Hildegarde en un sonnet

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Je suis le suprême et l’ardent,
Je suis la lumière de glace ;
La mort en moi n’a point de place,
Car je suis le nouvel Adam.

Et je suis femme, cependant,
Comme Ève, je t’ai vu de face,
Père fondateur des espaces,
Illuminateur transcendant.

Je suis la prêtresse Hildegarde,
J’ai mille secrets que je garde
Pour les dévoiler par amour ;

Je suis la lumière et la vie,
Je suis la muse inassouvie,
La prière est mon seul recours.

Cochonfucius

Ambilion de Prusse

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Ce fauve se souvient d’une main de princesse
Qui de son corps flattait l’assemblage subtil ;
D’avoir senti les doigts froid comme du grésil
Et du rouge velours partagé la richesse.

De la fille du roi la translucide adresse
Porte une volupté, mais qui n’a rien de vil :
Comme d’un vin sucré le parfum volatil,
Comme le fruit très mûr, le raisin que l’on presse.

L’ambilion dans sa cage antique et fatiguée,
Regarde tendrement la princesse intriguée,
Puis médite à loisir, ses beaux yeux se fermant.

Alors il s’accroupit sur la toile azurée
Et rumine en son coeur ses amours mesurées,
Jamais il ne sera le vrai prince charmant.

Cochonfucius

Transfiguration d’un petit lézard

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Ce lézard s’illumine en une apothéose
Bleue et jaune, un habit qu’on dirait de gala.
Flamboyant , très heureux, il voit sa vie en rose,
Il trouve un paradis au jardin que voilà.

En bas, quelques fourmis rangeant diverses choses ;
Les tournesols dorés et les mauves lilas,
Se dressent gentiment. Le lézard se repose,
Savourant le trésor qu’un ange dévoila.

Nul hôte du jardin ne se montre féroce,
La citrouille jamais ne se change en carrosse,
Pas même un chant d’oiseau, le lézard reste coi…

Un bousier surgit, comme un soleil noir… — Au centre,
Un lombric rouge et blanc, très naïf, sur son ventre
S’avance et se tortille, il cherche, on ne sait quoi.

Cochonfucius

Chimère de sable

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Cette obscure chimère, où peut-elle habiter ?
Près d’elle n’acceptant nulle autre créature,
L’isolement convient à sa noble figure,
Elle veut conserver sa gloire et dignité.

Je la connais fort peu, j’ignore, en vérité,
Comment est son logis, quelle en est la structure,
Car, même étant curieux des faits de la nature,
Je ne puis accéder à la la Divinité.

Cette chimère ayant la raison pour partage
Est de son créateur une vivante image ;
Nul ne l’entend cracher, éternuer, vomir,

Je ne me souviens pas de l’avoir vue trop boire,
Animal fabuleux, chimère sans histoire :
Elle passe, il est vrai, tout son temps à dormir.

Cochonfucius

Ambicoq-hirondelle

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L’ambicoq-hirondelle est l’oiseau de Narcisse ;
La flèche du chasseur ne saurait le toucher.
Au tiède poulailler, il n’est pas attaché,
Mais il peut méditer sur un arbre propice.

Sur lui fut un pinard bienfaisant épanché
Dont il but un godet, ce n’était que justice.
Des insectes gloutons l’épargne le supplice ;
Il mange les poissons qu’il parvient à pêcher.

Ô qui pourra chanter ta valeur nonpareille,
Qui donc te décrira, fabuleuse merveille ?
Ceux qui l’ont déjà fait, que leur pouvoir est fort !

Par ta méditation, que mon âme a suivie,
Je sais que tu as su apprivoiser la mort :
Car même ta vieillesse est un trésor de vie.

Cochonfucius

Belette surnaturelle

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La belette magique est compagne d’Orphée,
Sa petite chanson n’est pas pour les goujats :
Et la Grâce toujours, par son zèle échauffée,
Pénètre dans ce cœur que je ne connais pas.

J’ai vu le grand ballet de la belette-fée
Qu’elle dansait au loin, jadis, à petits pas,
J’ai vu qu’elle bravait les édits de Morphée
Et que d’un campagnol elle fit son repas.

La belette de Dieu n’est pas de la racaille,
Mais son coeur, quelquefois, se montre un peu canaille,
Et tout cela, malgré ses dons miraculeux :

Allons, nous l’aimons bien, c’est notre enchanteresse,
Ses deux ou trois défauts n’ont rien de scandaleux,
Elle qui fut nourrie par les dieux de la Grèce !

Cochonfucius

Âne à chroniques

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L’âne raconte, et parfois il soupire ;
En a-t-il vu, des chevaliers transis !
Mais parfois il décrit en raccourci
Des lieux lointains le meilleur et le pire.

Il a connu les palais de porphyre
Gouvernés par des moines sans souci :
Il dit la mort, et les amours aussi,
Il dit enfin plus que je ne sais dire.

Sur cette route il ne fait que passer,
Porteur de grains par grands sacs entassés,
Il apprécie les chemins qu’il explore.

C’est le baudet sans peur et sans émoi,
Âne, tu sais, j’aime écrire pour toi
Qui ce chemin de ton passage honores.

Cochonfucius

Hommage à Liliana Negoi

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Le sombre flot sur la pierreuse grève,
La lune inerte et qui ne le suit point ;
Le flot se brise et se défait sans trêve,
Dentelle ornée d’écume, à petit point.

Écho de vague au coeur de la nuit brève,
Chant de sirène à la douleur qui point ;
En insomnie, je refoule mes rêves,
Dessous ce flot je les scelle avec soin.

L’écume vient d’un passé révolu,
Frappant le bord d’un coeur irrésolu ;
Dépoussiérant des larmes invisibles.

Larmes sur mon visage minéral,
Noir flot sculptant mon désarroi moral,
Cette dentelle est pensée inaudible.

Cochonfucius

 

laced waters
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black waters curl along the stony shore –
unscented moonlight fails to keep the pace
and breaks its sheen against them, more and more,
while turning into foam embroidered lace.

besetting ripples, voicing through the night,
adorn with siren echoes my ordeal…
no sleep for me…obsessed, i taste the light
and hide my dreams under the waters’ seal.

those stirring foamy arabesques of past
keep breaking on the shores of my unknown,
from hidden tears they gently wipe the dust

and let them freely carve my face of stone.
black waters curl indeed…from time to time
their lace is just my withered thinking’s rhyme

Liliana Negoi

Nef des vendeurs de minotaures

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Les marchands, protégés par plusieurs déités,
Remontent sur leur nef les fleuves de Saintonge ;
Tous leurs bestiaux sont beaux, ce n’est pas un mensonge,
Rien, pour ces commerçants, ne vaut la vérité.

Les clients sont heureux de cette nouveauté,
À Dédale, à son fils, au labyrinthe ils songent,
Au fil qu’un visiteur dans les couloirs allonge,
Au premier Minotaure, empli de cruauté.

Ceux-là sont sans danger, car ils sont en bas âge,
Monstres qui volontiers acceptent le servage
Et qui s’efforcent d’être utiles pour l’humain.

Le village est en fête, on a fleuri la place,
Les petits éleveurs boiront jusqu’à demain :
Qui voit un minotaure est en état de grâce.

Cochonfucius

Regard

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Vois les yeux de l’artiste et les yeux du modèle :
Chaque regard pour l’autre a des reflets fidèles.

Il veut dire le corps, sans aucun vêtement,
Tel qu’en une chambrette il dort tranquillement.

Légèreté du trait, finesse du visage
Indifférent aux bons et aux mauvais présages.

Peignant la chevelure en un revers de main,
Il soigne le tracé du sourire carmin.

Il croque le menton qui a dansé de rire,
Comme une toupie danse aux accords de la lyre.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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