Quatre récits

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Ces quatre narrateurs, qui peut les imiter ?
Ils ont vu de l’amour la secrète puissance,
Ils ont vu d’un errant la tranquille assurance ;
Ils racontent cela, dans leur simplicité.

Était-ce pour le monde une nécessité
De faire à des puissants perdre leur arrogance ?
Les écrits d’autrefois ont répondu d’avance,
Eux qui vont décrivant le monde illimité.

Quand cet arbre de mort devient arbre de vie,
L’homme voit qu’un Sauveur au jardin le convie,
Dont les quatre témoins rapportent le discours.

Le livre est un garant qui jamais ne trépasse ;
Il suffit qu’un lecteur le récite à voix basse
Pour qu’il porte avec joie la pesanteur des jours.

Cochonfucius

 

Théophile à Roncevaux

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image de Pierrette

La vallée retentit d’une clameur si forte
Que Charlemagne au loin l’entendit clairement :
Vers l’Espagne il revint, chargé de son tourment,
Puisqu’au fond de son coeur l’espérance était morte.

Jamais un empereur n’a souffert de la sorte.
Ce qu’il voit devant lui, c’est son neveu Roland ;
Ce qu’il voit dans les cieux, c’est Saint Michel volant
Qui dans ses blanches mains l’âme du mort transporte.

L’empereur est courbé, il sent qu’il est bien vieux,
Le gazon est mouillé des larmes de ses yeux
Et la raison lui est plus qu’à demi ravie.

Il s’en remet à Dieu, quant à son propre sort.
Il n’a plus le vouloir de poursuivre sa vie,
Mais ce serait péché de désirer la mort.

Cochonfucius

Héron de Gironde

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image de l’auteur

Grand héron de Gironde, échassier fort subtil,
Nous te voyons danser dans la verte nature ;
Au bord d’un long cours d’eau, tu cherches ta pâture,
Le poisson le plus noble ou le ver le plus vil.

Tu dégustes septembre et tu goûtes avril,
Sur le clair littoral, tu pars à l’aventure,
Héron plein d’optimisme, heureuse créature
Que ne rebute point l’effort ou le péril.

Je sais que cet oiseau ne manque pas d’audace,
Ça ne me gêne pas qu’il soit un peu vorace,
Car à l’écosystème il ne fait que du bien.

Admirable est son corps et paisible est son âme ;
À l’heure où le Ponant prend des couleurs de flamme,
Il admire ce monde où ne lui manque rien.

Cochonfucius

Sagesse d’une coquille

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image de l’auteur

Saint-Jacques, tu écris des poèmes d’amour ;
Tu as le souvenir d’une Aphrodite nue
Que tu fis naviguer par les mers inconnues,
Dans la splendeur des nuits, sur l’écume des jours.

Le corps de la déesse a pu te sembler lourd,
Mais pour elle, aussi bien, tu atteindrais les nues
Ou même l’inframonde aux sombres avenues,
Aux charmes de Vénus ton grand coeur n’est pas sourd.

Puisse ta poésie ne pas être étouffée ;
Tu ne la produis point pour gagner des trophées,
Tu ne l’annonces point en battant le tambour.

Les muses savent bien que tu leur fais la cour,
Et comme, paraît-il, elles sont un peu fées,
Tu gagneras peut-être un corps de troubadour.

Cochonfucius

Ornithologie onirique

oiseau d'or

image de Pierrette

Quelques oiseaux, leur chant n’est entendu qu’en rêve.
Jamais l’oeil éveillé ne voit leurs plumes d’or
Qui charment nos regards, toutefois, quand on dort,
Surtout pendant l’été, lorsque les nuits sont brèves.

Chantez, oiseaux de nuit, chantez pour la licorne
Mélancoliquement foulant le macadam :
Chantez pour le routard, de retour d’Amsterdam,
Et pour l’année sans fin, et pour la nuit sans bornes.

Quelques oiseaux, leur chant n’est entendu qu’en songe,
Je dis que d’autant plus en est le ton charmeur
(Car subtil et sensible est le goût d’un dormeur !)
Mais enfin, attention ; c’est peut-être un mensonge.

Cochonfucius

Biche magique

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image de l’auteur

Invisible pour les touristes,
La biche danse dans les bois,
Où trois lutins jouent du hautbois ;
Et ce spectacle n’est pas triste.

Pour le peindre, il faut un artiste
Qui soit insensible aux effrois :
Le serpent, dont le coeur est froid
Sous ses écailles d’améthyste.

Pour pinceau, des rameaux de buis
Trempés dans l’onde d’un vieux puits,
Sous la lumière presque éteinte.

Son coeur est froid, mais bien profond ;
J’admire ses regards qui vont
Expertiser les demi-teintes.

Cochonfucius

 

L’oiseau de septembre

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image de l’auteur

Voici le bel oiseau de flammes
Dont le coeur n’est pas engourdi ;
La lumière envahit son âme,
Il entrevoit le paradis.

Il sait rimer des épigrammes
Et des sonnets, on me l’a dit ;
Il l’a fait pour deux ou trois dames,
Ce beau travail fut applaudi.

Il voudrait rencontrer la reine,
Entendre sa voix de sirène,
Toucher sa robe de velours ;

Mais cette reine, un peu mystique,
A dit, devant ses domestiques :
« Ce bel oiseau n’est qu’un balourd. »

Cochonfucius

 

Drac de sable

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image de l’auteur

Le drac de sable est fort, son coeur est plein de vie ;
Donne-lui de l’ouvrage, il le fait sans effort,
Offre-lui les périls, il ne craint pas la mort,
Et sa soif de plaisir n’est jamais assouvie.

Par la beauté des cieux, sa grande âme est ravie,
Ou par celle des flots qui enchantent le port ;
Sur ses ailes de monstre, il prend un bel essor
Et s’éloigne en un vol qui jamais ne dévie.

Son plumage est absent, ça ne lui manque point,
Les oiseaux sont servis mieux que lui sur ce point,
Mais il aime les voir, eux qui sont ses semblables.

Or, parfois il se pose, il marche à petits pas,
D’un fruit tombé de l’arbre il fait un bref repas ;
Cette simplicité se montre inégalable.

Cochonfucius

Une incarnation

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Blason Nicolas Jean-de-Dieu Soult (1769-1851)

Eve, sans le vouloir, a fait sourire Adam ;
Les voilà tous les deux riant à belles dents,
Et peu de temps après, l’un à l’autre ils se donnent.
Le Créateur caché au jardin s’en étonne.

Car, par leurs sentiments, les humains le désarment.
Ah, comme il a du mal à supporter l’oeil bleu
D’un repentant pécheur, soudain rempli de larmes !
L’homme a pouvoir sur lui dès qu’il est malheureux.

C’est pour cette raison que Dieu devint le père
D’un enfant qui grandit dans une humble chaumière,
D’un enfant dans lequel battait un pauvre coeur
Capable de souffrir et de verser des pleurs.

A présent, Dieu connaît la peine et la souffrance,
Même la plus amère, apportée par l’amour.
Et c’est depuis ce temps (ou du moins, je le pense)
Que Dieu se manifeste avec un peu d’humour.

Cochonfucius

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D’or, à l’écusson de gueules, chargé de trois têtes de léopards du premier.

Dans les cieux

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image de l’auteur

Au ciel d’argent, les anges dorment,
Sauf un qui reste à méditer,
Perché sur une branche d’orme
Tout le printemps, et tout l’été.

Au ciel d’azur, le jour se forme ;
Les licornes l’ont invité,
Ça nous fait un plaisir énorme
De découvrir tant de beauté.

Au ciel d’or, un démon vulgaire
Se prépare à partir en guerre ;
Il incline son front méchant.

Rien de nouveau dans les trois sphères ;
Ils ont l’art de ne pas s’en faire,
Ces anges dont j’entends les chants.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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