Chat du solstice

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Il se cache au jardin, il se tient en retrait,
Il aime plus que tout ce petit coin de terre ;
Dans son oisiveté, plaisir élémentaire,
D’un sage de jadis il semble le portrait.

Là sont quelques oiseaux. Mais s’il les rencontrait,
Je ne suis pas certain qu’il leur ferait la guerre,
Car ce n’est pas un aigle aux redoutables serres ;
Jeune, il en capturait, puis il nous les montrait,

Maintenant, tout au plus, il redresse une oreille
Pour entendre leur chant, qui parfois l’émerveille,
Il rêve, il se repose, il dort, il est content.

Aimant ce qu’il possède, il n’en veut davantage :
Même, un étonnement se lit sur son visage,
D’être dans cet endroit resté un si long temps.

Cochonfucius

Présence des étoiles

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Blason de Malcor Deydier de Pierrefeu (Normandie)

Mille étoiles d’or au-dessus des plaines
Ignorant ce monde et sa cruauté ;
Suivant leur horloge avec loyauté,
Elles dont la voie n’est pas incertaine.

Mille étoiles d’or, quelque peu hautaines,
Lointaines lueurs, lointaines beautés,
En en ciel pareil, nul ne peut monter,
Rien ne servirait de s’en mettre en peine.

Rien ne les atteint, rien ne les affecte,
Leur vision du monde est simple et directe :
Et bien peu leur chaut qui veille ou qui dort.

D’une nuit à l’autre, ainsi, nous reviennent
Mon étoile ici, et plus loin, la tienne,
Et celles des gens, mille étoiles d’or.

Cochonfucius

Divinité obscure

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Je l’entendis, ce fut un rire court,
Elle semblait une muse galante
Se promenant dans le Jardin des Plantes
Et s’arrêtant dans une étroite cour.

Il faisait doux, c’était un très beau jour,
Les arbres ont dansé leur danse lente,
Ils ont lancé quelques graines volantes
Accomplissant des trajets sans retour.

Comment savoir si ce n’était qu’un songe ?
Même aujourd’hui, de grands doutes me rongent,
Sur ce sujet, mon coeur est hésitant.

Simple étudiante, ou très noble déesse ?
Je n’en sais rien, et pensif il me laisse,
Sombre et furtif, ce rêve intermittent.

Cochonfucius

Ambilion rhododactyle

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Il ne peut s’attarder dans une sépulture,
Il est rhododactyle, il doit ressusciter;
Sans qu’il ne soit besoin de le solliciter,
L’ambilion manifeste une étrange nature.

Ne sachant nulle science, il dit qu’il n’en a cure ;
Mais de plusieurs bons mots nous faisant profiter,
Il séduit sans flatter, il rit sans imiter,
Il évoque à plaisir de folles aventures.

Son corps par un duvet soigneusement couvert
Ne se refroidit point pour un poil de travers, ;
Ce n’est pas un client qu’un ordre strict arrête.

Ce qu’il va rappelant, ce fauve, devant nous,
C’est qu’il nous faut aimer les monstres un peu fous,
Autrement dit, les gens que l’on nomme poètes.

Cochonfucius

Tyrodendron

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Grand choix de camemberts, on en mange, on en laisse ;
Car ce serait pitié de tout laisser passer ;
Arbre, que voudras-tu, pour te récompenser ?
Car ces fromages sont la joie de ma vieillesse.

Ils vont réconforter mon corps plein de faiblesse,
Et je les aime autant qu’un chocolat glacé ;
Cet arbre complaisant m’en donne bien assez,
De quoi me rappeler les joies de ma jeunesse !

Camembert, toi qui es puissant maître d’Amour,
Le renard au corbeau pour toi faisait sa cour,
Ce sage des forêts, fertile en artifices.

On ne peut te payer, arbre, d’un trop haut prix :
Tu es digne de gloire après tant de services,
Toi, la consolation de l’homme aux cheveux gris.

Cochonfucius

Jument-grue

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La jument-grue d’azur a la voix féminine,
Elle ne va pas loin, mais elle vole un peu,
Tu aimerais mieux voir, peut-être, un dragon bleu,
Ou, par la grande route, un démon qui chemine.

La jument-grue d’azur voudrait être d’hermine
Et le sera sans doute, à la grâce de Dieu :
Car Dieu est assez bon pour jouer à ce jeu
Qui gentiment commence, et fort bien se termine.

Or, je crois qu’il préfère une licorne folle,
Qui, pour lui, organise une orgie de paroles,
Dans les aveuglements d’un sulfureux plaisir !

Mais ne t’affole pas, ma jument-grue de France,
D’autres sont, plus que toi, victimes d’un désir,
Toi qu’on nomme maîtresse en les indifférences.

Cochonfucius

Blancheur de plusieurs choses

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Blanche est la lune en hauteur accrochée,
Blancs sont les draps dans le grand lit du roi,
Blanc est le givre en un jour de grand froid,
Blanche est la tour sur l’abîme penchée.

Blanche est la mouette en un grand mât juchée,
Ou la colombe à l’amoureuse voix,
Blanches, dit-on, les Tables de la Loi,
Auxquelles sont les foules attachées.

Blanc, le costume habilement taillé,
Blanc est le pain par amour travaillé,
Cent fois plus blanc est le papier rebelle !

Je dis cent fois, et peut-être, j’ai tort ;
Mais en des vers une hyperbole est belle,
À ma parole elle donne du corps.

Cochonfucius

Adam métaphysicien

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Adam réfléchit à sa condition mortelle,
Il verrait bien périr son Créateur, aux cieux ;
Mais la chose est un peu sacrilège, à ses yeux,
Son âme ne veut point qu’on pense du mal d’elle.

Il dirait néanmoins que cette vie fut belle,
Que dans ce grand jardin sont de bien plaisants lieux;
Et qu’importe, après tout, s’il meurt, lui-même, ou Dieu,
Il n’a comme son fils des propos de rebelle.

D’où tiens-tu, père Adam, cette grande vertu ?
En un livre sacré la récupères-tu ?
En as-tu dans ton coeur la belle image empreinte ?

Moi, répondit Adam, j’écoute la Nature,
Tu crois que c’est le fait d’un bonhomme immature :
Mais beaucoup de sagesse est en elle dépeinte.

Cochonfucius

Paisible démon de sinople

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L’enfer ne lui est pas un bagne ;
Il est lent, comme un paysan
Ou comme un boeuf au poil luisant,
Un ange toujours l’accompagne.

Il a plus de quatre mille ans,
Il a vu la Chine et l’Espagne ;
Il a vécu, couvert d’un pagne,
Sous les cocotiers caressants.

Sa rage n’est point allumée,
Il n’est pas cracheur de fumée,
Il dit des jurons, mais très peu ;

Ce démon, sous l’oeil des étoiles,
Fredonne une chanson de toile,
L’enfer n’est qu’un paisible feu.

Cochonfucius

Ambiloup alchimiste

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Cet ambiloup d’azur connaît-il le mystère
De la transmutation, de l’immortalité ?
Pour le savoir, il lutte, et s’est souvent jeté
Dans des explorations aux confins de la Terre.

Or, en un tel métier, suffit-il de lutter ?
Ne s’agirait-il pas d’un truc héréditaire
Que ne peut remplacer une alchimie austère ?
Tout n’est pas, sur ces points, question de volonté.

Lui faudra-t-il subir une métempsycose
Mettant son nouveau corps en un meilleur chemin,
Mettant son fol esprit en de meilleures main ?

Mais il n’ose compter sur une apothéose,
Car il ne se croit pas bien muni de vertu,
Toujours il combattra comme il a combattu.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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