Meneuse de loups

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Son bâton n’est pas en ivoire,
Il n’est pas d’un grand prix ;
Mais elle règne par l’esprit
Et par le Roi de Gloire.

Ne voulant point d’une victoire
Qui trop tôt se flétrit,
Elle ne croit pas aux écrits,
Ces porteurs de déboires.

Mais elle peut chanter des vers
Aux pâturages verts,
Sans nul besoin de savoir lire :

Un beau bâton de peuplier,
Un joli tablier,
Cela peut valoir une lyre.

Cochonfucius

Serpent démiurge

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Le serpent fit ce monde au gré de sa mémoire,
Il ne l’a pas bien fait, l’acte fut si soudain !
Il ne corrige rien, c’est un serpent hautain,
La retouche vaudrait offense pour sa gloire.

Il n’a jamais compris le sens du verbe «croire»,
Je lui ai précisé, mais ce fut bien en vain,
Je faisais tout cela pour qu’il lui en souvînt,
Mais non, son ignorance emporta la victoire.

J’avais, comme prophète, une telle rigueur
Que l’univers était appuyé sur mon coeur :
Je ne me prenais pas pour un être suprême.

Ceci est un sonnet, ce n’est pas un roman,
Et ce texte et ma vie finiront simplement :
Quand l’encrier se vide, on écrit tout de même.

Cochonfucius

Moyen duc

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Le hibou ne sait pas s’il a droit d’exister,
Mais la nuit apprécie sa course vagabonde ;
Ces oiseaux sont connus comme espèce inféconde,
Mais qui se reproduit pendant l’éternité.

Jamais de son branchage il ne fut rejeté,
Ce témoin de l’antique et premier jour du monde :
D’un excellent plumage on fit sa tête ronde,
Qui la neige paraît sous l’azur de l’été.

Le cerveau du hibou est presque translucide
Au point qu’on peut penser que son crâne est bien vide,
Que ce n’est qu’une épave, un esprit dérivant.

Mais il a pour parrains deux anges solitaires
Dont les âmes, jamais, ne peuvent toucher terre :
Car, comme ce rapace, ils sont nourris de vent.

Cochonfucius

Soldat perdu

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C’est un trop paisible troupier
Qui dit que la vie est cruelle,
C’est presque un soldat de papier
Dont l’angoisse est perpétuelle

Deux mille bornes dans les pieds,
Les repas pris à la truelle,
Il ne sait plus trop son métier,
Se traînant au long des ruelles.

La peur du combat le hérisse ;
Il craint les coups tumultueux
Et les ennemis tortueux.

La grande Histoire toujours glisse
Sur ses équipements anciens,
En plus, il fait un temps de chien.

Cochonfucius

Ambicrabier

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Il cherche tout le jour, sans jamais rien trouver,
Ces moments ne sont point parmi les heures fastes,
Les crabes sont cachés, le marécage est vaste,
Ils ne sont pas en vue, ils sont sous les pavés.

Cependant, par la faim, il n’est pas entravé,
Il endure son sort, car il est sobre et chaste;
Jamais un échassier ne fut iconoclaste,
Et jamais on ne vit sa vertu dériver.

Vous ne le verrez pas quémander aux faubourgs
Ni vanter son mérite au coin d’un carrefour,
Car son coeur est plus pur que celui des licornes.

Créateur, pourra-t-il trouver grâce à vos yeux ?
Cet oiseau fait confiance au jugement des dieux,
Innocence bénie, crédulité sans bornes.

Cochonfucius

Ambiprêcheur

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L’ambiprêcheur transmet des vérités rimées ;
Son style relevé, sa rigoureuse ardeur
Triomphent aisément des diables sans pudeur,
Et de ses auditeurs les âmes sont charmées.

Or, leur soif de péché se trouvant désarmée,
Dans l’antique sagesse ils trouvent leur bonheur ;
Je les vois progresser dans la voie de l’honneur
Qu’aux saisons de jadis leurs parents ont aimée.

Le prêche leur apprend ce qu’ils ne savaient pas,
Leur fait redécouvrir les choses d’ici-bas,
Vers des lieux étonnants leur conscience est ravie.

Car cet ambiprêcheur a de beaux sentiments,
Son coeur est inspiré, tel celui d’un amant,
Son langage exécute une danse de vie.

Cochonfucius

Ambijumart de gueules

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Le rouge ambijumart n’a besoin de personne,
La lune et le soleil sont ses seules amours,
Maîtresse de ses nuits et seigneur de ses jours.
Il ne connaît ni dieu, ni diable, ni madone.

Qui dira s’il est pur, et si son âme est bonne ?
Nous savons que sa robe est faite de velours
Et que ses fins sabots produisent un bruit sourd ;
Qu’il n’a pas un regard pour la jument mignonne,

Qu’il ne désire point contempler ses enfants,
Que jamais pour l’amour il ne prend fait et cause,
Vraiment, l’ambijumart est un bestiau morose.

Et peut-être, ce monstre appartient au néant
Qui procure à son corps la fraîcheur infinie,
Une vie dans la mort et la mort dans la vie.

Cochonfucius

Steppenwolf

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Le loup de la steppe, un loup véritable,
Chasse sur la pente et dans le ravin ;
Au coeur de la steppe, un dahut s’en vint,
Un gibier pareil est-il profitable ?

Le dahut, peut-être, on le chasse en vain.
Animal farceur et peu charitable,
Son déséquilibre est bien redoutable ;
Je crois qu’il l’obtint par décret divin.

Or, le prédateur et sa panse vide
S’en vont maudissant le monstre perfide
Dont a retenti le cri discordant.

Camarade loup, tu n’es pas prospère ;
Auras-tu les proies que ton ventre espère ?
Ton coeur le demande au soleil ardent.

Cochonfucius

 

L’intérieur du reflet

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Le miroir reflète un mystère,
Le monarque en reste ébahi :
Lui qui règne sur des pays
Craint ce prodige élémentaire.

Le miroir montre un monde austère
Où les vivants sont engourdis ;
On n’y voit pas le paradis,
Mais pourtant c’est une autre Terre.

Le cadre qu’on tient d’une main
Contient l’infini des chemins,
Un peu d’amour, un peu de haine,

Plusieurs renards, quelques corbeaux,
Des chapelles et des tombeaux,
Une mer, avec des sirènes.

Cochonfucius

Trois oiseaux d’or

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Les âmes des oiseaux, de poésie éprises,
Sur l’antique recueil aiment bien se pencher,
Qu’elles vont déchiffrant à l’ombre d’un rocher,
Vieux livre contenant de plaisantes surprises.

La page que soulève et que tourne la brise.
Porte une encre de sable, agréable au toucher ;
Une énigme parfois, dont on aime chercher
Le fin mot qu’obscurcit la métaphore grise.

La solitude à trois est un bienfait pour eux ;
De nul autre trésor ils ne sont désireux
Que du livre où ils font d’étranges découvertes.

La versification n’est pas un art perdu,
Un témoignage en est par ces oiseaux rendu,
En leur plumage d’or qu’ornent des ailes vertes.

Cochonfucius

 

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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