Belette surnaturelle

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La belette magique est compagne d’Orphée,
Sa petite chanson n’est pas pour les goujats :
Et la Grâce toujours, par son zèle échauffée,
Pénètre dans ce cœur que je ne connais pas.

J’ai vu le grand ballet de la belette-fée
Qu’elle dansait au loin, jadis, à petits pas,
J’ai vu qu’elle bravait les édits de Morphée
Et que d’un campagnol elle fit son repas.

La belette de Dieu n’est pas de la racaille,
Mais son coeur, quelquefois, se montre un peu canaille,
Et tout cela, malgré ses dons miraculeux :

Allons, nous l’aimons bien, c’est notre enchanteresse,
Ses deux ou trois défauts n’ont rien de scandaleux,
Elle qui fut nourrie par les dieux de la Grèce !

Cochonfucius

Âne à chroniques

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L’âne raconte, et parfois il soupire ;
En a-t-il vu, des chevaliers transis !
Mais parfois il décrit en raccourci
Des lieux lointains le meilleur et le pire.

Il a connu les palais de porphyre
Gouvernés par des moines sans souci :
Il dit la mort, et les amours aussi,
Il dit enfin plus que je ne sais dire.

Sur cette route il ne fait que passer,
Porteur de grains par grands sacs entassés,
Il apprécie les chemins qu’il explore.

C’est le baudet sans peur et sans émoi,
Âne, tu sais, j’aime écrire pour toi
Qui ce chemin de ton passage honores.

Cochonfucius

Hommage à Liliana Negoi

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Le sombre flot sur la pierreuse grève,
La lune inerte et qui ne le suit point ;
Le flot se brise et se défait sans trêve,
Dentelle ornée d’écume, à petit point.

Écho de vague au coeur de la nuit brève,
Chant de sirène à la douleur qui point ;
En insomnie, je refoule mes rêves,
Dessous ce flot je les scelle avec soin.

L’écume vient d’un passé révolu,
Frappant le bord d’un coeur irrésolu ;
Dépoussiérant des larmes invisibles.

Larmes sur mon visage minéral,
Noir flot sculptant mon désarroi moral,
Cette dentelle est pensée inaudible.

Cochonfucius

 

laced waters
——-

black waters curl along the stony shore –
unscented moonlight fails to keep the pace
and breaks its sheen against them, more and more,
while turning into foam embroidered lace.

besetting ripples, voicing through the night,
adorn with siren echoes my ordeal…
no sleep for me…obsessed, i taste the light
and hide my dreams under the waters’ seal.

those stirring foamy arabesques of past
keep breaking on the shores of my unknown,
from hidden tears they gently wipe the dust

and let them freely carve my face of stone.
black waters curl indeed…from time to time
their lace is just my withered thinking’s rhyme

Liliana Negoi

Nef des vendeurs de minotaures

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Les marchands, protégés par plusieurs déités,
Remontent sur leur nef les fleuves de Saintonge ;
Tous leurs bestiaux sont beaux, ce n’est pas un mensonge,
Rien, pour ces commerçants, ne vaut la vérité.

Les clients sont heureux de cette nouveauté,
À Dédale, à son fils, au labyrinthe ils songent,
Au fil qu’un visiteur dans les couloirs allonge,
Au premier Minotaure, empli de cruauté.

Ceux-là sont sans danger, car ils sont en bas âge,
Monstres qui volontiers acceptent le servage
Et qui s’efforcent d’être utiles pour l’humain.

Le village est en fête, on a fleuri la place,
Les petits éleveurs boiront jusqu’à demain :
Qui voit un minotaure est en état de grâce.

Cochonfucius

Regard

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Vois les yeux de l’artiste et les yeux du modèle :
Chaque regard pour l’autre a des reflets fidèles.

Il veut dire le corps, sans aucun vêtement,
Tel qu’en une chambrette il dort tranquillement.

Légèreté du trait, finesse du visage
Indifférent aux bons et aux mauvais présages.

Peignant la chevelure en un revers de main,
Il soigne le tracé du sourire carmin.

Il croque le menton qui a dansé de rire,
Comme une toupie danse aux accords de la lyre.

Cochonfucius

L’oie de la nutrition

 

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Une oie se nourrissait de l’herbe qui foisonne,
Passant des jours heureux dans les prés verdissants;
Mais peu longtemps dura ce bonheur florissant,
Vint l’aigle qui ses plats de douleur assaisonne :

Dans la sérénité du champ que l’on moissonne,
La grande oie se compare à du blé blondissant
Ainsi qu’à du maïs bellement jaunissant
Ou encore au festin qu’un cuisinier façonne.

Et, se montant stoïque, autant qu’un vieux Romain,
Elle dit « Je remets mon âme entre les mains
Des dieux qu’on adorait aux époques antiques. »

Sans doute, elle a raison, l’aigle n’est qu’un glaneur,
Puisque tout prédateur se nourrit des reliques
D’un autre corps nourri par le bon moissonneur.

Cochonfucius

Douceur éléphantine

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Cet éléphant, loin d’être fou,
Est un partenaire très doux ;
Nous le maquillons pour nos fêtes,
L’un de nous monte sur sa tête.

L’éléphant veut bien boire un coup ;
Ça ne nous coûte que trois sous,
Le vendeur de bière est honnête,
L’éléphant devant lui s’arrête.

Avec lui, nous batifolons
Et nous découvrons des merveilles ;
Il nous transporte nos bouteilles.

Mais au bout d’un trajet bien long,
Ce beau pachyderme sommeille,
Rêvant qu’il voyage en ballon.

Cochonfucius

Un exorcisme

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Sans ces mots, nous irions vers le côté obscur ;
Avec eux, notre mal de vivre se déchaîne.
Or, ne nous dites pas que la chose est obscène :
Un poète a le droit d’écrire sur un mur.

Ne dites pas, non plus, que le langage est dur.
Il peut charmer le spleen, et adoucir la peine ;
Il peut mettre un sourire aux lèvres d’une reine,
Il peut aider un coeur à se rendre plus pur.

Comme un petit Poucet jonchant le sol de pierres,
Ou comme un pèlerin qui sème des prières,
En les marquant de mots j’ai parcouru ces lieux.

Prends ton temps, toi qui lis, prends ton temps pour les lire,
Il m’a fallu du temps pour savoir te les dire,
Mots venus du profond de mon coeur déjà vieux.

Cochonfucius

Bélier-licorne

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C’est le bélier-licorne, un animal moqueur !
De ses deux frêles voix, il chante avec délice
Le spleen du charpentier noyé dans son calice ;
Nulle pitié ne règne au fond de ses deux coeurs.

Il a pour seul copain le grand soleil vainqueur
Qu’il aime accompagner dans les cieux d’azur lisse ;
Ces jours-là, le bonheur au fond de lui se glisse
Comme au fond de son ventre une forte liqueur.

Quand la faim le tenaille, il dévore des roses,
Disant : l’horticulture est une belle chose,
On ne peut pas toujours brouter les fleurs des champs.

À l’heure de la sieste, il ne fait pas mystère
D’allonger son grand corps auprès d’une bergère ;
L’animal, pour le coup, n’a plus rien de méchant.

Cochonfucius

Ambipiaf de gueules

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image  de l’auteur

De gueules, l’ambipiaf à la démarche lente
Ne proteste jamais contre l’adversité ;
Il accepte le poids de la nécessité,
Sans cesser de mener une vie indolente.

Il aime, au poulailler, la volaille parlante
Dont il ne peut avoir nulle postérité ;
Il contemple le monde et sa fragilité,
L’humaine frénésie lui semblant insolente.

Jamais il ne se plaint de la rigueur du sort,
Il sait que l’existence aboutit à la mort,
Mais que la dure loi est parfois compensée

Par un léger bonheur qui vient à petits coups ;
Il ne sait pas quoi faire avec cette pensée,
Cette règle du jeu ne lui dit rien du tout.

Cochonfucius

 

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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