Fruits magiques

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C’est un miracle saisonnier,
Cela semble issu d’un poème ;
De beaux fruits mûrs, comme on les aime,
De quoi remplir douze paniers.

Le serpent les goûte en premier,
Par ordre de l’Être Suprême ;
Il attend la fin du carême
En tournant autour du pommier.

Un vieil archange prend sa lyre ;
Quelques insectes en délire
Improvisent des mots d’esprit.

Plusieurs parts sont pour les chimères,
Cela rend leur vie moins amère
Et ce bonheur n’a pas de prix.

Cochonfucius

Héros confus

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Je suis sans terre et sans avoir,
Ma vie n’est pas bien agencée ;
Ténébreuses sont mes pensées,
Grises mes heures, froids mes soirs.

Je m’habitue au désespoir
Dans cette existence effacée ;
Je remue des choses glacées
Au fond d’un sinistre couloir.

Je compose ce sonnet morne ;
Dans cette déprime sans bornes,
La frayeur s’empare de moi.

Monde de tristesse éternelle,
La mort s’y tient en sentinelle ;
Pas de quoi se mettre en émoi.

Cochonfucius

Le livre du moine

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Au fond d’un décor bucolique,
C’est un vieux moine, il ne fait rien ;
Un petit livre est son seul bien,
Rempli de mots mélancoliques.

Ici, nul texte satirique,
Mais la rime, comme elle vient ;
Les mots entre eux tissent des liens,
Souvent de nature onirique.

Ainsi qu’un soldat désarmé,
Cet anachorète est timide ;
Je vois ses grands yeux se fermer.

Les matins de ce cloître humide
Bien longtemps se répèteront ;
Des rides naîtront sur ce front.

Cochonfucius

Oisif bipède

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J’ai de fort paisibles manières,
Je suis un tranquille glandeur ;
Jamais un rêve de grandeur
Ne germera sous ma crinière.

Ainsi qu’une lente rivière,
Ma vie coule au petit bonheur ;
Je ne suis pas couvert d’honneurs,
Ni guidé par aucun bréviaire.

Je suis faible, car je suis vieux,
À la retraite, et c’est tant mieux.
Ma substance est bien peu durable.

De ce sonnet je suis l’auteur,
Et d’autres textes comparables ;
Un très modeste créateur.

Cochonfucius

Temple pauvre

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Ici, rien de mirobolant,
Pas de vitraux et pas d’icônes ;
Pas de Créateur sur son trône,
Pas d’encensoir aux fiers relents.

Je vois un démon corpulent
Qui n’a point la grâce d’un faune ;
Il porte une soutane jaune
Et longe les murs, à pas lents.

Qui prend soin de cette chapelle ?
Un gars qui fuit quand on l’appelle,
Un boit-sans-soif, un scélérat.

Sur l’autel, quatre fleurs fanées ;
Les a jadis abandonnées
Celle qui point ne reviendra.

Cochonfucius

Baptême d’un dragon

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Mes trois parrains sont les Rois Mages,
Trois grands porteurs de vérité ;
La colombe en son doux ramage
Dit qu’ils n’ont pas démérité.

Un diable vint me rendre hommage,
Qui savait assez bien chanter ;
Mais que je sois à son image,
Ce n’est pas vrai, c’est inventé.

Sur l’autel on tue des victimes,
On leur rend cet hommage ultime ;
Des anges dirigent les choeurs.

Mon trépas sera mon baptême,
Ne prends donc pas ton air moqueur ;
Pense à trouver des chrysanthèmes.

Cochonfucius

Fantôme d’un pont

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Auprès du quai de Paludate,
Tu peux voir un vestige flou ;
Un pont ici se tint debout,
Je ne sais jusqu’à quelle date.

Oeuvre d’un architecte fou,
Il menait au quai Sainte-Agathe ;
Il a vu passer cent frégates,
Dont une en route vers Corfou.

Il surgit par petites touches
À l’heure où le soleil se couche ;
J’entends un passant fredonner.

Devant le ciel couleur de flamme
Tremble ce spectre abandonné ;
Vieux ponts, avez-vous donc une âme ?

Cochonfucius

Ange invisible

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Ma transparence est plutôt belle,
Que j’obtins sans faire d’efforts ;
Je ne possède aucun trésor,
Sinon ma sagesse éternelle.

Je suis une forme immortelle,
Bien à l’abri des coups du sort :
Le vide me tient lieu de corps,
Telle est ma loi surnaturelle.

Puisque j’échappe à ton regard,
Tu dois te montrer plein d’égards ;
Ma demande n’est pas risible.

Aime-moi jusqu’à ton trépas,
Je sais que cela t’est possible
Et que tu n’y manqueras pas.

Quartefeuille de mars

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Revient le temps de la splendeur,
Le printemps règne en nos domaines ;
Avec plaisir on s’y promène,
Les actifs comme les glandeurs.

Les plantes sont pleines d’ardeur,
Elles envahissent les plaines ;
Les vents sont de douces haleines
À la pétillante verdeur.

Le ciel ne nous menace guère,
Le froid ne nous fait plus la guerre ;
Soyons heureux, frères humains.

Reviendront les heures amères
Où trépasseront les chimères ;
Mais cela n’est pas pour demain.

Cochonfucius

Poisson qui danse

image de l’auteur

Je suis un espadon galant,
Hôte des profondeurs obscures ;
Les plaisirs que je me procure
N’ont jamais rien d’ambivalent.

Fort vif, sans être turbulent,
Je multiplie les aventures ;
Pour mille amours, mille ruptures,
Mon coeur sourit en s’envolant.

Où serai-je, dans l’avenir ?
Ces beaux jours, quand vont-ils finir ?
Me verras-tu verser des larmes ?

L’eau de la mer, comme un bon vin,
Donne à nos jours un certain charme ;
Tous les malheurs frappent en vain.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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