Aigle de Talence

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C’est l’aigle, un noble caractère,
Et j’aime l’entendre se taire ;
Il n’est pas d’oiseau plus charmant,
C’est ce que je pense, vraiment.

Il peut planer loin de la terre,
Il peut capturer des panthères ;
Il est un remarquable amant,
Il se tait, jamais il ne ment.

Nul ne peut savoir ce qu’il pense,
Cet aigle, seigneur de Talence ;
C’est ce dont il n’a nul souci.

Très doux, jamais il ne se moque
Des grands oiseaux de son époque,
Lesquels le respectent aussi.

Cochonfucius

La brune nonne

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Composition de l’auteur

Ceux-là qui vont au bois, sont évêque et novice,
L’évêque va chantant et la nonne soupire.
— Qu’as-tu à soupirer, ma brune carmélite ?
— J’ai le coeur bien épris de ma soeur Marguerite ;

Je suis nonne le jour, et la nuit pauvre amante,
Je regrette le temps des larmes innocentes ;
Des deux sortes d’amour, lequel est donc le pire,
Le fils du charpentier ne veut point me le dire.

L’évêque a murmuré : –Allons boire en taverne,
Car ce débat mérite un godet de Sauternes.
Trois fois ils ont vidé la carafe de verre,
À la troisième fois, tous deux sont en prière.

Je n’étais avec eux, n’attendez que je dise
La sage décision qu’un bon évêque a prise ;
Dupanloup fut son nom, un grand homme d’Église,
Fautes furent par lui assez souvent remises.

Ceux-là qui vont au bois, sont évêque et novice,
La nonne va chantant et l’évêque soupire.

Cochonfucius

Sagesse du dinosaure

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image de l’auteur

Le dinosaure a dit : «Mon époque fut belle,
Sans ces bruyants engins qui sont malodorants;
Heureux ce temps pour nous, aussi pour nos enfants,
Et peut-être aussi pour ma compagne fidèle.»

Or, je ne peux en faire un sujet de querelle,
Je suis accommodant quand l’adversaire est grand;
Et puis ces souvenirs qu’il s’en va savourant
D’une douce couleur de nostalgie se mêlent.

D’ailleurs, quand il était maître de ce terroir,
Il était respecté pour son beau nonchaloir ;
Il ne tourmentait point la faune obéissante.

Peut-être, je devrais lui dire qu’il est mort,
Que seuls restent les os de sa forme géante ;
Mais il parle si bien, pourquoi lui donner tort ?

Cochonfucius

Sagesse des vivants

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L’oiseau du ciel d’azur ne songe au lendemain,
De ce jour, seulement, il cherche la pâture.
Les poètes, parfois, ont semblable nature,
Ne sachant planifier, comme d’autres humains.

L’ours du firmament d’or s’auto-caricature ;
Il parcourt en glissant le dangereux chemin
Qui dévale des monts, sans s’écorcher les mains,
Ce plantigrade exhibe un esprit d’aventure.

De gueules, l’inframonde, un séjour infernal,
Abrite le roi d’or, le plus noble animal,
Sur lui, je ne ferai le moindre commentaire.

Moi, je vis en un lieu bien moins intéressant,
Ni par les cieux volant, ni par les monts glissant,
Savourant le bonheur d’avoir les pieds sur terre.

Cochonfucius

Saint Martin Pêcheur

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Qui aurait cru, Martin, que tu devais
Te transformer de manière aussi belle
Et devenir cet oiseau bien rebelle ?
Certainement, ton ange le savait.

Ce protecteur qui ton âme couvait
Avait prévu de t’offrir ces deux ailes
Et d’habiller ta substance immortelle
D’un pareil corps qu’agréable il trouvait.

Vers le ruisseau nous te voyons descendre,
Celui-là même où se baigne Cassandre ;
Au ras de l’eau tu files comme un trait.

En cet oiseau, bienheureuse est ton âme,
Tu peux voler et tu peux plaire aux dames ;
Sur ton blason figure ton portrait.

Cochonfucius

L’art de planer

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image de l’auteur

Ce bel oiseau paisiblement volant,
Nul ne le chasse et nul ne le menace,
Ni le faucon qui frappe avec audace,
Ni le vautour aux cercles affolants.

Son coeur est frais sous le soleil brûlant,
Loin de sa route est la terre, fort basse ;
Il va planant, comme privé de masse,
Sans inquiétude et sans gestes violents.

La hulotte est sa cousine germaine
Qui dans la nuit traverse son domaine ;
Grande sagesse est en ce noble chef.

D’un noir nuage à l’autre vont la foudre
Et les démons dans une odeur de poudre,
Auxquels l’oiseau accorde un regard bref.

Cochonfucius

Australopithèques

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Toile de Fernand Cormon

Jamais de charpentier parmi les australo-
Pithèques, semble-t-il ; par voie de conséquence,
Nul fils de charpentier n’a pu, de sa présence,
Consoler ces enfants par l’esprit et par l’eau.

Leur sang qui, certains jours, pouvait couler à flots,
Ne fut jamais offrande à douce providence,
Mais du sang, simplement. Cette rouge évidence
Ne fut pour aucun d’eux l’occasion d’un sanglot.

Sans aucun charpentier, scribe ni président,
Ils conduisaient leur vie, avec ses incidents
Pour lesquels n’existait nulle législature.

Privés de rédempteur, qu’ont-ils ainsi perdu ?
Ils vibraient comme nous d’un amour éperdu ;
Ils respectaient leurs morts et leur progéniture.

Cochonfucius

Que vienne cet automne

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Toile de Marie Pierre

Que vienne cet automne, et que nos amours mortes
Dans le fond de nos coeurs deviennent souvenirs.
Les jours seront plus courts, et moins forts nos désirs,
Et sur notre chagrin nous fermerons nos portes.

Et l’automne a ses fleurs, mais au fond, peu importe :
Rien n’oblige à les voir, rien n’oblige à sortir,
Ni à voir les oiseaux qui vont bientôt partir
Où le grand vent du Nord vivement les emporte.

Que dans nos deux jardins poussent les mêmes fleurs,
Ou qu’il n’y en ait pas deux de la même couleur,
L’automne très bientôt tuera leur corps qui tremble.

Une fleur aplatie aux pages d’un roman,
Au printemps revivrait ? Je ne vois pas comment.
Pourtant, je sens sa vie dans mon coeur, il me semble.

Cochonfucius

Le printemps

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Toile de Rashmi Pitre

La poésie fleurit sur les douleurs tranquilles,
Son tissage patient se veut consolateur.
Nous n’irons plus nager au large de notre île,
Nous avons renoncé à franchir l’Equateur.

Ton travail, mon travail, nos jardins, nos deux villes…
Car nous ne sommes pas des oiseaux migrateurs.
Nous sommes à un âge où l’on devient stérile,
Le désir amoindri d’un froid libérateur.

Soyons heureux pourtant car le printemps s’approche.
Quand les choses vont mal, on fait face, on s’accroche,
Une épreuve pour nous n’est rien qu’une leçon.

J’écris à l’encre noire avec un coeur noirci.
Obscur devient ce monde, et mon esprit aussi,
Reviendra le printemps et sa douce chanson.

Cochonfucius

 

Merci pour ton sourire

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Toile de Jose Roosevelt

Pas de plus fort poison dans l’univers,
J’en avais fait cependant mon breuvage.
J’étais au point d’y perdre mon langage ;
J’allais cherchant mes mots tout un hiver

Et au printemps qu’arbres se refont verts,
Et que d’Amour une saison sauvage
A propagé le feu dans ces parages,
Amour que j’ai, alors, redécouvert.

J’ai célébré chacun de tes retours.
Plus fort que moi se montrait cet amour
Sous le soleil et sous la lune claire.

Toujours tes mots faisaient chanter mes mots,
Et c’est ta voix qui soulageait mes maux,
Tendre princesse aux yeux crépusculaires.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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