Grand cheval de sinople

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image de l’auteur

Jamais ce cheval vert ne languit en service,
Car il n’accomplit rien, que muses courtiser,
Ou danser, par feintise en âne déguisé,
Cheval sans dignité, cheval plein de malice.

Ne possédant nul bien, il vit loin d’avarice,
Ne sait si d’éleveurs il fut jadis prisé :
Ne lui mets pas de chaîne,il pourrait la briser,
Mais c’est par bonne humeur, et ce n’est point par vice.

Remplis-lui donc un seau de la bonne eau du puits,
C’est un cheval magique, il chasse les ennuis,
Son coeur est un trésor de sagesse profonde.

Ce vaillant destrier, lui faut-il voyager ?
Non, sur cette matière, il veut se ménager,
Heureux de son repos, non de courir le monde.

Cochonfucius

Nostalgie ferroviaire

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Vers le vaste Océan et son plaisant rivage,
Nous empruntions un train qu’admiraient les badauds;
Pour bagage n’ayant que de légers fardeaux,
Du pain blanc pour pitance et de l’eau pour breuvage.

La poussive loco parcourait les herbages,
Animal rutilant que guettaient les troupeaux ;
Le noble chef de gare agitait son drapeau
Et le trafic routier nous cédait le passage.

La machine pesait sur ses puissants essieux ;
Elle allait de l’avant, passant d’étranges lieux,
Comme un monstre terrestre à noire carapace.

Mais où sont-il allés, ces wagons merveilleux ?
Le TGV s’en moque, il est trop orgueilleux,
Lui qui tout véhicule en vitesse surpasse.

Cochonfucius

Serpent nostalgique

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image de l’auteur

J’entends un serpent qui soupire
Et cela me surprend beaucoup ;
C’est leur roi, que tous ils admirent
Et dont le discours est si doux.

Ce vieux roi ne veut rien me dire,
Mais vous parlera-t-il, à vous ?
Il le pourrait, dans un délire,
Si votre écoute est à son goût.

De sa royale destinée,
Rien ne lui laissent les années :
Le roi reptile est pris de court.

Ses maîtresses, jadis émues,
Se montrent froides à sa vue,
Froids aussi les grands de la Cour

Cochonfucius

Seigneur tourteau de sinople

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image de l’auteur

Il sait se contenter du simple nécessaire,
Lui pour qui l’océan prodigue ses bienfaits.
Quoi qu’il mange ou qu’il boive, il le trouve parfait,
De bons morceaux il est l’heureux destinataire.

Aux danses des poissons il aime se distraire,
De leurs vifs mouvements ne se lassant jamais.
C’est un brave seigneur, c’est un tourteau de paix,
Nul habitant des mers ne dira le contraire.

Tel est le peu de biens dont, tranquille, il jouit:
Le sable dans lequel, parfois, il s’enfouit,
Les étoiles de mer, les coquilles qu’il compte.

Suzerain sans vassaux, maître sans ambition,
Expert en ascétisme et en dépossession,
Plus heureux que ne sont les barons et les comtes

Cochonfucius

Suivre les arcs-en-ciel

arc-en-ciel

image de Pierrette

Allons marcher, dit-il, où sont les bouquinistes,
Sur les bords de la Seine ils nous accueilleront,
En me reconnaissant, bouteilles trouveront ;
Prenons le verre en main, car, vraiment ils insistent.

Suivre les arcs-en-ciel, c’est une bonne piste,
Vers de plus beaux jardins, derrière eux, nous irons,
Et Paris a aussi de charmants environs
Qui ont su autrefois inspirer les artistes.

Ou bien nous flânerons comme des étourdis
Sans que de nos soucis nos coeurs soient alourdis,
Avançant tout au long d’un sentier invisible.

Les villages discrets où vivent mes copains
Ont des auberges qui proposent du bon pain,
Dans des salles vibrant d’une rumeur paisible.

Cochonfucius

Vénérable Seigneur Sanglier

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image de l’auteur

Je me plais à régir ma forêt coutumière,
Territoire paisible où n’est aucun frondeur ;
Quand Phébus disparaît aux noires profondeurs,
Ma complice la Lune accomplit sa carrière.

Je médite sans fin dans sa douce lumière,
Sans jamais en hiver objecter sa froideur :
Car sa clarté me donne une belle vigueur,
Et me fait occuper ma place, la première.

Jamais cette forêt ne s’en va de mon coeur,
Cette terre sans roi, qui me voit en vainqueur,
Le monde qui me plaît, le jardin que j’adore.

Je veux pour tout objet l’avoir en mon esprit ;
Contempler sa splendeur, en estimer le prix,
Manger, boire, dormir et méditer encore

Cochonfucius

Dame des friandises

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image de l’auteur

Elle n’imite point la muse, sa jumelle,
Qui la rime en son coeur souvent fait mijoter ;
Elle n’est pas non plus dame des privautés,
Mais comble d’aliments les fringales nouvelles.

Dans son vaste plateau, que les douceurs sont belles!
Mais ce que nous mangeons, ce n’est pas leur beauté,
C’est leur suavité qu’on aime grignoter :
À nulle sucrerie notre coeur n’est rebelle.

Petits creux, grandes faims, on n’y résiste pas,
On prend le chocolat dans le placard du bas
Ou l’on ferme ses dents sur le pomme croquante ;

On peut manger de trop, c’est un risque à courir,
Mais consommer trop peu, ce n’est pas se nourrir,
Jamais sobriété ne fut chose marrante.

Cochonfucius

Abel-Baal et Baal-Caïn

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image de l’auteur

Le ver Baal, qui plus tard fut dieu des idolâtres,
En ses deux héritiers, jadis, mit son honneur,
Grands serpents l’un et l’autre, animaux randonneurs;
Hélas, pour une pomme ils ont voulu se battre.

Ils n’ont rien partagé, dans le printemps folâtre,
Car de la même dame ils voulaient le bonheur,
Chacun du fatal fruit se voulant le donneur,
Comme si cette reine eût été Cléopâtre.

Chacun, dans le combat, fut saigné comme un porc,
Cet Abel, ce Caïn sont unis dans la mort
Quand d’être tentateurs il leur prit fantaisie.

Or, ce double trépas ne fit point dépérir
Celui qui leur avait, c’est vrai, donné la vie,
Mais sans leur enseigner la crainte de mourir.

Cochonfucius

L’oiseau de juillet

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image de l’auteur

J’aperçois son reflet au milieu du carreau :
C’est un oiseau bizarre, une caricature,
Un phénomène dont j’ignore la nature,
Nul oiseleur ne l’a derrière ses barreaux.

Aucun dessinateur n’en a fait le tableau,
Son bec est redoutable et ses griffes sont dures ;
De ces sombres jardins il franchit la bordure
Pour s’en aller chasser tout seul, au bord de l’eau.

Vers son lointain logis, qui le pourrait poursuivre ?
Son plumage d’argent a des reflets de cuivre,
Son regard est sévère, et quelque peu sournois.

Plus orné qu’un prélat vêtu de broderies,
Ce volatile étrange est maître en rêverie
Tel le phénix aimé des poètes chinois.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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