Ornithocéphale

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Cet ornithocéphale a peu de chose appris ;
Du savoir il n’a point la semence divine,
Il n’examine pas quelle est son origine,
Il ne s’efforce pas d’embellir son esprit.

D’oiselle ou de dragonne il ne fut pas épris ;
Il s’en méfie, d’ailleurs, il les trouve trop fines.
Il n’a jamais goûté aux charmes d’une ondine,
C’est tout un univers qu’il n’a jamais compris.

Cet ornithocéphale, humble de sa naissance,
Ne sait pas définir son être ou son essence,
Il n’entretient jamais de rêves de grandeur.

Il vide une bouteille, et son âme lassée,
Par le traître breuvage en cendres abaissée,
Le prive tout à coup de sa vaillante ardeur.

Cochonfucius

Vicomte azuré

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Le vicomte d’azur a peu de pièces d’or,
Sa table est éclairée d’une seule bougie ;
Il voudrait retrouver son avoir, par magie,
Et loge en son manoir le démon Belphégor.

Un sortilège prend au matin son essor,
Chargé de mots tirés de la mythologie ;
Lucifer interrompt sa flamboyante orgie
Pour observer comment ce message prend corps.

Mais il ne plonge point ses griffes effilées
Dans la caisse aux trésors, lourdement profilée ;
Il garde ce qu’il a, comme fit Harpagon.

Le vicomte d’azur a le moral en berne ;
Son espoir est parti au souffle de galerne,
Ses écus sont restés dans les mains du dragon.

Cochonfucius

Grenouille-girafe

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Pour moucherons en nombre dévorer,
Ce batracien d’un long cou s’appareille ;
Il en avale aussitôt qu’il s’éveille,
Ils n’osent plus dans les airs murmurer.

À quel bestiau te puis-je comparer ?
Nous avons là grenouille nonpareille ;
On n’en voit pas au Pays des Merveilles,
Qui la rencontre, il est désemparé.

Vers le printemps, j’en vois deux qui se battent,
Craignant pourtant qu’un faucon ne s’abatte ;
S’il le faisait, j’en serais étonné.

Que d’inventions, que de formes nouvelles
Dont la nature a moyen de s’orner !
Et la présente est l’une des plus belles.

Cochonfucius

Sagesse triple

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Le Bouddha de jadis est de souvenirs plein,
Il les tient bien en ordre, et jamais ne s’en plaint ;
Ces reflets vagabonds qui dans son coeur gravitent
Lui donnent, au contraire, un plaisir sans limite.

Le Bouddha du futur, écoutant les ténèbres,
N’entend ni chant joyeux, ni complainte funèbre ;
Il n’y trouve ni l’oeil d’un perfide ennemi,
Ni celui d’un démon qui de rage frémit.

Le Bouddha du présent n’éprouve nul effroi,
Il parle avec douceur, et plaisante avec moi :
Parfois c’est un Bouddha, mais parfois, c’est un ange
Qui répète les mots de ce poème étrange.

Cochonfucius

Longue randonnée

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L’ermite méditant va par le chemin gris
Parmi quelques buissons qui verdissent encore ;
Les oiseaux s’éveillant dans leur rumeur sonore
Rappellent à son coeur les moineaux de Paris.

Pour ce qu’il fut jadis n’éprouvant nul mépris,
L’homme apprécie toujours cette vie qu’il dévore ;
Tel Diogène autrefois, blotti dans son amphore,
À ses anciens plaisirs donnant encore un prix.

Et pourquoi regretter le rire d’une fille ?
Les oiseaux du chemin lui sont une famille,
Et non plus les bouquins dont il était si fier.

Son âme, n’étant point de mythes abusée,
Danse encore à loisir dans sa cervelle usée ;
Tu lui tiens compagnie, pâle soleil d’hiver.

Cochonfucius

Lilith la tigresse

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Je parvins au-delà des pays montagneux,
Et ce fut une friche inconnue et profonde ;
J’avançais lentement, voyageur besogneux,
Peut-être découvreur, aussi, d’un nouveau monde.

J’entendis un appel qui me rendit nerveux ;
Je vis qu’il provenait d’une tigresse blonde.
Je fus rempli de peur, sans en faire l’aveu,
Ainsi qu’un oiseau craint le tonnerre qui gronde.

Est-ce un rêve ? Mon âme est un rongeur qui fuit
Vers le seuil enchanté des steppes d’émeraude,
Et mon coeur abattu est envahi de nuit.

Autour de la tigresse, une flamme qui luit ;
Je ne m’approche pas, je la trouve trop chaude,
J’ai rencontré assez de périls aujourd’hui.

Cochonfucius

Ambidrome

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L’ambidrome en Garonne, à la saison des glaces,
Il ne craint pas d’avoir l’hiver à ses talons ;
Il connaît du cours d’eau les courants courts et longs,
Oeil toujours aux aguets, nageoire jamais lasse.

Le pêcheur, surveillant toute place où il passe,
N’a plus le temps de boire avec la Madelon ;
Il guette sa venue, car ce poisson, selon
Les meilleurs cuisiniers, tous les autres surpasse.

Il est insaisissable, il ne faut le farder,
Il peut sa liberté paisiblement garder,
Vers le grand Océan, la Garonne l’emporte.

Il ne craint du cuistot la vaine cruauté ;
Mais du fleuve éternel il goûte la beauté
De l’estuaire aussi, qu’il appelle une porte.

Cochonfucius

Dame de sinople

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La dame de sinople a tiré du soleil
Un de ses rayons d’or aux textures secrètes ;
Elle voudrait l’offrir à des anachorètes
En échange, dit-on, d’un miroir de vermeil ;

Le rayon ne va pas regretter ses pareils,
Il a depuis deux ans l’âge de la retraite ;
Plutôt que de dormir parmi les pâquerettes,
Avec la dame il peut partager son éveil.

En perdant un rayon, le soleil point ne saigne,
Et nul anachorète un tel don ne dédaigne ;
Pas plus qu’il ne refuse un anneau de cristal.

Ce trait d’or adoucit la saison rigoureuse,
Il éclaire le coeur ainsi que le mental :
C’est ce que fait aussi la dame savoureuse.

Cochonfucius

Leoromulus et Remusleo

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Ils furent en conflit pour la prise d’un lièvre ;
Était-ce dans le Var, était-ce dans la Nièvre ?
L’antagonisme ancien ne s’est jamais éteint,
Car ils se sont maudits en grec et en latin.

Or, ces deux sont des lions, pas des bestioles mièvres,
Ils se sont combattus dans l’ardeur et la fièvre,
La bataille dura du soir jusqu’au matin,
Sans qu’on en vît surgir d’avantage certain.

Le sang coulait à flots, la mort était en vue,
Leur corps était meurtri et leur âme était nue ;
Ils s’enfuirent tous deux, qui sait à quel désert.

Et depuis ce temps-là, chacun des deux se leurre,
Croyant que l’autre lion sur sa défaite pleure ;
Au mitan du jardin triomphe un serpent vert.

Cochonfucius

Adieux du pélican d’argent

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Image du blog Herald Dick Magazine

Pour la dernière fois, le pélican vint voir
Les beaux oiseaux du jour, aux chansons cadencées ;
Avec qui, si souvent, partageant des pensées,
Il mangeait des poissons dans la clarté du soir.

Oiseaux, frères oiseaux, je n’ai nul désespoir,
Mes plumes sur le sol reposent par brassées,
Les eaux de l’océan me paraissent glacées,
Le plus beau nid d’oiseau me semble un encensoir.

Dévorons ces poissons, ne soyons jamais mornes,
De cette réunion notre joie est sans bornes,
Un fier sens de la blague est entre vous et moi.

Les belles assemblées ne sont pas éternelles ;
Nous avons replié la nappe de dentelles,
C’est la fin de la fête, et la fin de l’émoi.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

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... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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