Palais désert

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Les gardes sont absents, les ministres ont fui ;
Et c’en est terminé de la cour rayonnante.
En vain dans le verger se détachent les fruits ;
Le lourd canon du fort n’a plus sa voix tonnante.

La défaite du roi, la révolte éclatante,
Le carrosse esseulé qui roule dans la nuit ;
Nul ne porte attention à sa présence errante,
Il ne sait pas où va son chemin, quant à lui.

Les noirs démons sont là, violents comme des houles,
C’est alors que sur l’herbe, un sanglier déboule :
Il regarde le roi, sans passer à l’assaut…

Le monarque s’approche et lui parle sans fièvre :
Ce sont des mots secrets qui tombent de ses lèvres,
Qu’entend, sous le ciel noir, le sauvage pourceau.

Cochonfucius

Le seigneur Bunnybird

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Le lapin-piaf est sans histoire,
Il n’est jamais effarouché ;
Il a conquis, sans y toucher,
Un confortable territoire.

Sa conscience est aléatoire,
Elle se tient loin du péché ;
Bunnybird jamais n’a triché,
Dans sa douceur est sa victoire.

Près de lui, des corbeaux joyeux
Lissent leur plumage soyeux
Et la truite au ruisseau s’ébroue ;

Il a des souvenirs épars,
Il me les dit sans aucun art ;
De son karma tourne la roue.

Cochonfucius

Archange à ceinture de sinople

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Heureux guerriers gaulois, riant, buvant à flots,
Vous n’étiez certes point de petits angelots !
Aux plus ardents combats, vous alliez, sans armure,
Car la magie du druide éloignait les blessures.

S’il fallait affronter un Romain en champ clos,
Ou de la nef pirate un rude matelot,
Même, un troll invisible, ou d’autres créatures,
Vous n’aviez peur de rien, dans la vaste nature.

Or, celui d’entre vous qui a meilleure mine,
Le porteur de menhirs que la joie illumine,
N’est-il pas un archange, à la face des cieux ?

De sinople, d’argent et d’azur il s’habille,
Liesse et loyauté en son vaillant coeur brillent ;
S’il n’est pas un archange, il est un demi-dieu !

Cochonfucius

Dame vêtue d’azur

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Sa robe fut coupée sur un fruste modèle
Par un petit tailleur aux ruelles du port ;
Le tissu de coton, qu’il cousit bord sur bord,
Fut bleu comme le ciel où vont les hirondelles.

Cette dame d’azur est loin des bagatelles :
De la foi très antique elle est un contrefort,
Elle peut rassurer un enfant qui s’endort ;
Ça ne lui convient pas de s’orner de dentelles.

Le Temps impitoyable avec son balancier,
La Ville désolante aux cavernes d’acier :
Elle a souvent raison de ces deux adversaires,

Quant à nous, qui trouvons les dimanches bien courts,
Nous savons qu’elle est là, même les autres jours,
Surtout le huit septembre, à son anniversaire.

Étoile de Hastings

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La comète semble un dieu
À la rigueur absolue ;
On nous en offre une vue
Sur la toile de Bayeux.

Ce bolide est radieux !
Il brille au travers des nues
Et sa forme est inconnue
Mais son cours est gracieux.

Cet astre fait-il du mal ?
Il est comme un animal
Qui mettrait le ciel en crise.

Plane, météore clair :
Il est plus vif que l’éclair,
Ton corps qui se pulvérise.

Cochonfucius

Hildegarde en un sonnet

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Je suis le suprême et l’ardent,
Je suis la lumière de glace ;
La mort en moi n’a point de place,
Car je suis le nouvel Adam.

Et je suis femme, cependant,
Comme Ève, je t’ai vu de face,
Père fondateur des espaces,
Illuminateur transcendant.

Je suis la prêtresse Hildegarde,
J’ai mille secrets que je garde
Pour les dévoiler par amour ;

Je suis la lumière et la vie,
Je suis la muse inassouvie,
La prière est mon seul recours.

Cochonfucius

Ambilion de Prusse

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Ce fauve se souvient d’une main de princesse
Qui de son corps flattait l’assemblage subtil ;
D’avoir senti les doigts froid comme du grésil
Et du rouge velours partagé la richesse.

De la fille du roi la translucide adresse
Porte une volupté, mais qui n’a rien de vil :
Comme d’un vin sucré le parfum volatil,
Comme le fruit très mûr, le raisin que l’on presse.

L’ambilion dans sa cage antique et fatiguée,
Regarde tendrement la princesse intriguée,
Puis médite à loisir, ses beaux yeux se fermant.

Alors il s’accroupit sur la toile azurée
Et rumine en son coeur ses amours mesurées,
Jamais il ne sera le vrai prince charmant.

Cochonfucius

Transfiguration d’un petit lézard

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Ce lézard s’illumine en une apothéose
Bleue et jaune, un habit qu’on dirait de gala.
Flamboyant , très heureux, il voit sa vie en rose,
Il trouve un paradis au jardin que voilà.

En bas, quelques fourmis rangeant diverses choses ;
Les tournesols dorés et les mauves lilas,
Se dressent gentiment. Le lézard se repose,
Savourant le trésor qu’un ange dévoila.

Nul hôte du jardin ne se montre féroce,
La citrouille jamais ne se change en carrosse,
Pas même un chant d’oiseau, le lézard reste coi…

Un bousier surgit, comme un soleil noir… — Au centre,
Un lombric rouge et blanc, très naïf, sur son ventre
S’avance et se tortille, il cherche, on ne sait quoi.

Cochonfucius

Chimère de sable

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Cette obscure chimère, où peut-elle habiter ?
Près d’elle n’acceptant nulle autre créature,
L’isolement convient à sa noble figure,
Elle veut conserver sa gloire et dignité.

Je la connais fort peu, j’ignore, en vérité,
Comment est son logis, quelle en est la structure,
Car, même étant curieux des faits de la nature,
Je ne puis accéder à la la Divinité.

Cette chimère ayant la raison pour partage
Est de son créateur une vivante image ;
Nul ne l’entend cracher, éternuer, vomir,

Je ne me souviens pas de l’avoir vue trop boire,
Animal fabuleux, chimère sans histoire :
Elle passe, il est vrai, tout son temps à dormir.

Cochonfucius

Ambicoq-hirondelle

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L’ambicoq-hirondelle est l’oiseau de Narcisse ;
La flèche du chasseur ne saurait le toucher.
Au tiède poulailler, il n’est pas attaché,
Mais il peut méditer sur un arbre propice.

Sur lui fut un pinard bienfaisant épanché
Dont il but un godet, ce n’était que justice.
Des insectes gloutons l’épargne le supplice ;
Il mange les poissons qu’il parvient à pêcher.

Ô qui pourra chanter ta valeur nonpareille,
Qui donc te décrira, fabuleuse merveille ?
Ceux qui l’ont déjà fait, que leur pouvoir est fort !

Par ta méditation, que mon âme a suivie,
Je sais que tu as su apprivoiser la mort :
Car même ta vieillesse est un trésor de vie.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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