Pigeon-Dauphin

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Fier, ce pigeon-dauphin, noble, mais pas pompeux.
Il boit à nos santés, il chante dans les fêtes ;
Car un pigeon n’est pas un coq dressant sa crête,
C’est un modeste oiseau, qui est content de peu.

Grâce au calendrier, il comprend qu’il est vieux,
Mais ce statut convient à son coeur de poète.
Sa grande oeuvre, croit-il, ne sera jamais faite,
D’être écrivain mineur, ça, pour lui, c’est tant mieux.

Avec Ronsard, pouvoir écluser quelques verres
Aurait bien rafraîchi son âme primevère
Et ses petits soucis de l’arrière-saison ;

Il n’a point vieilli trop, puisqu’il déguste encore
Le vin qui dans son coeur la rime fait éclore.
Il boit pour ce motif, et parfois sans raison.

Cochonfucius

Forteresse improbable

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Cent mille chevaliers en armure de peau,
Et dans leur forteresse, ils ne font pas grand-chose,
Plutôt qu’un corps d’armée, ils forment un troupeau,
Mais ils vont répétant que la vie n’est pas rose.

Leur colonel est brave, il est loin d’être sot,
Car il peut fusiller presque tout ce qui bouge ;
Son métier, il l’apprit en sortant du berceau,
Sous la bannière blanche ou sous le drapeau rouge.

Il cultive en ce lieu tous ses souvenirs morts,
Retraçant le combat, la honte, le remords,
La vie insignifiante et l’impossible gloire.

Son adjudant lui dit : « Rien de mal dans ce deuil,
Puisque les soldats morts ont d’excellents cercueils,
Nous voyons la lumière au fond de la nuit noire».

Cochonfucius

Jean du zèbre

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Pour tous les animaux, son créateur il loue ;
Mais le zèbre, surtout, capte son intérêt ;
Bizarre et surprenant, nous l’aimons comme il est :
Il peut faire avancer le char aux belles roues.

Quand il danse, on en rit ; quand il travaille, il joue ;
La joie de la jeunesse au coeur de Jean renaît :
Au lumineux désert, tout l’amuse et lui plaît,
La rivière sans eau, le sable et non la boue.

Mais il a ses défauts, je ne le cache pas,
Il est presque glouton quand il prend son repas ;
Comme un doux animal, il ne sait se conduire :

Donc, le zèbre de Jean n’est certes pas un saint,
Mais ce n’est pas non plus un grand démon malsain,
C’est un vaillant ascète, incapable de nuire.

Cochonfucius

Sagesse du lierre

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Le lierre est le linceul des grands arbres défunts ;
Non pas blanc, mais brillant d’une verdeur pérenne ;
Il couvre également les murs de Bourg-la-Reine
Où les vents franciliens apportent leurs parfums,

Les grands menhirs bretons que baignent les embruns
Et les manoirs de Loire à la pierre sereine ;
Il servit de costume aux antiques sirènes
Qui de sa verte feuille ornaient leurs cheveux bruns.

Aux donjons de jadis où nos étendards flottent
Il est, pour le présent, un habit sans pareil,
Une armure de paix, reflétant le soleil ;

Aux murailles de Sparte où trimaient les ilotes,
Ou, sur l’écu ducal qui brille de ses ors,
Qui dans sa langue dit : ce qui est souple est fort.

Cochonfucius

Chat du solstice

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Il se cache au jardin, il se tient en retrait,
Il aime plus que tout ce petit coin de terre ;
Dans son oisiveté, plaisir élémentaire,
D’un sage de jadis il semble le portrait.

Là sont quelques oiseaux. Mais s’il les rencontrait,
Je ne suis pas certain qu’il leur ferait la guerre,
Car ce n’est pas un aigle aux redoutables serres ;
Jeune, il en capturait, puis il nous les montrait,

Maintenant, tout au plus, il redresse une oreille
Pour entendre leur chant, qui parfois l’émerveille,
Il rêve, il se repose, il dort, il est content.

Aimant ce qu’il possède, il n’en veut davantage :
Même, un étonnement se lit sur son visage,
D’être dans cet endroit resté un si long temps.

Cochonfucius

Présence des étoiles

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Blason de Malcor Deydier de Pierrefeu (Normandie)

Mille étoiles d’or au-dessus des plaines
Ignorant ce monde et sa cruauté ;
Suivant leur horloge avec loyauté,
Elles dont la voie n’est pas incertaine.

Mille étoiles d’or, quelque peu hautaines,
Lointaines lueurs, lointaines beautés,
En en ciel pareil, nul ne peut monter,
Rien ne servirait de s’en mettre en peine.

Rien ne les atteint, rien ne les affecte,
Leur vision du monde est simple et directe :
Et bien peu leur chaut qui veille ou qui dort.

D’une nuit à l’autre, ainsi, nous reviennent
Mon étoile ici, et plus loin, la tienne,
Et celles des gens, mille étoiles d’or.

Cochonfucius

Divinité obscure

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Je l’entendis, ce fut un rire court,
Elle semblait une muse galante
Se promenant dans le Jardin des Plantes
Et s’arrêtant dans une étroite cour.

Il faisait doux, c’était un très beau jour,
Les arbres ont dansé leur danse lente,
Ils ont lancé quelques graines volantes
Accomplissant des trajets sans retour.

Comment savoir si ce n’était qu’un songe ?
Même aujourd’hui, de grands doutes me rongent,
Sur ce sujet, mon coeur est hésitant.

Simple étudiante, ou très noble déesse ?
Je n’en sais rien, et pensif il me laisse,
Sombre et furtif, ce rêve intermittent.

Cochonfucius

Ambilion rhododactyle

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Il ne peut s’attarder dans une sépulture,
Il est rhododactyle, il doit ressusciter;
Sans qu’il ne soit besoin de le solliciter,
L’ambilion manifeste une étrange nature.

Ne sachant nulle science, il dit qu’il n’en a cure ;
Mais de plusieurs bons mots nous faisant profiter,
Il séduit sans flatter, il rit sans imiter,
Il évoque à plaisir de folles aventures.

Son corps par un duvet soigneusement couvert
Ne se refroidit point pour un poil de travers, ;
Ce n’est pas un client qu’un ordre strict arrête.

Ce qu’il va rappelant, ce fauve, devant nous,
C’est qu’il nous faut aimer les monstres un peu fous,
Autrement dit, les gens que l’on nomme poètes.

Cochonfucius

Tyrodendron

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Grand choix de camemberts, on en mange, on en laisse ;
Car ce serait pitié de tout laisser passer ;
Arbre, que voudras-tu, pour te récompenser ?
Car ces fromages sont la joie de ma vieillesse.

Ils vont réconforter mon corps plein de faiblesse,
Et je les aime autant qu’un chocolat glacé ;
Cet arbre complaisant m’en donne bien assez,
De quoi me rappeler les joies de ma jeunesse !

Camembert, toi qui es puissant maître d’Amour,
Le renard au corbeau pour toi faisait sa cour,
Ce sage des forêts, fertile en artifices.

On ne peut te payer, arbre, d’un trop haut prix :
Tu es digne de gloire après tant de services,
Toi, la consolation de l’homme aux cheveux gris.

Cochonfucius

Jument-grue

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La jument-grue d’azur a la voix féminine,
Elle ne va pas loin, mais elle vole un peu,
Tu aimerais mieux voir, peut-être, un dragon bleu,
Ou, par la grande route, un démon qui chemine.

La jument-grue d’azur voudrait être d’hermine
Et le sera sans doute, à la grâce de Dieu :
Car Dieu est assez bon pour jouer à ce jeu
Qui gentiment commence, et fort bien se termine.

Or, je crois qu’il préfère une licorne folle,
Qui, pour lui, organise une orgie de paroles,
Dans les aveuglements d’un sulfureux plaisir !

Mais ne t’affole pas, ma jument-grue de France,
D’autres sont, plus que toi, victimes d’un désir,
Toi qu’on nomme maîtresse en les indifférences.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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