Valentin sous la terre

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Toile de Hieronymus Bosch

L’amour en inframonde, un désordre infini !
Une chimère adopte un petit cochon rose,
Des corps vont s’unissant pour de futiles causes,
La cigogne rencontre un dahut dans son nid.

Le lourd catoblépas arbore un bikini ;
Le léger colibri sur l’iguane se pose.
Nul arbitre, nul flic à cela ne s’oppose :
Sur ces cas, le juriste est assez démuni.

Les principaux démons siègent sur des gradins,
Contemplant ces ébats dans leur sombre jardin :
— Il ne fait pas trop froid, notre lave est bien rouge !

Un rhapsode égaré se croit chez Dupanloup ;
— Monseigneur, est-ce vous ? Votre visage est flou,
Il est mal éclairé, puis, tout le temps, il bouge.

Cochonfucius

Dame Tortue

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Dame Tortue a lu jadis de longs ouvrages,
Elle y sut dépister les plus fines erreurs ;
Elle y prit plus de temps que le lièvre coureur
N’en passe en promenade, en vadrouille, en voyage.

Comme le boeuf procède au patient labourage,
Comme creuse un dossier le digne procureur,
Comme garde son cap un robuste barreur,
Elle accomplit toujours ses petits nettoyages.

Elle goûte la prose, elle aime aussi les vers,
Elle peut se plonger dans des sujets divers
Et croit que les sonnets ne sont pas inutiles.

Mais parfois, il suffit d’un beau nuage au ciel
Ou de l’odeur sucrée des tartines de miel
Pour mettre aussitôt fin à ce labeur fertile.

Cochonfucius

Le bonheur des poissons

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Nous n’entretenons point de querelles horribles
Telles qu’un homme sage y perdrait son latin ;
Nul d’entre nous ne vit de colère terrible,
Nous partageons en paix la fraîcheur du matin.

Nous pouvons dévorer des mouches par centaines,
Si ne vient nous saisir un hameçon d’acier ;
Nous sommes vigilants quand, en fin de semaine,
Un pêcheur à la ligne au bord de l’eau s’assied.

Poissonnier du pays, oublie donc nos personnes,
Ouvre plutôt en ville un débit de boissons ;
C’est ainsi qu’un humain, que tout mal abandonne,
Peut faire, s’il le veut, le bonheur des poissons.

Cochonfucius

Arbres de Grande Garabagne

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La Grande Garabagne a des forêts fort belles,
Capables d’occulter la lumière du jour ;
Au coeur de la forêt sont les arbres d’amour
Qui au regard du monde offrent des fleurs nouvelles.

De telles floraisons ne sont pas éternelles
Et je peux voir les fleurs se faner tour à tour ;
Prier pour leur survie, ce n’est d’aucun secours,
Pour nous autres non plus, quand la mort nous appelle.

Les gens de Garabagne élèvent des troupeaux,
C’est pour alimenter les festins de la reine ;
Et ces gens couperont les arbres les plus beaux

Pour nourrir les fourneaux, ce n’est pas chose vaine :
Dans le bois pleureront le faune aux durs sabots
Et la dryade aussi, qui de l’arbre est marraine.

Cochonfucius

Feuille d’inframonde

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L’automne la saisit, le vent la fait tourner,
Et jusqu’à l’inframonde, elle y est descendue ;
Un démon voit venir la feuille inattendue
Qui dans son beau jardin ne peut plus retourner.

La feuille sur ce point ne veut pas s’obstiner,
Elle doit vivre ici, la chose est entendue ;
Jetant quelques regards sur la sombre étendue,
Elle accepte le sort qui lui fut destiné.

Si le vieux jardinier l’avait livrée aux flammes,
Comme cendre légère aurait erré son âme,
Poussière imperceptible, invisible en plein jour ;

Si elle était tombée dans l’eau d’une fontaine,
Elle aurait entendu le son des voix humaines
Parlant de moins que rien, parlant de leurs amours.

Cochonfucius

Dame hésitante

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La Dame a deux amants, l’un sage et l’autre fou,
L’un qui pense profond et l’autre qui délire ;
Prendre une décision, ce serait un martyre,
Donc la Dame au final ne choisit rien du tout.

La Dame en son jardin longtemps se tient debout,
Évoquant les attraits de ces deux nobles sires ;
L’un qui doucement parle et l’autre qui soupire,
Sans qu’elle se l’avoue, ils lui manquent beaucoup.

L’amour et la souffrance ont engendré la peine,
Me disait l’autre jour la petite sirène ;
Il est vraiment ainsi, ce monde impermanent.

La Dame ne prend point ma complainte au tragique,
Ni le fol amoureux, ni l’homme raisonnant ;
Aucun des trois n’abrite une âme nostalgique.

Cochonfucius

Piaf-Chorégraphe

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Son noir regard voit danser l’univers,
Ça lui inspire une pensée profonde ;
Il saute un peu, puis il danse une ronde
Agrémentée de mouvements divers.

Ce chorégraphe a les yeux bien ouverts ;
Il entend tout, il peut capter des ondes,
Il peut sentir l’étrangeté du monde,
Plus d’un secret fut par lui découvert.

Voici qu’il danse, et la danse est sa vie,
Il m’impressionne, et ma muse est ravie,
Qui trouve ça plus subtil qu’un sonnet.

C’est un oiseau, plus léger qu’un humain,
Qui d’assez haut survole nos chemins ;
Il est très fort, ça, je le reconnais.

Cochonfucius

 

Saint Graphomane

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Cet ermite se croit le transcripteur des mondes
Et de son scriptorium n’ouvre pas les rideaux ;
Son esprit, dérivant comme un léger radeau,
Guide négligemment sa plume vagabonde.

Il ne s’attarde point sur des choses profondes,
Mais il peut commenter le babil d’un oiseau ;
Il peut certes penser, mais pas plus qu’un roseau,
Ses vers presque toujours à d’autres vers répondent.

Aucun auteur ne craint qu’on marche sur ses pas ;
L’hommage imitatif, ça ne le gêne pas,
C’est comme rajouter une herbe au paysage.

On peut le constater, ce graphomane est vieux,
À peine pourra-t-il tracer quelques passages
Et faire quelques pas, tranquille, sous les cieux.

Cochonfucius

Petit dieu barbare

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Au temple de granit, le dieu se trouve à l’aise
Où l’on entend prier du matin jusqu’au soir,
Presque aussi fréquenté que ne sont les comptoirs
Ou la grotte où la Vierge a parlé à Thérèse.

On orne ses autels avec du vin, des fraises
Des récipients brillants comme des ostensoirs,
De rouges inscriptions, des hiéroglyphes noirs,
Que la saison soit bonne ou qu’elle soit mauvaise.

Les musiciens du roi sonnent sur tous les tons
Des cantiques sacrés, des chants de mirliton ;
On frotte la statue d’une très douce brosse.

Le dieu sait l’Oméga, il sait aussi l’Alpha,
Il sait même le sort qui Tantale assoiffa ;
Il est donc très puissant, mais il n’est pas féroce.

Cochonfucius

Magister Corax

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Il vit d’amusement, non de mélancolie,
C’est un gros volatile en parfaite santé ;
Il voit son avenir avec sérénité,
Car il prend chaque jour des leçons de folie.

Il n’a jamais de luth ni de tour abolie,
À l’aigle il ne veut point ravir la royauté ;
Corbeau de poésie, corbeau d’oisiveté
Qui baigne dans la rime et la prose jolie.

Il ne s’est jamais pris pour un prince charmant,
Jamais n’est allé voir la Belle au bois dormant,
Laissant se succéder les jours et les semaines.

Corbeau qui sous son crâne abrite un univers
Où l’on peut rencontrer le bonheur et la peine,
Tels que je ne saurais le dire en quelques vers.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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