Ce château-là flotte

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Il vogue avec ses tours et ses vastes portiques,
Ayant quitté du port les quais silencieux ;
Les marins à son bord ont l’espoir dans les yeux
Car on leur donnera du bon pinard mystique.

Ils ont la calme foi de leurs parents antiques,
Ils ne craignent jamais le flot mystérieux ;
Ils iront volontiers boire sous d’autres cieux
La bière de Cerbère et le mezcal rustique.

La mort sur leur vaisseau n’est jamais passagère ;
Elle danse sur l’eau, comme une ombre légère,
On dirait une ondine au front pur et voilé.

Elle n’a point de cape, elle n’a point de robe,
Elle a pour drap de lit le grand foc enroulé
Dont le rempart de toile à nos yeux la dérobe.

Cochonfucius

Janus de sinople

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Le Janus de sinople au jardin se promène,
Il voit la Vérité qui surgit de son puits ;
Il ne la retient pas, fût-ce pour une nuit,
Il ne sait que penser de cette souveraine.

Il n’aime pas non plus entendre la sirène ;
D’Ulysse les exploits ne sont pas faits pour lui,
Devant de tels dangers, ce dieu toujours a fui.
Mais on le voit marcher de bon coeur, et sans peine.

Ce n’est pas un barbon recherchant la tendresse,
Il a passé le temps des gourmandes caresses ;
Ce vieux corps lui demande un répit pour son coeur.

Le Janus de Dix-Neuf a rejoint son compère
Et dit « Tu parviendras jusqu’à moi, je l’espère :
Nous goûterons ensemble une douce liqueur. »

Cochonfucius

 

Avettes d’azur et d’argent

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Elles sont d’azur, les avettes,
Leur miel a le goût du lilas ;
J’en prends avec du chocolat,
Telle est ma modeste dînette.

Elles vont au jardin désert
Pour y entreprendre la tâche
De polliniser, sans relâche,
Les plus beaux mirages des airs.

Chantant, mais n’ayant pas de lyre,
Elles se préoccupent fort
D’administrer leur beau trésor :
La ruche est une tirelire.

Cochonfucius

Dauphin de Nouvelle Aquitaine

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Jamais, d’être un poisson, il ne donne aucun signe ;
Cétacé, c’est sa classe, et Dolphin est son nom.
Il s’interroge alors : poisson, l’est-il, ou non ?
D’être une vraie question, la phrase est-elle digne ?

Car un dauphin n’est pas plus blanc que n’est un cygne,
Mais on fit son portrait, au temps où son renom
Était providentiel ; et les artistes n’ont,
Sur ce bel animal, qu’éloges en trois lignes.

Beau dauphin, si souvent nous avons ri ensemble,
Cela peut devenir un sonnet, que t’en semble ?
Le Dauphin du Primate est souvent le Mentor.

Mes blasons ne sont pas des oeuvres de peinture,
Ou sinon je devrais me serrer la ceinture ;
Mais j’aime les dauphins, n’en déplaise aux butors.

Cochonfucius

Piaf-Tonnerre et la fête

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Composition de l’auteur

Piaf-Tonnerre apprécie les ambiances de fête,
Surtout s’il les partage avec quelques amis ;
Pas besoin de champagne, un modeste demi
Au comptoir où les feux du troquet se reflètent.

Le changement d’année traverse la planète
Et rejoint Piaf-Tonnerre, émerveillé, parmi
Les buveurs, dont certains sont un peu endormis.
Dix-huit sera-t-elle une année de conquêtes ?

Ah ! que ce soit un an simple, comme nos coeurs.
Laissons-le nous guider avec sa bonne humeur,
Qu’il soit fils de Vénus ou bien du vieux Saturne.

Piaf-Tonnerre est en fête, et ça le rend humain.
En cette aube nouvelle, à peine si sa main
Trouve le dernier vers de ce sonnet nocturne.

Cochonfucius

Poisson-pêcheur

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image de l’auteur

C’est le poisson-pêcheur, un animal précaire.
Il ne remonte point pour voir le temps qu’il fait,
Passant son temps à rire et à pêcher en paix,
Contemplant la sirène, un être qu’il révère.

Ses enfants sont très tôt éloignés de leur mère,
Ils sont aventureux, ils traversent d’un trait
L’eau de sinople dont ils subissent l’attrait,
Explorant l’océan, sans craindre la misère.

La sirène aux doux yeux viendra, si elle veut,
Sur le plus haut rocher, pour peigner ses cheveux,
Et le poisson pêcheur dit qu’il n’en aura cure ;

Il n’est pas plus glouton que n’est un poisson-porc
Et reçoit volontiers les leçons de tout bord :
Sa chair est sans poison, son âme reste pure.

Cochonfucius

Deux amazones

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Image du blog Herald Dick Magazine

Filles libres, au bois, de venir et d’aller,
Un sourire arborant, venu du fond de l’être !
Dames de la forêt, combattantes sans maître,
On leur attribuerait des faits inégalés.

Vêtues légèrement, l’hiver comme l’été,
Elles sont l’ornement du jardin que j’admire ;
Je me sens enivré par l’air qu’elles respirent,
Leur regard amusé, je ne peux l’éviter.

Elles vivent au bois, je ne sais pas comment,
Juste avant de dormir, j’évoque leur image,
Elles n’ont pas besoin de donner davantage ;
D’un mot qu’elles ont dit, je me fais un roman.

Cochonfucius

Arbre à bigorneaux

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image de l’auteur

L’arbre qui fut planté par un vieillard,
Il a produit des bigorneaux énormes.
Chacun croyait qu’il s’agissait d’un orme ;
Les fruits étaient cachés par le brouillard.

C’est mieux qu’un arbre à boules de billard,
On aime voir ces bigorneaux qui dorment ;
Ils sont bien lourds, et presque piriformes,
De quoi séduire un Éric Chevillard.

Un botaniste y vint, et ne crut pas
De ces beaux fruits qu’on pût faire un repas,
Ou tout au moins, posa de sérieux doutes.

L’arbre captait la lumière du soir,
Un bigorneau était tout près de choir ;
L’observateur hâtif reprit sa route.

Cochonfucius

Barbatusromulus et Remusbarbatus

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image de l’auteur

Vieillards aux moeurs bucoliques,
« Rom » et « Rem » s’entendent bien ;
Ils ne sont point patriciens,
Pas non plus mélancoliques !

Sous les chapiteaux doriques,
Aucun des deux n’est doyen ;
Comme ils ne manquent de rien,
Ces frangins sont euphoriques.

Les citoyens sont charmés
D’avoir ces deux chefs placides ;
Ils les ont toujours aimés.

Loin des luttes fratricides,
Dans le calme ils vieilliront ;
Les dieux les couronneront.

Cochonfucius

Hérisson devenu vicomte

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image de l’auteur

Portant couronne vicomtale,
Lord Hérisson marche sans bruit ;
Sa pensée, que la lune avale,
Éclaire une hivernale nuit.

Il voit la sorcière amicale
Dont la potion au chaudron cuit ;
Il reçoit la lettre ducale
Lui rappelant le temps qui fuit.

Jamais sa fortune il n’étale,
Ça serait des manières sales ;
Ses coffres-forts sont des tombeaux.

Vicomte un peu mélancolique,
Il dicte ces vers bucoliques,
Ayant pour trône un escabeau.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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