Sirène hauturière

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La sirène est rêveuse et n’est pas endormie :
«Sirène, réponds-nous, que pouvons-nous pour toi ?»
La belle nous ignore, on n’entend point sa voix,
Il serait malaisé de s’en faire une amie.

«Sirène, saurais-tu soigner nos maladies ?»
De telle créature un silence a son poids,
Elle veut être seule, et nul ne sait pourquoi ;
Cette dame, pourtant, n’est pas une étourdie.

Mais peut-être, elle attend que vienne un fils de roi,
De ces princes charmants qu’on ne voit qu’une fois,
De ceux qui ont pour eux la grâce et la puissance.

Donc, nous repartirons aux liquides chemins,
Sauf si par aventure et par un coup de chance
Nous reçoit le triton, notre cousin germain.

Cochonfucius

Seigneur Aquatique

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Le seigneur aquatique est des épaves maître ;
Un océan le sait, les siècles le sauront,
C’est un vaillant guerrier, vainqueur sur tous les fronts,
Car le moindre combat fait son triomphe naître.

Il a mille barons, dont pas un ne fut traître :
Puissant est le rameau quand solide est le tronc.
Les nobles des grands fonds ne sont pas des larrons,
À la royale cour, ils sont fiers de paraître.

Ils ont de beaux poissons, par immenses troupeaux,
Une gloire embellit leur écailleuse peau,
Un espadon d’argent les bénit de sa lance.

Ils dorment à présent, ne faisons pas de bruit,
Car ils aiment songer dans le plus pur silence,
Dans leur éternité, dans la mer, dans la nuit.

Cochonfucius

Voracité d’une coccinelle

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Se nourrit-elle de lumière
Ou de fine poussière d’or ?
Elle apporte plutôt la mort
À la foule puceronnière.Boit-elle des litres de bière
Ou des alcools plus ou moins forts ?
Elle abreuve plutôt son corps
De fine rosée printanière.

Ce breuvage la rafraîchit ;
Et de l’herbage elle surgit
Pour s’envoler à l’aventure.

Vers le firmament s’élevant,
La coccinelle dans le vent
Semble régner sur la nature.

Cochonfucius

Cygne d’étang

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Exhibant sa blancheur à la saison nouvelle,
Il couve du regard le terroir qu’il chérit ;
Car ce n’est nullement un cygne de Paris,
Mais du plus bel étang, celui des demoiselles.

Envers cet emplumé, la vie n’est pas cruelle,
Il s’abreuve au ruisseau qui jamais ne tarit,
Puis il pêche la carpe, et point ne dépérit ;
Ce n’est pas un bestiau qui mange à la gamelle.

Il remercie le ciel à chaque jour nouveau,
La douceur de la brise et la fraîcheur de l’eau,
Bien satisfait d’avoir ce que son coeur demande.

Vivre comme cela, ne jamais trop penser,
Laisser les jours s’enfuir et les poissons danser,
C’est ce que le bon sens du cygne recommande.

Conchonfucius

Seigneur griffon d’or

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C’est le Seigneur Griffon, puissante créature,
Ange majestueux, du haut du ciel jeté,
Dont le pelage d’or est de toute beauté,
Dont est dure la griffe et forte l’ossature.

Car ce monstre volant, à la noble figure,
Par les vices du temps ne sera point tenté,
Son corps et son esprit sont en bonne santé,
Ses ailes dans le vent sont de belle envergure.

Atteindre l’horizon, voilà quel est son jeu,
Aller jeter un oeil sur le jardin de Dieu
Aux beaux fruits rayonnants, aux terrasses fleuries.

Pour la consolation de ce griffon rêveur,
Dieu lui propose un verre, il trinque en son honneur,
Et le diable s’invite en cette beuverie.

Cochonfucius

Monstrueux jongleur

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Aux ruines du palais, la musique est charmante,
Et d’y passer la nuit le public est tenté ;
Un vieux compositeur ne cesse d’inventer
Des airs bien entraînants que les courtisans chantent.

Leurs fantômes sont là, dans les pierres dormantes,
Celui du barde dit quelques mots enchantés,
C’est un curieux endroit que ce manoir hanté,
Un jongleur inconnu montre une danse lente.

Quelques chauves-souris surviennent maintes fois,
Et la salutation de leur petite voix
Traverse sans souci l’obscurité profonde.

Vous verriez tout cela, si rêver vous vouliez,
Ce songe, par exemple, et d’autres par milliers,
Auprès d’un château mort, non loin d’un inframonde.

Cochonfucius

Au hasard d’un lézard

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C’est presque le phénix des hôtes de ces lieux,
Ce bizarre lézard qui grimpe à la tonnelle ;
C’est un bel invité de la saison nouvelle,
C’est un plaisant reptile, un favori des cieux.

Jadis, il apportait les messages des dieux,
Investi du pouvoir de leur grâce immortelle ;
Il descendait du ciel de lumière éternelle
Pour que notre bas monde, enfin, se portât mieux.

Ce messager céleste éloigne la misère,
Il nous fait oublier que nos vies sont amères ;
D’un accueil souriant faites-lui la faveur.

Quelques vivants sont là, si joyeux, quoi qu’on fasse,
Que nous en oublions notre condition basse :
Un lézard de hasard sera notre sauveur.

Cochonfucius

La Dame Robinsonne

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La Dame Robinsonne occupe un grand îlot,
Contente de laisser sa solitude éclore,
Aimant le crépuscule, et préférant l’aurore,
Le silence du ciel, le murmure des flots.

Dame de cour, jadis, au milieu des complots,
Elle en cultive un peu le souvenir, encore
Et retrouve l’écho des discussions sonores,
Des rires contenus, des soupirs, des sanglots.

Au coeur de l’océan, rien de tel ne s’enfante,
Jamais il n’est question d’intrigues triomphantes,
Le seul qui peut troubler cet ordre, c’est le vent.

Ce poème qui dit la solitude humaine
Raconte aussi les jours sans amour et sans haine,
Et le jardin qui dort dans le soleil levant.

Cochonfucius

L’oiseau de juin

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Il assourdit son chant pour parler d’autre chose,
Cet oiseau que l’on voit tourner autour des fleurs :
Son appel surprenant évoque une douleur
Qui tantôt se réveille et tantôt fait la pause.

Sa demeure, un palais dont les portes sont closes,
Avec douze valets d’une étrange pâleur ;
Les murs de chaque pièce ont perdu leurs couleurs,
Mais aux vastes jardins sont de tardives roses.

La plainte de l’oiseau sonne comme un cristal
Qui recevrait les coups d’un outil de métal ;
On dirait le refrain d’une chanson blafarde.

Le poète, à l’entendre, est un peu stupéfait,
Nous le voyons pensif, et son esprit s’attarde
Sur la mélancolie de ce bonheur défait.

Cochonfucius

Ambitourterelle

slope

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Quand vous rencontrerez une ambitourterelle,
Ne devenez jamais son tourtereau filant ;
La vie est si rapide, et l’amour est si lent,
Seuls savent les mourants que cette vie fut belle.

Ce qu’elle a de plus noble : elle est toujours nouvelle,
Jamais ne revenant sur son propre bilan.
Jamais ne rappelant les faits obnubilants,
Toujours reconnaissant n’être pas éternelle.

Le poète l’ignore, et, tranquille et dispos,
Par des mots ténébreux se prépare au repos.
Ne gardant pas en lui cette crainte accroupie

Envers qui mon lecteur n’aurait que du dédain.
J’ai composé cela, j’écrirai mieux demain,
Charmantes sont parfois les ruses de la vie.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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