Messager de sinople

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Sur sa route, il entend la perdrix et la caille,
Mais jamais cet errant ne les viendra chercher ;
Il parcourt le sentier bordé de beaux rochers
Et de champs moissonnés où subsiste la paille.

Il porte des avis de guerre et de bataille,
Il veut mobiliser le duc et ses archers ;
Pour peu qu’on lui procure une armure à sa taille,
Avec l’armée ducale on le verra marcher.

Or, ce n’est pas un gars qui recherche la gloire ;
Jamais il ne s’est pris pour un futur héros,
Et dans un cimetière on lui voit le coeur gros.

S’il mourait au combat, point n’en serait mémoire,
Non plus que d’un noyé dormant au fond des eaux ;
Pas même, à sa santé, les copains ne vont boire.

Cochonfucius

Maison de ville

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Des dizaines d’hivers ont usé sa peinture ;
Dans le grand salon règne une obscure clarté,
Rares les promeneurs venant de ce côté,
Cette maison n’est pas un terrain d’aventures.

Celle qui vient après, s’appelle sépulture,
Fin de l’affairement, fin de la vanité,
Pas de quoi regretter du monde la beauté,
Il est vrai que les morts ont sereine posture.

En attendant ce jour, je profite d’un toit,
De deux ou trois bouquins, d’un chat qui fait sa loi ;
Mes jours sont de repos ou de réjouissance.

Des vieux murs, cependant, se fanent les couleurs,
Comme se sont fanés l’espoir et la douleur,
Ainsi que les regrets et la reconnaissance.

Cochonfucius

Nef oblique

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Pilotée par un de ses frères,
La nef porte un moine qui meurt ;
Leur silence est une clameur
Sur cette barque funéraire.

L’Ecriture est leur viatique,
Ce livre de leçons de mort ;
Cet ouvrage est un peu trop fort
Pour soigner des penseurs antiques.

Les moines sont sans feu ni lieu,
Au confort ils ont dit adieu ;
Leur esprit devient solitaire.

Mais ils ne sont pas sans espoir !
Même si, dans leur monastère,
On n’y danse jamais, le soir.

Cochonfucius

 

Ambisalamandre

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Sa demeure est une flamme allumée ;
Quant à son coeur, c’est un petit soleil :
Et son esprit qui n’a point de pareil
Au long du jour peut brûler sans fumée.

Voilà pourquoi son âme accoutumée
À rayonner, même dans son sommeil,
Vit au milieu du brasier de l’éveil ;
Elle a plaisir à se voir consumée.

Le quotidien, pour elle, est savoureux ;
Que lui importe un hiver rigoureux ?
D’un radiateur, elle ne peut s’éprendre.

Cet animal qui dure en son ardeur
Et qui ne peut montrer nulle froideur,
C’est mon amie, c’est l’ambisalamandre.

Cochonfucius

Houx d’azur

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C’est le houx d’azur, un buisson sauvage,
Et c’était un dieu dans l’antiquité ;
Sa tige est d’un bois qu’on ne peut sculpter,
Qui sait conjurer du vent les ravages.

On n’en tirera pas un fort breuvage,
Aucune potion de fraternité ;
C’est du houx d’azur, ce n’est pas du thé,
Ni du chocolat des lointains rivages.

D’autres font pousser du houx de turquoise,
Ou bien son cousin, porteur de framboises ;
Mais le houx d’azur plaît aux immortels.

J’en ai couronné ma Vénus en plâtre,
Celle qui jadis séduisit un pâtre,
Fils du houx d’azur, ou soi-disant tel.

Cochonfucius

Chanter

 

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Composition de Pierrette

Toi qui aimais chanter un peu loin du troupeau,
Parfois pour toi tout seul, parfois pour ta Juliette,
Bernard, gargantuesque et merveilleux poète,
Je sais que tu avais tes chansons dans la peau.

Je répète après toi tes mots d’enfant perdu,
Je reprends tes refrains, tes rimes et tes causes,
Car pour moi ton travail, tu sais, c’est quelque chose !
Je pense à toi, Bernard, et je te dis : « Salut ! ».

Cochonfucius

Portemouche

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Portemouche, en un jour, ne fait rien de précis ;
Il est parfois vaseux, les lendemains de fête ;
Il écrit des sonnets sans se prendre la tête,
Ça ne le gêne pas d’être toujours assis,

Il naquit en pensant que la vie est ainsi,
Que l’on soit un truand, que l’on soit bien honnête,
Douteux sont les succès, vaines sont les conquêtes ;
La bière est apaisante, et le vin rouge, aussi.

Portemouche, en un jour, ne fait rien de ses mains,
Ressemblant, sur ce point, à de nombreux humains ;
Il a laissé tomber le soin des apparences.

Or, de sa plume il peut savourer la vertu,
Et ses divers propos, de rimes revêtus
Font sourire, parfois, les muses de la France.

Cochonfucius

Schwartz et Banach

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Le maître Laurent Schwartz instruisait ses élèves.
« L’espace est de Banach lorsqu’il est vectoriel
Tout en étant normé, ce qui est essentiel,
Et complet par surcroît, ce qui, je le relève,

Pourrait se définir de manière assez brève.
Au pays de Banach, en voyage officiel,
J’aperçus un tramway qui portait (juste ciel)
Le nom de ce grand homme. Aussitôt je me lève

De sur mon banc public, pour tenter l’aventure
D’aller au terminus de ces belles voitures,
Une place Banach, à ce qu’il me semblait,

Où, si j’étais allé, j’aurais pris une vue
Du professeur Banach sous forme de statue ;
Mais je n’en ai rien fait. Le tram était complet. »

Cochonfucius

 

Troubadour de sable

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Une chanson surgit de sa tête féconde,
Homère au temps passé n’aurait pu faire mieux ;
Par l’étrange douceur qui brille dans ses yeux,
Un expert peut juger de sa verte faconde.

Son imagination, qui n’a point de seconde,
Et son esprit ailé, qui le conduit aux cieux,
Ont fait du troubadour le familier des dieux,
Et le plus grand bouffon du plus grand roi du monde.

Sa muse lui donna tout ce qu’on peut avoir
De sagesse, d’honneur, de grâce et de savoir :
Qui pourra le surprendre à vouloir davantage ?

Cet homme n’attend rien de la postérité,
Heureux de profiter du logis qu’il partage
Avec un petit chat, dans la sérénité.

Cochonfucius

Adam à l’école

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Blason d’Adam, le glaiseux
(image de Pierrette)

Adam, seul sur la terre,
S’exerçait à penser,
À parler, à se taire
Et à se dépenser.

Il passait des journées
À boire comme un trou ;
Car c’était sa tournée,
Pas de copains, du tout.

Il marchait, très modeste,
Avec le nez au vent ;
Douceur de chaque geste,
Quel spectacle émouvant !

Bonheur du premier homme,
Pureté de son chant :
Un coeur paisible comme
La lueur du couchant.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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