Un éléphant peut en cacher un autre

dumbo

Extrait de “Dumbo” Disney

Dans le soleil couchant danse un éléphant rose,
Et chacun reconnaît son mérite éclatant.
Il se montre, hors du rêve, hors du monde, hors du temps,
Chimère inaccessible aux vers comme à la prose.

J’entends aussi le son de son coeur palpitant
Et je ressens en moi une émotion sans cause ;
Je crains de devenir, folle métempsycose,
Un être comme lui (et c’est bien inquiétant).

Voilà qui pour le coup dépasserait les bornes ;
Ou si je devenais une blanche licorne,
Je ne saurais vers quel horizon m’en aller.

Nous ne savons jamais vraiment ce que nous sommes,
Notre destin n’est pas solidement scellé ;
Il ne faut point chercher à tout comprendre, en somme.

Cochonfucius

Lutte presque élégante

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image de l’auteur

Lutter courtoisement, bonne habitude à prendre,
L’esprit s’en réconforte et peut s’en enrichir ;
Il faut guider le corps et surtout l’assouplir,
Avec de bons copains, c’est un plaisir d’apprendre.

Un peu de gym, d’abord, le matin, sans attendre,
Avant que de manger ni de se divertir ;
Il faut se dépenser, il ne faut pas faiblir,
Sans négliger d’ailleurs la Muse douce et tendre.

L’essentiel, c’est le jeu, ce n’est pas le combat ;
Il ne maîtrise rien, celui qui se débat,
Le calme est souverain, plusieurs penseurs l’assurent.

Ce qui peut blesser l’autre, il te faut l’éviter,
Ta plus noble grandeur est dans ta dignité ;
Tu ne dois pourtant pas craindre les meurtrissures.

Cochonfucius

Humble goupil

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image de l’auteur

C’est un goupil timide, il ne sort que la nuit,
Marchant par les sentiers où le granit affleure ;
Plus loin dans la forêt, le hibou dit les heures
Et les astres s’en vont où le ciel les conduit.

Les pas de l’animal ne font presque aucun bruit,
Que l’on trouve parfois fort loin de sa demeure ;
Je le vois méditer sous les arbres qui meurent
Ou sourire, pensif, au lapereau qui fuit.

Je trouve malaisé de lire ses pensées ;
Mais je sais qu’elles sont toujours bien agencées,
Portant sur des sujets qu’il a soin de choisir.

Le goupil dans sa marche écoute le silence
Ou le cri familier que la hulotte lance ;
La longue nuit s’écoule, apaisant ses désirs.

Cochonfucius

Généalogie de papier

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Poètes d’autrefois, mes frères,
M’apprendriez-vous à voler ?
Votre plume, aimable ou sévère,
Aide la mienne à circuler.

Que de trésors sont enfouis

En vos oeuvres accumulées !
Le rire s’y épanouit
Et le deuil, dont l’âme est brûlée.

Ainsi qu’un loyal secrétaire,

Sur vos écrits, je fais retour,
Et, de ma plume solitaire,
Y réponds un peu, chaque jour.

Cochonfucius

Chevillard 2012

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Toile de Bob Masse

Je chante le héros, le vaillant narrateur
D’un destin inhumain, d’une épopée tragique
Qui naquit récemment sous le crayon magique
Du maître Chevillard, incomparable auteur.

Aux abords d’un troquet vient un perturbateur.
Avec beaucoup de hargne et beaucoup de logique,
Il déballe un discours quasi pédagogique
À une demoiselle au regard enchanteur.

La terrasse, sans lui, aurait été paisible ;
Mais il nous accablait de sa plainte risible,
Comme si nous pouvions partager son malheur.

L’homme, inlassablement, répétait sa demande :
Vous qui m’aviez promis une truite aux amandes,
Pourquoi m’avoir servi un gratin de chou-fleur?

Cochonfucius

Lion qui vole

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image de l’auteur

Le lion d’azur, un animal volant,
Pour l’hirondelle est-il une menace ?
Il est puissant, mais il manque d’audace,
C’est un rêveur, c’est un fauve indolent.

Il craint l’orage et le soleil brûlant,
Pour son malheur, sa vue est un peu basse ;
C’est un oisif, ce n’est pas un rapace,
Je lui envie son esprit nonchalant.

Quand le printemps les floraisons ramène,
Il fait le tour de son vaste domaine,
D’une fleurette ayant orné son chef.

Mais pour son coeur, craint-il un coup de foudre ?
Son âme, pour ce problème résoudre,
Bien vainement invoque Saint Joseph.

Cochonfucius

À ta santé, Mallarmé !

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Collage de l’auteur

César buvait un coup avec Panoramix ;
Le vin était versé de sa meilleure amphore.
Ils parlaient de potion, de serpes, de folklore,
Du pas de la licorne et du vol du phénix.

Sous le velum orné d’un archéoptéryx,
L’entretien se poursuit, s’affine, s’élabore,
Aidé par le bon vin que leur propose encore
La servante que vêt le tissu des bombyx.

César, admiratif devant un athanor,
Voudrait le reproduire en motif de décor ;
Il goûte une potion que le vieux druide mixe.

Voyez ça, mes amis, ce magicien est fort !
A dit le chef romain, soudain rendu prolixe ;
Regardez ! Mes cheveux ont la couleur de l’or.

Cochonfucius

Léopard nonchalant

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image de l’auteur

C’est un vieux léopard, ce n’est pas un nigaud,
Jamais il ne se perd en des pensées profondes ;
Il s’offre quelquefois des tranches de gigot
Avec un peu de vin qu’il propose à la ronde.

Un sculpteur d’Italie veut orner son tombeau
D’une belle statue de Sainte Cunégonde ;
Mais lui préférerait le portrait d’un corbeau
Ou bien, à la rigueur, d’une vestale blonde.

Le cimetière est calme et serein sous les cieux,
Béni chaque matin par un homme de Dieu,
Un vénérable moine à la haute stature.

Il veut faire la fête avant que d’être mort,
Vider une bouteille et blaguer sans remords ;
Telle est, du léopard, l’innocente nature.

Cochonfucius

Jardin

abri

Sculpture de l’auteur

Ici, le jardin polaire du cloporte. La terrasse où l’on boit des apéritifs. Le lac tranquille où vont se baigner tous les méridiens. La vie d’ermite, propice au rêve, au délire, à la versification.
*
les cartes à jouer saluent le Maître à la mesure de leurs hauteurs et de leurs couleurs. Où les disciples connaissent les fables : et tout s’ordonne avec un coup à boire.

*

Là, chez les habitants de l’Ouest, plein de tigres minuscules ; avec une jeune bergère, un gyrovague sur la plage, et les pièces de jeu d’échecs polychromes, que le vent promène.
*
Le monde est tout bizarre, encore aujourd’hui : le sureau s’agite : la méduse aux désirs changeants tient sa cour. Nul corbeau tordu jamais ne s’y aventure.

*

Sa plus belle paire de chaussettes, c’est justement à cet endroit que, par magie, Yake Lakang l’a projetée en rêve. C’est vers là qu’il a failli envoyer ses pieds par la même occasion.
*
Ensuite il les reprend toutes les deux car il est urgent qu’elles soient lavées.

Cochonfucius

Hommage à Etienne Jodelle

jodelle.jpg

Gravure anonyme

Si ce poète adore une méduse,
Que ne peut-il, en ce monde, adorer ?
Combien de corps finement colorés,
Combien d’esprits avec le sien s’amusent ?

Mais s’il n’aimait au monde qu’une muse,
Qu’un seul terroir il voulût labourer,
Pourquoi vient-il ici nous figurer
Des mythes dont personne ne s’abuse ?

Plutôt est-il amoureux de son texte,
Et la méduse ici n’est qu’un prétexte;
À l’occasion, l’auteur le reconnaît.

Ça ne fait rien, ils en veulent encore,
Gourmands lecteurs qui tant et plus dévorent
Ces moqueries en forme de sonnet.

Cochonfucius

 

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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