Les sept pantoufles

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Composition de l’auteur

La pantoufle d’argent se porte aux jours de fête,
Lorsque les bateleurs sur scène font des tours ;
De gueules pantouflé, l’évêque en grands atours
Séduit une vestale, une muse parfaite.

La pantoufle d’azur arpente, satisfaite,
L’incroyable douceur des tapis de velours ;
Pantouflé de sinople, un bouffon de la Cour
Fait rire un vieux noceur à la mine défaite.

Une pantoufle d’or, instrument du destin,
Conduit vers le triomphe un chétif palotin ;
La pantoufle de sable habille et transfigure

Dans le coeur de la nuit, le pied d’un dieu païen ;
La pantoufle d’hermine, en voulant rester pure,
Dormant dans son placard, ne contribue à rien.

Cochonfucius

Quelques pigments

pigments

Composition de l’auteur

Pour l’argent, nous prendrons un long rayon de lune ;
Gueules nous tirerons de la fraise des bois,
Azur du vaste ciel qui surplombe les toits,
Sinople du bocage où mûrissent les prunes,

Or d’une vieille mine auprès d’un torrent froid
Et sable de la nuit aux songes opportune.
Posant sur notre écu ces couleurs de fortune,
Nous serons aussi fier que les ducs ou les rois.

Dans l’éclat du grand jour ou dans celui des lampes,
Portières de carrosse ou lambeaux de vieux murs
Porteront noblement la polychrome estampe ;

Même en notre tombeau, dans ce logis obscur,
Le pourra blasonner la vermine qui rampe,
En langage héraldique, en mots formels et purs.

Cochonfucius

Demeure épiscopale

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image de l’auteur

L’évêque en son palais présente un fier visage,
Un peu sévère, même, il fait peur aux marmots ;
Ils sourient à nouveau, dès qu’il leur dit un mot,
Ses murs, depuis longtemps, sont dans le paysage.

Les bourgeois du canton pensent qu’il est un sage,
Car son absolution met leur âme en repos ;
De leur coeur purifié, de leur ventre dispos,
Ils éprouvent alors la joie, sur son passage.

On dit qu’en sa demeure est un doux petit page,
Que ce garçon devient, de jour en jour, plus beau
Et que sa pureté prend un éclat nouveau
Quand le printemps revient : rien n’est meilleur présage.

Cochonfucius

Sourire dans la méditation

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Composition de l’auteur

Ayant vers un vitrail tourné son doux visage,
L’évêque songe au temps où il était marmot ;
Il prie, dans le vieux temple, absorbé, sans un mot,
Le vitrail représente un lointain paysage.

Tournant vers un long mur son clair regard de sage,
Le Bouddha voit les jours apportant le repos ;
Sans prier, sans penser, son esprit est dispos,
Il plane, en vérité, tel l’oiseau de passage.

Alignant, sans raison, des mots sur cette page,
Le barde veut montrer ce qu’il connaît de beau ;
Que nous importe si ce n’est pas bien nouveau,
Voir des traits familiers, c’est un heureux présage.

Cochonfucius

Une demoiselle

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Toile de Steve Hanks

The drifter’s niece turned twenty. He softly sang in French:

Garde-nous toujours au printemps,

Alouette de nos vingt ans ;

Bienheureux qui les a longtemps.

Rien n’est pour moi meilleur présage

Ici-bas, que le paysage

Et l’horizon de ton visage.

Les jours d’hier se sont enfuis,

Les lendemains n’ont rien produit ;

Et nos vingt ans, c’est aujourd’hui.

Cochonfucius remarked: “A niece is very much like a sister in an uncle’s eye, but she herself sees that man as a less serious version of her father”.

La nièce du gyrovague eut vingt ans. Il composa la chanson suivante :

Good lark, I’m twenty, sing a song,

Abide with us, it will be spring:

Being twenty should last for long.

Remember, you are my landscape;

If I ever dared to escape,

Even this song would lose its shape.

Long days of old are forgotten,

Long tomorrows will bring nothing;

Every day, we should be twenty.

Cochonfucius fit la remarque suivante : « Un oncle voit souvent sa nièce comme une petite soeur. Mais pour elle, le bonhomme est comme son père, en moins sérieux. »

The drifter’s niece
felt sadness. He sang in French:

Goûte à la saveur d’aujourd’hui,
À la douceur qui se produit,
Brève, quand le bonheur s’enfuit.

Retourne à présent ton visage
Ici-bas, vers le paysage
Et la clarté d’un bon présage.

Les chansons d’il y a bien longtemps,
Le soir, berceront tes vingt ans ;
Elles naquirent au printemps.

Cochonfucius remarked: Sadness teaches, at a price.


La nièce du gyrovague s’attrista.
Il composa la chanson suivante :

Get the taste of being twenty,
And when your joy turns to nothing,
Be sure it is not forgotten.

Remember, this song has no shape:
It just teaches you to escape,
Entering into your own landscape.

Let every day be short, be long;
Life needs winter as well as spring,
Enjoy it as you would a song.

Cochonfucius fit la remarque suivante : De tristesse on apprend, et c’est triste.

Cochonfucius

Manoir de l’empereur Alexandre

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image de l’auteur

En son palais d’été, l’empereur parle en prose,
Ce n’est plus la saison des dîners de gala ;
Personne au beau jardin ne regarde les roses,
Un aigle, ce matin, pourtant, les survola.

L’empereur, méditant sur de futiles choses,
Voit danser un insecte à l’ombre d’un lilas ;
Je crois que désormais il faut qu’il se repose,
Son corps et son esprit sont terriblement las.

Ce monarque fut juste et ne fut pas féroce,
Modeste fut sa table et sobre son carrosse;
Et dans sa chambre, il n’eut qu’un petit lit de bois.

Ses beaux jours sont finis, dans la vieillesse il entre,
Mais il n’est pas vaincu, il a du coeur au ventre;
Nul ne le prendra pour une bête aux abois.

Cochonfucius

Piaf-Tonnerre et la galette

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Enluminure 

Piaf-Tonnerre a mangé la galette. Il est roi.
Il fait donc apprêter pour le sacre un carrosse,
Mander que de Turpin l’on restaure la crosse,
Et que l’on sonne fort les cloches du beffroi.

L’archevêque, monté sur un noir palefroi,
Garde son fier maintien, malgré un temps atroce
Bousculant son surplis de rafales féroces;
Vers la ville de Reims il marche, dans le froid.

Le roi est accueilli par tous les pairs de France
Qui sont sur les genoux, en signe d’allégeance ;
L’archevêque Turpin demande posément :

« Sire, pour commencer, montrez-nous votre reine,
Point n’acclame le peuple un roi sans souveraine. »
Piaf-Tonnerre est songeur. Faut-il cela, vraiment?

Cochonfucius

Chercheur et maître — pour Jean Tirole

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Jean, tu aimes lancer des chantiers, des projets,
Que fait bientôt mûrir ta direction sereine ;
Tu sais argumenter ton savoir dans l’arène,
Maîtrisant ton langage ainsi que ton sujet.

Si dans les équations, jadis, tu te plongeais,
(Cela ne te coûtait, d’ailleurs, pas trop de peine)
Tu traques désormais l’intelligence humaine
Au labyrinthe où vont ses trop subtils trajets ;

Le jury du Nobel, te décernant le prix
Récompense un esprit capable, ayant compris
Un nouveau résultat, d’en revenir aux bases.

Aussi nous n’allons point sur toi nous acharner,
Car à trop discourir il ne faut s’obstiner :
Buvons à ta santé, sans plus faire de phrases !

Cochonfucius

Desnos voit un matheux

poincare

Toile d’Escher

Le matheux Piaf-Tonnerre
Vous dit Bonjour et bonne année ;
Ah ! Qu’il a de bonnes manières,
Le matheux Piaf-Tonnerre.

Il ne craint pas les équations
Car il en fait des théorèmes ;
Puis il les offre à la nation
Qui recopie tous ceux qu’elle aime.

Puis il prend son apéritif
Avec des héros littéraires ;
Il en reprend pour le motif
Que cela l’aide à les distraire.

Il a bien voyagé dans les couloirs du rêve ;
La chanson du serpent lui fut chantée par Ève.

Le matheux Piaf-Tonnerre
Qui dit Bonjour et bonne année
Ah ! Qu’il a de bonnes manières,
Le matheux Piaf-Tonnerre,
Ou serait-ce, au contraire :
Mathieu, le Paf-Notaire ?

Cochonfucius

Errance d’une avette

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image de l’auteur

Par ce matin d’été, l’avette vole bas,
Elle veut s’éloigner de cet endroit qu’elle aime ;
Je la vois progresser vers les lointains extrêmes,
Vers d’étranges pays que je ne connais pas.

Ne voulant être reine au terme d’un combat,
Elle abandonne ainsi la dignité suprême;
Je l’entends cheminer, murmurant des poèmes,
Elle va de l’avant sans crainte du trépas.

Parmi les habitants de ma douce planète,
J’ai toujours estimé les vaillantes avettes ;
J’aime les rencontrer sur les bords du chemin.

Elles n’agissent point sous l’effet d’un caprice,
Ni par cupidité, comme font les humains;
Plus ont-elles d’honneur que des impératrices.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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