possessions ténues ;
Aucune empreinte au sol, sauf si quelques lapins
Sur la neige ont laissé quelques traces menues.

Quatre livres, dont l’un est écrit en latin ;
Quatre muses du ciel un instant descendues ;
Le chaos de rochers traversé de lutins
Qu’on entend fredonner des chansons biscornues.

C’est ici qu’il fait bon s’asseoir au coin du feu,
À l’heure où sur l’écrit le coeur somnole un peu,
Formant, sans le savoir, des notions ineffables.

Pourquoi m’être établi dans ces lieux élevés ?
Les nuages toujours m’ont enseigné des fables :
C’est leur proximité que je veux cultiver.

Cochonfucius

La conscience d’une huître

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Toile de Michael Steiner

Au long du jour, mon esprit se repose,
Rêvant qu’il dort, sur du sable vermeil,
Mais d’un sommeil qui dépasse l’éveil :
Je suis heureux de ma métamorphose.

Larve nageuse un beau matin se pose
Sur un rocher, assez loin du soleil,
Sans plus marcher, n’ayant pied ni orteil.
Cet animal devient comme une chose.

Or, j’aime avoir la sagesse d’une huître :
Car l’escargot, progressant sur la vitre
Et qui se croit explorateur du ciel

N’atteindra pas cette inertie divine.
Vivre immobile, au gré des eaux marines,
C’est préserver ce qui est essentiel.

Cochonfucius

Maison de sinople

isbe

image de l’auteur

Ici vécut jadis la muse polyandre,
Elle qui toujours prit ce qu’elle a désiré :
Cette maison se dresse en un lieu retiré
Arborant de vieux murs peints d’une couleur tendre.

Qui pourrait aujourd’hui de l’absente s’éprendre ?
Qui pourrait pour ses yeux disparus soupirer ?
Un poète sans doute ainsi peut délirer,
C’est principalement ce qu’il sait entreprendre.

Je connais des témoins de ces années heureuses,
Qui ne se lassent point de me les raconter,
Un parfum nostalgique à ces instants s’élève.

Muse, de qui es-tu maintenant l’amoureuse ?
Je sais bien qu’il en est selon ta volonté,
Libre dans l’existence ainsi que dans tes rêves.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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