Sirène poissonnière

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Cette sirène est rose sans épines ;
Neptune aima la douceur de son teint.
L’esprit du dieu, qui jamais ne s’éteint,
Rendit plus vif son coeur en sa poitrine.

Te réchauffant sous ces deux mains divines,
T’en remettant à ce bras qui t’étreint,
Tu exposas, d’un rire non contraint,
Tes blanches dents, comme des perles fines.

Mais de ce dieu, dites-moi ce qu’il reste,
Ni l’océan, ni le monde céleste,
N’abritent plus ces éternels vainqueurs.

Bien prosaïque est devenue la Terre ;
Peu de démons font encore la guerre,
Et ceux-là n’ont aucun dieu dans le cœur.

Cochonfucius

D’un chien et de deux papegaults

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Le chien de la maison coulait des jours heureux,
Ayant peu d’occasions de lancer une alarme ,
Rarement affamé, rarement amoureux,
D”un aimable printemps, il savourait le charme.

Soudain, il crut entendre, à son grand déplaisir,
Son maître qui disait quelques paroles dures.
S’approchant d’une porte, il écoute à loisir ;
Une autre voix répond, et ça dure, et ça dure.

Il s’en trouve perplexe. Il pénètre au salon
Pour trouver la raison de cette humeur acerbe.
Aussitôt détrompé, il se rassure : « Allons,
C’est, de deux papegaults, le ridicule verbe. »

Cochonfucius

 

Le pape Clément V, il s’appelait Pape Gault,
Bertrand de Got, pape en Avignon, homme bordelais.

Méditation du coq du toit

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Blason de Weyersheim

Je contemple d’en haut la cour aux grandes vasques,
Sur le sommet du toit par l’honneur enchaîné.
Je n’imiterai pas le guerrier forcené
Qui s’approche de l’eau pour en emplir son casque;

Je suis un coq gardien, pas un oiseau fantasque,
Pas un jars au jardin par les fleurs fasciné,
Et le vaste horizon, par mes yeux dominé,
En vain, quand vient le soir, de nuages se masque.

En vain, l’orage noir déchaîne ses éclairs,
Leur flamme ne saurait émouvoir Chantecler ;
Son âme d’un orgueil éternel se cuirasse.

Vous pouvez m’admirer, je suis un coq vainqueur,
Vous pouvez m’applaudir et m’offrir votre coeur,
L’héraldicien toujours conservera ma trace.

Cochonfucius

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D’azur au portail d’église d’or, ouvert du champ, perronné de deux pièces, couvert d’un clocher en pointe sommé d’un coq contourné, le tout d’or.

Moine qui lit

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Le moine d’une bible enrichit son séjour,
Dont la tiède saveur patiemment il endure ;
Cela fait plusieurs fois qu’il fait cette lecture,
S’y plongeant chaque nuit, et parfois en plein jour.

Dans le sous-sol il va lire ces mots d’amour,
Des scribes découvrant l’ombrageuse nature ;
Il prend, dans sa cellule, un peu de nourriture
Et glisse, nonchalant, au texte sans retour.

Car lire en une bible est chose assez cruelle ;
Cette tâche, pour lui, peut-être habituelle,
Il en emplit son coeur, il ne s’en lasse point.

En déchiffrant ces mots, c’est chez lui qu’il retourne ;
Il est cousin du dieu qui toujours y séjourne,
Pris dans chaque virgule, aussi, dans chaque point.

Cochonfucius

Lord Smiling Bull

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C’est un seigneur taureau de bovine mémoire ;
Il surprend son troupeau par des rires soudains,
Il peut rire d’un rien, son coeur n’est pas hautain,
Jamais, dans sa carrière, il n’a voulu la gloire.

Il cherche, en ses loisirs, le sens du verbe «croire»,
Il consulta Littré, mais ce fut bien en vain,
Ce fut trop compliqué pour qu’il lui en souvînt,
Donc, sa grande paresse emporta la victoire.

Le Seigneur Smiling Bull a bien peu de rigueur,
Tu ne trouveras rien de sévère en son coeur :
Il ne se prend donc pas pour un être suprême.

Jamais, du personnage, on ne fit un roman,
Mais il dort, puis il veille, ainsi, tout simplement,
Quand l’existence est vide, on survit tout de même.

Cochonfucius

 

Prophète cruciforme

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Il amusait les rois, il effrayait les dames,
Il avait quatre mains, et quatre pieds aussi,
Sa coordination fut un constant souci ;
Mais en son sang brûlait la prophétique flamme.

Prophète que jamais nulle crainte n’entame,
Sur un nuage, ainsi qu’un amoureux transi ;
Jamais contre un pécheur il ne fut endurci,
C’est le sens du pardon qui emplissait son âme.

Vainement les Romains le menacent, alors
Que son ardente foi fait vibrer tout son corps ;
Et de voir le bourreau, ça le laisse de glace ;

Ils ont trouvé du bois de la bonne longueur,
Ils y ont attaché ce héros dont le coeur
Animait bravement une double carcasse.

Cochonfucius

Palais désert

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Les gardes sont absents, les ministres ont fui ;
Et c’en est terminé de la cour rayonnante.
En vain dans le verger se détachent les fruits ;
Le lourd canon du fort n’a plus sa voix tonnante.

La défaite du roi, la révolte éclatante,
Le carrosse esseulé qui roule dans la nuit ;
Nul ne porte attention à sa présence errante,
Il ne sait pas où va son chemin, quant à lui.

Les noirs démons sont là, violents comme des houles,
C’est alors que sur l’herbe, un sanglier déboule :
Il regarde le roi, sans passer à l’assaut…

Le monarque s’approche et lui parle sans fièvre :
Ce sont des mots secrets qui tombent de ses lèvres,
Qu’entend, sous le ciel noir, le sauvage pourceau.

Cochonfucius

Le seigneur Bunnybird

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Le lapin-piaf est sans histoire,
Il n’est jamais effarouché ;
Il a conquis, sans y toucher,
Un confortable territoire.

Sa conscience est aléatoire,
Elle se tient loin du péché ;
Bunnybird jamais n’a triché,
Dans sa douceur est sa victoire.

Près de lui, des corbeaux joyeux
Lissent leur plumage soyeux
Et la truite au ruisseau s’ébroue ;

Il a des souvenirs épars,
Il me les dit sans aucun art ;
De son karma tourne la roue.

Cochonfucius

Archange à ceinture de sinople

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Heureux guerriers gaulois, riant, buvant à flots,
Vous n’étiez certes point de petits angelots !
Aux plus ardents combats, vous alliez, sans armure,
Car la magie du druide éloignait les blessures.

S’il fallait affronter un Romain en champ clos,
Ou de la nef pirate un rude matelot,
Même, un troll invisible, ou d’autres créatures,
Vous n’aviez peur de rien, dans la vaste nature.

Or, celui d’entre vous qui a meilleure mine,
Le porteur de menhirs que la joie illumine,
N’est-il pas un archange, à la face des cieux ?

De sinople, d’argent et d’azur il s’habille,
Liesse et loyauté en son vaillant coeur brillent ;
S’il n’est pas un archange, il est un demi-dieu !

Cochonfucius

Dame vêtue d’azur

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Sa robe fut coupée sur un fruste modèle
Par un petit tailleur aux ruelles du port ;
Le tissu de coton, qu’il cousit bord sur bord,
Fut bleu comme le ciel où vont les hirondelles.

Cette dame d’azur est loin des bagatelles :
De la foi très antique elle est un contrefort,
Elle peut rassurer un enfant qui s’endort ;
Ça ne lui convient pas de s’orner de dentelles.

Le Temps impitoyable avec son balancier,
La Ville désolante aux cavernes d’acier :
Elle a souvent raison de ces deux adversaires,

Quant à nous, qui trouvons les dimanches bien courts,
Nous savons qu’elle est là, même les autres jours,
Surtout le huit septembre, à son anniversaire.

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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