Sagesse ducale

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De la forêt nocturne il aime les feuillages,
Les grands troncs, même ceux qui furent mutilés,
Les ermites songeurs, les bardes exilés
Et du cousin Corbeau le surprenant ramage.

Car le grand-duc n’est pas un goéland de plage,
Tu ne le verras point vers les vagues filer,
Ni prendre du poisson dans son bec affilé ;
Jamais le sel marin ne charge son plumage.

Il ne veut rien savoir du mouvement des flots,
Il préfère cent fois la danse des bouleaux
Et le reflet d’argent des feuilles sous la lune.

Tels sont les grands hiboux, selon ce que j’ai lu,
Indifférents toujours au flux et au reflux,
Et jamais ne creusant de terrier dans les dunes.

Cochonfucius

Ronde table de sinople

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Huit oncles sont à la sous-préfecture,
Assis en rond pour boire et manger bien,
Parlant aussi, dans un calme olympien,
Car s’agiter n’est point dans leur nature.

Leurs gais propos sont sur la nourriture,
Sur la beauté du règne macronien,
Sur des sujets sans rapport et sans lien ;
Je ne saurais les mettre en écriture.

Ce souvenir, cependant, mon coeur veut
Le conserver, en fidèle neveu,
De gens plaisants et parfois un peu lestes.

Je n’ai pas su toujours vous dire adieu,
Gentils parents, aimables petits vieux,
Oncles dormant au royaume céleste.

Cochonfucius

Région de verts daims

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Cette forêt gauloise a des senteurs d’airelles ;
Aux clairières, ce soir, les lapins sont assis.
Le feuillage d’été nous semble une aquarelle,
L’écureuil se promène, et la fauvette aussi.

Quelques daims de sinople, à la ramure frêle,
Suivent, par les sentiers, un parcours imprécis ;
Je les vois grignoter la fougère et la prêle,
J’entends la pie lancer son appel indécis.

La forêt ne produit nulle frayeur soudaine,
Ce jour est bienveillant pour les daims et les daines ;
L’eau des petits ruisseaux s’écoule en murmurant.

Un vert daim reste aveugle à tout ce qui l’entoure,
Sauf au ton délicat des plantes qu’il savoure,
C’est sa raison de vivre, et c’est son carburant.

Cochonfucius

Vaillante nef de sable

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L’Océan Pacifique a des flots turbulents,
Et quand on le parcourt, on est loin de la terre ;
Ces parages lointains ont vécu plusieurs guerres,
Mais sur la nef de sable, on est fort indolent.

On y mange du crabe et du poisson volant,
Et chacun boit du rhum, comme un vaillant corsaire;
Nul ne sait où s’en va ce navire qui erre
Sur les courants profonds en la mer circulant :

Aucun souci du but, les marins sont dispos,
Ou par temps de labeur, ou par temps de repos,
Je les entend chanter quelques chansons de France.

Leur talent poétique est aussi déployé,
Et, tout au long du jour, il est bien employé,
Rhapsode et matelot sont une fine engeance.

Cochonfucius

Arbre-Chevalier

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L’arbre porte un écu de bataille aujourd’hui,
C’est ce qu’il fait, dit-on, chaque fois qu’il est ivre ;
En été sous la feuille, en hiver sous le givre,
Ceux qui l’ont vu ainsi, pour la plupart, ont fui.

L’arbre dit que la guerre est un métier pour lui ;
Que du gris quotidien, les combats le délivrent,
Que porter une armure est sa raison de vivre
Et que c’est un moyen pour surmonter l’ennui.

Cependant la forêt n’est pas à l’agonie,
Elle se porte bien, nul arbre ne le nie,
Et se battre est souvent le fait d’un malappris.

Ce rôle de soldat qu’à lui-même il assigne,
Cet écu de métal dont il est tant épris,
De sa sénilité, sans doute, sont le signe.

Cochonfucius

 

Un coing tranquille

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Ô coing béni des cieux, favori de Narcisse,
La décomposition ne saurait te toucher :
Au rameau verdoyant, tu te tiens attaché,
Tu as mûri longtemps sur un arbre propice,

Sur toi fut un brouillard bienfaisant épanché,
Et tu l’as mérité, ce n’était que justice.
Les insectes gloutons t’épargnent leurs supplices ;
Tu es plus délicat que le fruit du pêcher.

Ô qui pourra goûter ta saveur nonpareille,
Qui te possédera, fabuleuse merveille ?
Celui qui te détient, que son pouvoir est fort !

De ta maturation, que mon âme a suivie,
Je sais que de longtemps n’en adviendra la mort :
Un coing de bon aloi doit faire une eau-de-vie.

Cochonfucius

Photosynthèse

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La plante absorbe le soleil
Tout en gardant les pieds sur terre ;
Son voisin, l’arbre solitaire,
A déjà quelques fruits vermeils.

La plante est souvent en éveil,
Captant les rythmes planétaires ;
Des chercheurs universitaires
Mesurent son temps de sommeil.

Autour d’elle, tout est splendide,
Le jardin n’a rien de sordide,
C’est un inimitable lieu.

La plante est naïve et candide,
Sa feuille regarde les cieux ;
Car elle a d’invisibles yeux.

Cochonfucius

Duchesse emplumée

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Elle a dansé sur la nocturne rive,
Et trois ondins alors ont applaudi ;
Et l’autre soir, le plus ancien m’a dit
Qu’ils sont heureux quand telle chose arrive.

La duchesse est d’une blancheur naïve,
Mais son savoir est très approfondi ;
Et je la vois, dans ce monde assourdi,
Valser toujours par-dessus l’onde vive.

Le vieux castor, et la loutre, et le rat,
Le bûcheron et son robuste bras,
Tout un chacun dans son doux chant se noie.

Le fier chasseur a déposé son arc,
Le noble cerf s’est éloigné du parc,
De la duchesse ils deviennent la proie.

Cochonfucius

Canidé volant

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Ce canidé volant ne dit pas de mensonges,
Il fréquente surtout des lieux inhabités ;
Une proie pour lui seul, son repas se prolonge,
Il mange des morceaux qui lui ont peu coûté.

Tu dis de cet oiseau qu’il n’existe qu’en songe,
J’entends cette objection sans en être irrité :
Je me complais souvent au rêve où je me plonge,
Rêve qui m’attendrit, dans sa simplicité.

Je suis un habitant des antiques provinces,
J’aime l’amusement, et mon savoir est mince,
D’un poème s’emplit ma cervelle d’oiseau.

Je cueille des raisins sur ma modeste treille,
Puis je taille mon lierre avec de grands ciseaux :
Au jardin, comme moi, s’activent des abeilles.

Cochonfucius

Danseur vêtu d’azur

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Le danseur est venu pour amuser l’ermite
Dans un jardin désert, où sont de vieux tombeaux.
Il imite un guerrier, c’est bizarre et c’est beau,
C’est le dévoilement d’un rêve sans limite.

Car son esprit, avec un art toujours nouveau,
Sait se moquer de tout, sans qu’on ne s’en irrite.
La narratologie merveilleuse l’habite
Et ce fier combattant danse avec son cerveau.

Ermite, tu n’as point fait venir une femme,
Ton comparse eût dansé pour cette innocente âme
Qui de son lent ballet apprécie la beauté ;

Mais tu veux être seul avec ce fils des Anges,
Ensemble vous prendrez de ce breuvage étrange
Qui vous procurera la sainte Ébriété !

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

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