Écrevisse d’azur

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Au fond des eaux, je marche sans secousses,
Car je préfère avancer doucement.
Le fleuve est pur comme aux commencements,
Claire est son eau, et vive, et calme, et douce.

Doux est ce fleuve, et le flot qui me pousse,
L’âme et le corps vont errant lentement,
De la bonne eau j’ai le consentement ;
De ce courant qui point ne se rebrousse.

Certains vont haut, mais je vais tout en bas,
Voler aux cieux, je ne le saurais pas,
Je n’envie pas les vives hirondelles.

Dessous les eaux est un monde enchanté,
Par les poissons muettement chanté,
Nul n’a regret de n’y avoir pas d’ailes.

Cochonfucius

Ambicavalier romantique

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Un ambicavalier suit la route en rêvant,
Emportant avec lui ses étranges pensées,
Où est l’instant présent ? où est sa vie passée,
À peine s’il ressent que son coeur est vivant.

Il suit les longs chemins, du ponant au levant,
Il laisse divaguer sa monture insensée ;
Si la route est parfois quelque peu défoncée,
Cela n’empêche point qu’il aille de l’avant.

Sa pérégrination est un jeu de folie ;
Par étrange passion et par mélancolie,
Il parcourt le pays sans rime et sans raison.

Les chansons d’autrefois résonnent dans son âme ;
Un peu de nostalgie, ce n’est pas un poison,
C’est ce que croit, du moins, l’ambicheval de flamme.

Cochonfucius

Un coq instruit une vache

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Maître Coq est parfois l’animal le plus doux ;
On l’entend, certains jours, qui gentiment soupire
Comme un barde auprès de la muse qui l’inspire :
Sa muse est une vache, assez connue de nous.

Mirabelle est son nom. Plus d’un taureau jaloux
Trouve qu’aimer un coq, ce n’est rien qu’un délire ;
Mais ce gallinacé détient si noble lyre
Qu’on lui accorderait ses désirs les plus fous.

Il ne veut pas siéger dans une académie,
L’immortel est pour lui trop voisin de la mort ;
Il aime fredonner pour la vache endormie.

Car le coq est vaillant, si le taureau est fort,
Et je ne trouve pas cela si ridicule :
L’amour n’a nul besoin de la force d’Hercule.

Cochonfucius

Rentrer chez soi

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Le sapin s’en retourne à sa sombre forêt ;
Il en retrouvera les longues nuits spectrales
Que traverse parfois la lune sépulcrale,
Cet astre refroidi, plein d’ombre et de secrets.

Certains voient à ces lieux de rassurants attraits,
On n’y croise jamais un banlieusard qui râle
Ni le rire inquiétant des noctambules pâles ;
Chaque arbre vous sourit, beau comme son portrait,

Mais le vieux forestier entend par sa fenêtre
La chanson d’une fée qui voudrait disparaître
Car cet obscur séjour ne lui plaît pas beaucoup ;

L’évasion ne lui est, d’ailleurs, pas interdite :
Dès que résonneront les appels du coucou,
La nymphe quittera cette forêt maudite.

 

Palais de gueules

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L’ogre a fait ce palais pour loger sa maîtresse ;
On y vit dans l’aisance, on n’y manque de rien.
En retour, le bel ogre espérait des caresses,
Mais la dame préfère en donner à son chien.

Or, ce brave animal est rempli d’allégresse ;
L’ogre n’est pas jaloux, c’est un homme de bien.
Puis, donner des leçons, ce serait maladresse,
Ce serait peu conforme à l’idéal chrétien.

Ce chien proviendrait-il d’une métempsycose ?
Prit-il, précédemment, l’aspect d’un flamant rose ?
Ah ! Peut-être que oui, et peut-être que non.

Un grand palais de rêve, un ogre, un chien fidèle,
Plusieurs muses voudraient autant de bien pour elles ;
Ou bien, des troubadours pour célébrer leur nom.

Cochonfucius

La coupe de Bacchus

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La coupe de Bacchus est en pleine lumière ;
Il la remplit souvent, il boit quand il est tard,
Nulle envie de dormir ne charge sa paupière,
Et en peu d’occasions sommeille son regard.

Il a tantôt du vin, et tantôt de la bière
Dans les étés flambants, dans les hivers blafards,
Il boit en évoquant l’humanité première
Qui ne comportait presque aucun pilier de bar.

Il adore la vigne et son feuillage tendre.
Il aime le marron qu’on chauffe sous la cendre
Et le fromage aussi, dont le parfum est fort.

Contemplant les reflets du charmant paysage,
Il rit de tous les plis de son rouge visage ;
Il fait partie des dieux qui attendent leur mort.

Cochonfucius

Janus-apothicaire

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Il mesure à chaque homme une tranche de pain ;
Il mesure à chacun ses possessions ténues ;
Il supervise aussi les corbeaux, les lapins,
Les grands fauves d’Afrique et les bêtes menues.

Il dit des mots en grec, il écrit en latin ;
Quatre muses pour lui sont du ciel descendues,
Son temple, au fond des bois, voit prier des lutins
Que j’entends fredonner en langues biscornues.

Ce dieu répartiteur n’est pas lanceur de feu,
À l’âge qu’il atteint, son coeur somnole un peu,
Mais toujours il saisit des notions ineffables.

Jamais on ne le voit dans des lieux élevés :
Toujours, sous un ombrage, il enseigne des fables,
Ce sont de brefs récits, faits pour nous cultiver.

Cochonfucius

Dame en blanc

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Nature peut en grands maux se répandre,
Mais nos bonheurs ne sont à regretter :
La Dame en blanc nous aide à résister
À la souffrance, ou nous la faire entendre

Et, nous laissant sur une couche étendre
Tire le sang de ses doigts enchantés :
Tant que le corps se voudra contenter
De bien subir ce qu’il ne peut comprendre,

Il ne souhaite encore point mourir.
Mais quand sa force il sentira tarir,
Sa voix cassée, et son âme impuissante,

Et son esprit en étrange séjour,
Blanche sera cette dernière amante :
Par elle peut blanchir un sombre jour.

Cochonfucius

Les fourmis du marronnier

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image de Pierrette

Les fourmis parcourant le tronc du marronnier
Suivent obstinément leur route verticale.
C’est trop tôt dans l’année pour trouver des cigales,
Pas trop tôt cependant pour remplir les greniers.

Comme il les satisfait, leur labeur routinier,
Comme leurs journées sont entre elles bien égales !
C’est le meilleur aspect de la vie monacale :
Manger, pour les fourmis, c’est toujours communier.

N’en est-il pas ainsi du peuple des bureaux ?
Ruche peu bourdonnante, armée sans généraux,
Moines au scriptorium dans la lumière grise.

Combien j’aimerais mieux être nuage au vent,
Ou un débris d’épave en la mer dérivant,
Ou du vieux marronnier la feuille dans la brise.

Cochonfucius

Sapience du lotus

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image de l’auteur

Le lotus est pourvu de sens par la nature ;
Jamais il ne craindra l’insecte ni son dard,
Toujours il aimera l’éclat de vos regards,
Surtout quand une joie y survient d’aventure,

Il tire de sa vie une douce pâture,
Car c’est un végétal plus noble que César
Et c’est un survivant, plus vaillant qu’un soudard,
Le secret détenteur d’un courage qui dure.

Je le vois distiller goutte à goutte en son cœur
Une pure, parfaite, angélique liqueur,
Qui le monde pourvoit d’une saveur extrême.

Or, nous la goûterons avec un tel plaisir
Que nous n’aurons jamais de plus charmant loisir
Que d’aimer le lotus, sans penser à nous-mêmes.

Cochonfucius

 

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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