Antipsaume CXXI

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Toile du Cercle de Gillis Mostaert

Quand du jardin fut éloigné Adam,
Il parcourut la route en regardant
Les alentours, pour bien s’y reconnaître,
Et fut son propre maître.

Plus de gardien, de fruit ni de serpent,
Plus de récits qui vont l’âme trompant :
Mais la forêt, mais le désert sauvage
Et la mer, et la plage.

Maison solide, adossée au rocher ;
Homme chasseur, bâtisseur et porcher,
Adam se fait à l’usage du monde
Et de l’air et des ondes.

Si le soleil dans l’inframonde fuit,
Le feu de bois lutte contre la nuit,
Car Adam sait entretenir les flammes
Pour réchauffer son âme.

Adam marchant dans l’ombre des grands bois
Du Créateur n’écoute plus la voix,
Mais bien le chant du merle heureux de vivre,
Dont il fait un beau livre.

Cochonfucius

Une autoparodie

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Toile de Magritte

Le bord de l’univers n’offre aucune ouverture,
Il n’a, par conséquent, nul besoin de gardiens.
L’écart entre le mal qu’on peut faire, et le bien,
Est, de fait, ignoré par mainte créature.

La plupart des vivants ignorent leur nature.
Pas de perplexité au coeur des acariens,
Nul sens de l’ironie aux cerveaux d’amphibiens
Qui au fond des notions jamais ne s’aventurent.

De têtard en crapaud, s’il se métamorphose,
L’amphibien ne voit pas qu’il devient autre chose ;
S’il le voyait, il n’en verrait point la raison.

Point pour eux de mauvaise ou de bonne nouvelle,
Ni de particulière, ou bien d’universelle,
Ni le désir de voir plus loin que l’horizon.

Cochonfucius

Occam en vacances

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Toile de Yi Chong

Est­-ce la perception qui nous permet de voir ?
C’est chose plus complexe, une interne écriture
S’appuyant sur ce qui dans le cerveau perdure
Et, petit à petit, constitue le savoir.

Croire à l’inattendu serait presque un devoir,
Si tu veux que ta vie demeure une aventure.
Tu ne la connais pas sous toutes les coutures,
Occam ne prête pas tous les jours son rasoir.

Je me regarde vivre et je me vois mourir,
Je ne crains pas ma mort, et je sais en nourrir
Les modestes accents de ce petit poème.

Merci à l’univers de m’offrir ces instants
Où je ne suis pas trop à moi-même distant ;
Merci, cher compagnon, de proposer ce thème.

Cochonfucius

Édifice

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Facteur Cheval

Du Bellay, tant d’idées te viennent !
Ton coeur n’est jamais paresseux,
Car il est héritier de ceux
Qui, magiciens et magiciennes,

(Y compris les cartomanciennes)
Ont fait des pronostics nombreux,
Que les rhapsodes valeureux
Mirent en odes saturniennes.

Nous savons qu’il fut bien agile
En son latin, le fier Virgile ;
Mais ton français est façonné

Comme un miroir où l’oeil s’allume,
Comme un temple, au fil de la plume,
Que la rime vient maçonner.

Cochonfucius

Harpe du temps jadis

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image de l’auteur

Harpe dont les sons me reviennent,
Charme d’un souvenir ombreux ;
Issue d’un passé ténébreux,
Joue ta mélodie magicienne.

Cette musique est très ancienne,
Ses interprètes sont nombreux ;
Elle apaise les coeurs fiévreux,
Consolant ton âme et la mienne.

Le mouvement des doigts agiles
Montre qu’ils ne sont pas fragiles ;
J’entends un ange fredonner.

Au ciel une étoile s’allume,
Bientôt je poserai ma plume ;
L’heure du repos va sonner.

Cochonfucius

Floraison tardive

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Peinture chinoise

Que la branche fleurie sur ce vieil arbre est belle !
À joliment produire il se montre constant,
Non point pour les humains (il ne les prise tant)
Mais pour les passereaux qui lui furent fidèles.

Nocturne rossignol ou fugace hirondelle,
Auprès de lui volant, sur ses rameaux chantant,
Il sait que de ses fleurs ils se vont délectant
Puisque le monde est beau, quand on est auprès d’elles.

D’arbre et d’oiseau toujours est gai le voisinage ;
L’un fort, l’autre léger, leur quotidien partage
Les garde tous les deux dans une humeur sereine.

Musique et floraison sont le point de départ
D’un amour dont chacun goûte sa juste part,
Doux comme fut jadis le coeur de Madeleine.

Cochonfucius

Fruit du pavot

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image de l’auteur

Je peux, si tu le veux, favoriser tes songes,
Dissoudre tes tourments, les fondre dans l’azur ;
Nous savons qu’avec toi ce monde fut trop dur,
Chargé comme il le fut d’opprobre et de mensonges.

Je suis le vrai gardien du lit où tu t’allonges,
Je garantis la paix qui règne entre tes murs ;
Qu’importe que pour toi l’univers soit obscur,
Plus noir est le néant dans lequel tu te plonges.

En inframonde ainsi ma saveur te conduit,
Où tu peux découvrir l’usage de la nuit ;
Où tu peux devenir un oiseau des ténèbres.

Ma présence est utile, on peut le constater ;
Mais n’utilise point de produits frelatés,
Sinon viendra le temps d’une oraison funèbre.

Cochonfucius

Trinité nonchalante

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image de l’auteur

Nous trouvons en ce lieu trois arbres chargés d’ans,
Au bord d’un lac paisible où se jette une eau vive;
L’un d’eux apprend un hymne aux oiseaux de la rive,
Qu’accompagne aujourd’hui le tonnerre grondant.

Le deuxième médite, un abîme sondant,
Il semble se complaire en des heures oisives ;
Je n’ai point là-dessus d’opinion décisive,
Je regarde frémir son feuillage abondant.

Le troisième entretient une sorte d’ivresse
En recevant du ciel une eau qui le caresse,
Et tout au long du jour en extase est plongé.

Au sujet de ces trois furent écrits des contes
Ainsi que des sonnets (plus beaux que ceux d’Oronte),
Sur quelques parchemins que le temps a rongés.

Cochonfucius

Théodore lit «À rebrousse-temps»

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J’ai vu l’effet Hobart en action, sous mes yeux.
Le temps s’est inversé, un grand chef religieux
Du nom de Thomas Peak a surgi de la tombe,
Et j’ai vu dans son nid retourner la colombe,
J’ai vu la cigarette, aussi, se défumer,
Le poulet dérôtir, et, s’étant remplumé,
Retrouver les plaisirs de la campagne heureuse
Où l’on porte les oeufs aux poules dépondeuses.

J’ai vu se désécrire enfin cette chanson,
Maintenant, je ne sais où ses paroles sont.

Cochonfucius

Serpent insomniaque

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image de l’auteur

Le serpent bien rarement dort,
Toujours je vois briller sa lampe ;
L’insomnie tourmente son corps
Dont Hokusai fit une estampe.

Plus qu’un dinosaure il est fort,
Ce serpent qui jamais ne rampe ;
Il fréquente à minuit le port
Et dans une eau froide se trempe.

Son ancêtre fut un menteur
Et du péché fut l’inventeur,
Avec lequel il nous faut vivre.

Mais lui, sans peur du lendemain,
Toujours suivant le droit chemin,
À nulle fraude ne se livre.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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