Biche magique

elar.png

image de l’auteur

Invisible pour les touristes,
La biche danse dans les bois,
Où trois lutins jouent du hautbois ;
Et ce spectacle n’est pas triste.

Pour le peindre, il faut un artiste
Qui soit insensible aux effrois :
Le serpent, dont le coeur est froid
Sous ses écailles d’améthyste.

Pour pinceau, des rameaux de buis
Trempés dans l’onde d’un vieux puits,
Sous la lumière presque éteinte.

Son coeur est froid, mais bien profond ;
J’admire ses regards qui vont
Expertiser les demi-teintes.

Cochonfucius

 

L’oiseau de septembre

els2.png

image de l’auteur

Voici le bel oiseau de flammes
Dont le coeur n’est pas engourdi ;
La lumière envahit son âme,
Il entrevoit le paradis.

Il sait rimer des épigrammes
Et des sonnets, on me l’a dit ;
Il l’a fait pour deux ou trois dames,
Ce beau travail fut applaudi.

Il voudrait rencontrer la reine,
Entendre sa voix de sirène,
Toucher sa robe de velours ;

Mais cette reine, un peu mystique,
A dit, devant ses domestiques :
« Ce bel oiseau n’est qu’un balourd. »

Cochonfucius

 

Drac de sable

elsi.png

image de l’auteur

Le drac de sable est fort, son coeur est plein de vie ;
Donne-lui de l’ouvrage, il le fait sans effort,
Offre-lui les périls, il ne craint pas la mort,
Et sa soif de plaisir n’est jamais assouvie.

Par la beauté des cieux, sa grande âme est ravie,
Ou par celle des flots qui enchantent le port ;
Sur ses ailes de monstre, il prend un bel essor
Et s’éloigne en un vol qui jamais ne dévie.

Son plumage est absent, ça ne lui manque point,
Les oiseaux sont servis mieux que lui sur ce point,
Mais il aime les voir, eux qui sont ses semblables.

Or, parfois il se pose, il marche à petits pas,
D’un fruit tombé de l’arbre il fait un bref repas ;
Cette simplicité se montre inégalable.

Cochonfucius

Une incarnation

545px-Blason_Nicolas_Jean-de-Dieu_Soult_(1769-1851)_(Restauration).svg

Blason Nicolas Jean-de-Dieu Soult (1769-1851)

Eve, sans le vouloir, a fait sourire Adam ;
Les voilà tous les deux riant à belles dents,
Et peu de temps après, l’un à l’autre ils se donnent.
Le Créateur caché au jardin s’en étonne.

Car, par leurs sentiments, les humains le désarment.
Ah, comme il a du mal à supporter l’oeil bleu
D’un repentant pécheur, soudain rempli de larmes !
L’homme a pouvoir sur lui dès qu’il est malheureux.

C’est pour cette raison que Dieu devint le père
D’un enfant qui grandit dans une humble chaumière,
D’un enfant dans lequel battait un pauvre coeur
Capable de souffrir et de verser des pleurs.

A présent, Dieu connaît la peine et la souffrance,
Même la plus amère, apportée par l’amour.
Et c’est depuis ce temps (ou du moins, je le pense)
Que Dieu se manifeste avec un peu d’humour.

Cochonfucius

_____

D’or, à l’écusson de gueules, chargé de trois têtes de léopards du premier.

Dans les cieux

ar-az-or

image de l’auteur

Au ciel d’argent, les anges dorment,
Sauf un qui reste à méditer,
Perché sur une branche d’orme
Tout le printemps, et tout l’été.

Au ciel d’azur, le jour se forme ;
Les licornes l’ont invité,
Ça nous fait un plaisir énorme
De découvrir tant de beauté.

Au ciel d’or, un démon vulgaire
Se prépare à partir en guerre ;
Il incline son front méchant.

Rien de nouveau dans les trois sphères ;
Ils ont l’art de ne pas s’en faire,
Ces anges dont j’entends les chants.

Cochonfucius

Nef précaire

elmg

image de l’auteur

Je sais que l’Atlantique est indulgent pour moi,
Car de ma nef précaire est chaque vague éprise ;
Autre que lac paisible, autre que mer exquise,
Camarade océan, je me remets à toi.

Je sais que tu agis selon de justes lois,
Des modestes pêcheurs tolérant l’entreprise :
Quand tu es parcouru d’une charmante brise,
Je n’hésite jamais à t’accorder ma foi.

Si ton âme est parfois en autre humeur encline,
Je laisse aller la nef, ma volonté s’incline,
Je peux bien dériver tout au long des courants ;

Nous savons que la mer a des métamorphoses,
Que la voie du marin n’est pas jonchée de roses,
Mais c’est ainsi qu’il vit, c’est ainsi qu’il est grand.

Cochonfucius

Grand basilic d’or

 

elne.png

image de l’auteur

Le grand basilic d’or aime les mois d’été,
La lumière est pour lui un bienfaisant liquide ;
Il s’étale au soleil, son esprit fait le vide,
La nature et son âme ont la même clarté.

C’est un savant reptile, amateur de beauté,
Savourant la couleur des raisins translucides
Ou le subtil éclat d’un lac aux eaux limpides ;
Mais il aime surtout flâner en liberté.

Puis l’automne s’en vient, les pommes arrondies,
Merveilleux ornement des prés de Normandie,
Autrefois célébrées par Guy de Maupassant.

Les vapeurs du calva chatouillent ses narines,
Faisant vibrer son coeur plus vite en sa poitrine ;
Mais il n’en prend pas trop, cet alcool est puissant.

Cochonfucius

Apothicaire alchimiste

elo1.png

image de l’auteur

L’alchimiste a lentement préparé,
En montrant même un peu de gourmandise,
Une potion qui sent la vieille église,
Ou d’un sous-bois le parfum éthéré.

C’est la potion dont lui-même se grise
Et dont il peut aussi se restaurer ;
Elle est formée d’insectes mordorés,
De chocolat, de lait, de fleurs exquises.

Poudre écrasée au creux d’un mortier lourd,
Jus fermenté au secret d’une alcôve,
Une senteur de fruit, sauvage et fauve,

Sur l’estomac, ce philtre est un velours,
Tout imprégné d’une sagesse pure,
Mais son effet pas bien longtemps ne dure.

Cochonfucius

Rêve de comptoir

rêveT

image de Pierrette

J’ai rêvé qu’au comptoir je mangeais du potage
(La belle tavernière ayant choisi ce gage)
Et qu’afin que j’en fusse un peu plus tourmenté,
La vaurienne l’avait lourdement pimenté.

J’ai rêvé que j’étais un éphèbe élastique
Qui dansait sur le zinc un ballet fantastique ;
La tavernière alors m’inondait de parfum,
Chose que j’acceptai, mais sans plaisir aucun.

J’ai rêvé que, par jeu, la dame déchaînée
Emprisonnait mon corps d’une étreinte effrénée.
Je me disais : pour qui ces jeux incandescents ?
Ça conviendrait bien mieux à un adolescent.

J’ai rêvé qu’à l’auberge arrivait ma maîtresse
Qui  se bornait à rire en voyant ma détresse,
Disant : je connaissais nombre de tes talents,
Mais certes pas celui de dresseur de juments !

Cochonfucius

Sagesse d’une orchidée

elc1.png

image de l’auteur

Cette plante fleurit au coeur du val ombreux
Où fit sa promenade, autrefois, Roland Barthes ;
Sa couleur resplendit quand l’ombre s’en écarte
Et son parfum s’élève au sous-bois ténébreux.

En offrant à l’insecte un nectar savoureux,
Elle sait lui transmettre, avant qu’il ne reparte,
La science du terrain, plus sûre qu’une carte,
Et peut faire confiance à ce bel amoureux.

En sa grande sagesse, ainsi, la fleur demeure
Pour que la poésie du bois jamais ne meure,
Ou du moins, pas avant la mortelle saison.

D’averse et de soleil elle tire sa force,
L’arbre, pour elle, est bon, malgré sa rude écorce ;
Puissions-nous vivre aussi de telles floraisons !

Cochonfucius

 

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

Actualités de WordPress.com

Les dernières nouvelles de WordPress.com et de la communauté WordPress.