Ambipiaf de gueules

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De gueules, l’ambipiaf à la démarche lente
Ne proteste jamais contre l’adversité ;
Il accepte le poids de la nécessité,
Sans cesser de mener une vie indolente.

Il aime, au poulailler, la volaille parlante
Dont il ne peut avoir nulle postérité ;
Il contemple le monde et sa fragilité,
L’humaine frénésie lui semblant insolente.

Jamais il ne se plaint de la rigueur du sort,
Il sait que l’existence aboutit à la mort,
Mais que la dure loi est parfois compensée

Par un léger bonheur qui vient à petits coups ;
Il ne sait pas quoi faire avec cette pensée,
Cette règle du jeu ne lui dit rien du tout.

Cochonfucius

 

Blason lunaire du coq de sable

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La grandeur qu’à ce coq il advint d’acquérir,
Lui faisant éclipser la gloire paternelle,
Sur son blason lui vaut une lune éternelle,
Comme duc il ira sa fortune quérir.

Et même si la lune en venait à périr,
La noblesse du coq resterait immortelle :
Car ses mérites sont d’une abondance telle
Qu’un astre face à lui ne peut surenchérir.

L’honnête basse-cour où son devoir le lie
Plus grande lui paraît que Rome en Italie ;
Il n’irait point régner sur ces bords étrangers.

La lune et Jupiter, et le soleil encore,
Et Saturne au lointain, que ses anneaux décorent
Sous le pouvoir du coq sont venus se ranger.

Cochonfucius

Ouroboros multiprise

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Multiple ouroboros, de joyeuse mémoire,
À peine le voit-on, qu’il s’avale soudain,
Ne laissant que son rire, et son regard hautain,
Forcé de disparaître à son heure de gloire.

Je l’ai souvent décrit, nul n’a voulu me croire,
Je vous l’ai dessiné, mais ce fut bien en vain,
Je faisais tout cela pour qu’il vous en souvînt,
Mais non, votre bon sens remporta la victoire.

J’avais mis dans mon texte une telle rigueur,
Je m’étais appliqué, aussi, de tout mon coeur,
Je n’ai pu surmonter votre dédain suprême.

Mais bon, je ne vais pas vous en faire un roman,
Car mon récit, plutôt, finira simplement :
Je n’ai qu’à devenir ouroboros, moi-même.

Cochonfucius

Monseigneur le Dauphin

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Monseigneur par ces lieux ne passe pas souvent ;
J’admire, quand il vient, sa grâce plus qu’humaine.
De Garonne le flot l’emporte et le ramène,
Il est plein de bonté pour ses humbles servants.

Il salue quelques nefs qui le vont poursuivant,
S’en approche à son tour et les rejoint sans peine ;
Chacun prend son plaisir dans cette course vaine,
La nef et le dauphin sur les ailes du vent.

Pour ce noble seigneur la vie n’est pas cruelle,
Il veille à profiter de ses joies rituelles,
Et je trouve que c’est un exemple pour moi.

Je veux lui ressembler, si c’est chose possible,
Avoir un esprit libre et débordant de foi,
À la beauté du monde infiniment sensible.

Cochonfucius

 

Moulin fatidique

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Le Cavalier suédois vint ici en maraude ;
Le moulin fut baigné d’un hivernal soleil,
Les frelons du bocage étaient en plein sommeil,
Sous la neige dormait la prairie d’émeraude.

Dangereux sont les champs, tant de soldats y rôdent !
Officier, malfaiteur, après tout, c’est pareil :
Le meunier verse aux deux le breuvage vermeil,
En bas de l’édifice est une pièce chaude.

Du soleil à présent s’affaiblit le rayon ;
Des archanges, légers comme des papillons,
Se cachent dans un arbre à l’immobile sève.

Assez rapidement, le lecteur perd le fil,
Maître Léo Perutz est un auteur subtil,
Il raconte une vie plus étrange qu’un rêve.

Cochonfucius

Sapience du Bouddha

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Bouddha n’est pas le fils de Prométhée,
Nulle grillade il ne va dévorant ;
Tu ne le vois jamais s’enamourant
D’une beauté qui lui est présentée.

Or, sa grande âme, à la flamme apprêtée,
Prend soin d’autrui qui soudain va mourant,
Cet humain dont la voile déventée
Au fil du vent ne va plus espérant.

Ne crains donc rien, plébéien misérable,
Ne lâche point la charge qui t’accable,
Tu peux chanter au seuil de ton trépas.

Le grand Bouddha ressemble à la Tortue,
Car sa lenteur ne le retarde pas,
C’est sans effort que son coeur s’évertue.

Cochonfucius

Vigne prodigieuse

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Ces merveilleux raisins qui l’arc-en-ciel reflètent
Ont-ils aussi le goût des astres, qui le soir
Se contemplent en eux, ainsi qu’en un miroir,
Même s’il est porteur d’une image incomplète ?

La lune de septembre à ce vignoble prête
Une blanche lueur, pâle sur un fond noir ;
Le pampre qui frémit sous un masque d’espoir
Rêve du vin, des chants et des cris de la fête.

La vigne boit le feu du soleil jamais las,
Elle garde l’empreinte anonyme des pas
Des patients vignerons qui la veulent féconde.

Car elle est l’Avenir de nos joies, de nos pleurs,
Du printemps verdissant notre terre profonde,
Et surpasse la grâce irréelle des fleurs.

Cochonfucius

Gardien de sinople

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Face à lui, nul démon ne prendra son essor ;
Il ne redoute ici ni monstre ni Méduse,
Ni les enchantements que le sorcier diffuse,
Ni l’archange pervers qui descend du ciel d’or.

Il va sur la toiture, il s’approche du bord,
Dévorant les morceaux que nul ne lui refuse ;
Son âme est fort vaillante, et nullement confuse,
Il garde le palais sur tribord et bâbord.

Les diables du lointain peuvent venir par groupes,
Ils auront toujours peur qu’il leur morde la croupe ;
Ils seront emportés par le flot vagabond ;

Ici, nul chevalier ne brandit une lame,
Nul défenseur humain ne se dresse d’un bond :
Car ils préfèrent boire, ainsi qu’ils le proclament.

Cochonfucius

Splendeur de Maître Coq

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Pour lui, la basse-cour est une vaste plaine ;
Le Seigneur Coq médite, en son fief isolé,
De poules entouré, d’éperviers survolé,
Son esprit connaissant le plaisir et la peine.

Il ne va sur les flots parler à la sirène,
(Ces dames, cependant, savent fort bien parler),
En ses songes nocturnes, il peut la contempler,
Il a de l’affection pour sa figure humaine.

«Vieux coq, accepte à boire, et puis, raconte-moi
Si le chien de la ferme est aimable avec toi,
Si l’on ne te prend point des plumes pour écrire.»

«Rhapsode, je vis bien, tu ne verras ici
Pas le moindre animal se faisant du souci,
Et même, le cochon passe son temps à rire. »

Cochonfucius

 

Combat sans armes

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L’arme de la vestale est le désarmement,
C’est son armure aussi, ce sont ses armoiries ;
Mais l’arme du démon n’est que bouffonnerie,
Qui, le jour du combat, s’exerce vainement.

L’arme de la vestale est le respect des morts,
Mais l’arme du démon, c’est le goût du naufrage,
C’est le torrent qui veut fracasser le barrage ;
Cette arme à son porteur réserve un triste sort.

L’arme de la vestale est le goût de l’espoir,
Mais l’arme du démon n’est qu’un flacon d’absinthe
Dont il tire souvent des joyeusetés feintes,
Puis se soumet, bien ivre, à l’approche du soir.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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