Vin sur vin

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Toile de Veronese

Le fils du charpentier fit un geste magique
Aux noces de Cana, lorsqu’on manqua de vin.
Chacun but une coupe, et la joie en advint ;
Nul ne trouva le fait contraire à la logique.

Loin des graves propos, loin des discours tragiques,
La fête lui montrait qu’il n’avait pas en vain
Usé, pour ce beau jour, de ses pouvoirs divins
Et de son bienfaisant savoir oenologique.

Le vin qui étourdit les jolies demoiselles
Et qui donne aux vieillards une énergie nouvelle
Fait ressembler la noce au sacre d’un grand roi.

Le vin, trois ans plus tard, devient le sang de l’homme
Que devait condamner la justice de Rome ;
Du sang pour baptiser les planches de la croix.

Cochonfucius

Tour et scriptorium

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image de l’auteur

En la tour vénérable est un scribe subtil
Qui tout au long du jour traduit «L’Enfer» de Dante;
Il boit le vin qu’apporte une jeune servante
Dont le regard est vif derrière ses longs cils.

« Relisez mon travail, Jeannette, lui dit-il,
Pour moi votre opinion est vraiment importante;
Car vous pouvez juger cet exploit que je tente
Et lire cet écrit sans en perdre le fil. »

« Jadis j’offrais à boire à la table du roi,
Mais ma nouvelle place est mieux faite pour moi ;
Je n’ai regret des ducs ni des grands personnages. »

Ils ont ainsi parlé, puis le soir est venu
Chez eux comme un voleur, à petits pas menus,
L’oeuvre de la journée fut à peine trois pages.

Cochonfucius

 

Chantecler de janvier

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image de l’auteur

Il chante à la taverne, ainsi qu’en d’autres lieux,
Pour son frère Cochon, pour sa soeur Hirondelle ;
Son chant peut célébrer les choses les plus belles,
La Terre où nous vivons, l’inframonde et les cieux.

Jadis il fit un hymne à la gloire de Dieu
Mais il chante à présent les jolies demoiselles ;
Pensant que nulle vie n’est vraiment éternelle,
Il dit que chacun doit en user de son mieux.

Son oeuvre est un recueil de sagesse légère
Qui à nos sentiments n’est jamais étrangère ;
Car des pleurs et du rire il connaît la saveur.

Que l’adversité vienne, il la regarde en face,
Sans pourtant s’occuper de ce qui le dépasse ;
C’est un vieux plaisantin, ce n’est pas un sauveur.

Cochonfucius

Je ne sais point expliquer l’univers

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Photographie NASA

Je ne sais point expliquer l’univers ;
Mais j’aime voir, par une nuit profonde,
Les astres clairs dessous la voûte ronde
Marchant au ciel sur des chemins divers.

D’admiration, j’ai les yeux grands ouverts ;
Ce grand cosmos qui roule comme une onde,
Ce bel éclat illuminant le monde,
Ces cieux, parfois de nuages couverts,

Les contempler est la joie de ma vie.
Tout m’impressionne, et ma muse ravie
Veut aussitôt en tirer un sonnet.

Ce qui est beau pour le regard humain,
Il a devoir d’en tracer, de sa main,
La vraie figure, autant qu’il la connaît.

Cochonfucius

Cévennes 2013-2014

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Photographie Wikimedia

Un an vécu dans la verte nature
(Mais des amis nombreux vinrent te voir) ;
Pendant ce temps, tu as su concevoir
Un jardinet de charmante facture.

Car ton esprit aime l’architecture,
En jardinage aussi bien qu’en savoir ;
Témoin ton art d’habilement pourvoir
Ton ermitage en belles fournitures.

Puis on te vit des grands monts dévaler,
Pour, de nouveau,  vivement t’en aller
Vers un recoin de la planète ronde.

De tes écrits rallumant les flambeaux,
Tu nous transmets les récits les plus beaux,
Et tu nous fais, Guillaume, aimer ce monde.

Cochonfucius

Après un an dans les montagnes

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Extrait d’une photographie de G. Thouroude

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pour Guillaume T.
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Cette année d’ermitage, elle ne fut point vaine ;
Le jardin suspendu va longtemps s’embellir ;
Ses pierres sous l’orage un peu plus se polir,
Sa terre recevoir d’autres sauvages graines.

Les sons qu’à cet endroit j’ai parfois entendus
Reviendront si je mange un peu de pain de seigle,
Si au fond d’un bain chaud je me sens détendu,
Si je rêve d’un chat, si je rêve d’un aigle.

Aucun cloître où l’on vit ne me sera prison,
Puisque j’en sortirai, d’une simple parole
Évoquant ma leçon non reçue à l’école ;

Ainsi j’avancerai, au gré de ma raison,
Me construisant toujours quelques nouveaux repères ;
Les décrivant ici, plein de lecteurs l’espèrent.

Cochonfucius

Une friche

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Peinture de Qian Xuan

Le maître de ces lieux m’a confié son jardin,
Je m’en suis occupé de façon nonchalante.
La terre était fertile et fort belles les plantes,
Mais mon goût du travail m’avait quitté, soudain.

J’aimais voir la rosée briller dans le matin,
Et glisser l’escargot dans l’oisiveté lente,
Et dormir l’araignée dans les heures brûlantes.
Je n’aimais pas creuser, ni me salir les mains.

Ainsi ce beau jardin s’est transformé en friche.
La mauvaise herbe y croît dans une terre riche,
Mainte graine oubliée sous une pierre dort.

Des flatteurs croiront voir une grande sagesse
Dans ce qui n’a été qu’une simple paresse…
Ah, je ne sais pas si je dois leur donner tort.

Cochonfucius

Nef du port de la lune

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image de l’auteur

Si tu viens à Bordeaux, que ce soit en bateau
Avec de vieux copains en guise d’équipage.
Auprès de ton hublot, tu liras quelques pages;
Si tu lis sur le pont, couvre-toi d’un manteau.

Si tu vois que la nef doit accoster bientôt,
Dis bonjour de ma part aux oiseaux de la plage ;
Ne fais pas attention à leur joyeux tapage,
Mais regarde la vigne, au loin, sur les coteaux.

Le grand fleuve sera charmé de ton regard,
Les sommeliers d’ici t’offriront leur nectar ;
Les passants vanteront la beauté du navire.

Écris-nous un poème avant que d’accoster ;
Du port ou d’autre part tu pourras le poster
Dans l’enveloppe ornée d’un beau cachet de cire.

Cochonfucius

Planète Hrossandra

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image de l’auteur

Quand un démon survient, descendant la rivière,
Tu verras le chasseur, porteur d’un sabre court ;
Ses compagnons et lui frapperont tour à tour
Et fort brève sera du monstre la carrière.

L’atmosphère a gardé sa pureté première,
Ce monde est pacifique ainsi qu’aux premiers jours ;
Les travaux quotidiens ne nous sont point trop lourds,
Car nous sommes le peuple aux rustiques manières.

Un visiteur y vint, héros sans lendemain,
Affirmant calmement sa dignité d’humain ;
Ce n’est qu’un théomorphe, il est ce que nous sommes.

De son maintien tordu, ne lui en veuillons pas,
Laissons-le prendre part à nos plaisants repas ;
Ce qui est bon pour nous sera bon pour cet homme.

Cochonfucius

Charmeur de bestiaux

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Image du blog Herald Dick Magazine

Sur son cheval d’argent, le descendant d’Orphée
Joue du bel instrument que lui donna la fée ;
Dans le ciel de sinople, un canard fend les airs,
Et dans le ciel d’azur, un poisson dit des vers.

Offre-nous, cavalier, ta musique incertaine ;
C’est un charme puissant pour les bêtes lointaines,
Secret que le progrès n’a pas enseveli,
Refrain que tu as su préserver de l’oubli.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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