La Dame Robinsonne

issart

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La Dame Robinsonne occupe un grand îlot,
Contente de laisser sa solitude éclore,
Aimant le crépuscule, et préférant l’aurore,
Le silence du ciel, le murmure des flots.

Dame de cour, jadis, au milieu des complots,
Elle en cultive un peu le souvenir, encore
Et retrouve l’écho des discussions sonores,
Des rires contenus, des soupirs, des sanglots.

Au coeur de l’océan, rien de tel ne s’enfante,
Jamais il n’est question d’intrigues triomphantes,
Le seul qui peut troubler cet ordre, c’est le vent.

Ce poème qui dit la solitude humaine
Raconte aussi les jours sans amour et sans haine,
Et le jardin qui dort dans le soleil levant.

Cochonfucius

L’oiseau de juin

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Il assourdit son chant pour parler d’autre chose,
Cet oiseau que l’on voit tourner autour des fleurs :
Son appel surprenant évoque une douleur
Qui tantôt se réveille et tantôt fait la pause.

Sa demeure, un palais dont les portes sont closes,
Avec douze valets d’une étrange pâleur ;
Les murs de chaque pièce ont perdu leurs couleurs,
Mais aux vastes jardins sont de tardives roses.

La plainte de l’oiseau sonne comme un cristal
Qui recevrait les coups d’un outil de métal ;
On dirait le refrain d’une chanson blafarde.

Le poète, à l’entendre, est un peu stupéfait,
Nous le voyons pensif, et son esprit s’attarde
Sur la mélancolie de ce bonheur défait.

Cochonfucius

Ambitourterelle

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Quand vous rencontrerez une ambitourterelle,
Ne devenez jamais son tourtereau filant ;
La vie est si rapide, et l’amour est si lent,
Seuls savent les mourants que cette vie fut belle.

Ce qu’elle a de plus noble : elle est toujours nouvelle,
Jamais ne revenant sur son propre bilan.
Jamais ne rappelant les faits obnubilants,
Toujours reconnaissant n’être pas éternelle.

Le poète l’ignore, et, tranquille et dispos,
Par des mots ténébreux se prépare au repos.
Ne gardant pas en lui cette crainte accroupie

Envers qui mon lecteur n’aurait que du dédain.
J’ai composé cela, j’écrirai mieux demain,
Charmantes sont parfois les ruses de la vie.

Cochonfucius

Sagesse du loup blanc

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Le loup blanc, reflétant le monde en ses grands yeux,
Dissimule au public sa sagesse immortelle ;
Car celle des humains, en général, n’est telle
Qu’ils veuillent partager ce don venu des cieux.

Ce carnassier comprend que se taire vaut mieux
Que d’offrir aux passants des sentences trop belles,
De parfaites idées, d’impressionnants modèles ;
Un prophète, souvent, ne devient pas bien vieux.

Son savoir personnel, il le garde en soi-même :
Il admire le feu du ciel le plus suprême
Qui produit en son âme un éternel printemps.

Cette créature est de finesse pourvue,
Mais, bien soigneusement, se dérobe à la vue
Des nuisibles humains, connus depuis longtemps.

Cochonfucius

 

Grande Licorne-Bélier

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La licorne-bélier peut manger dans la main
De son jeune berger ; son geste est plein de grâce,
Car il est délicat, ce monstre à double face,
Et c’est presque en dansant qu’il poursuit son chemin.

On trouve son portrait sur de blancs parchemins ;
Sa généalogie, je n’en ai nulle trace,
Car il est, sous le ciel, des savoirs qui s’effacent,
Des notions qui s’en vont, du jour au lendemain.

Si c’est un animal issu d’un sortilège,
Peut-être, il sait parler, par un grand privilège ;
Peut-être, il se souvient de ceux dont il descend.

Si sa grand-mère était la licorne invisible,
Ça nous expliquerait ses manières paisibles,
Son regard amical et son charme innocent.

Cochonfucius

 

Maître Bouc en son azur

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Maître Bouc, exerçant son modeste cerveau,
Découvre, ici et là, une herbe assez parfaite ;
La vertu d’herboriste est celle du poète,
De celui qui sourit à son reflet dans l’eau.

Or, le rhapsode, en plus, aime le vin nouveau
Que sert Burdigala dans ses caves secrètes :
Le vin peut transformer un ermite en prophète,
Tout en le rapprochant de la nuit du tombeau.

Maître Bouc, quant à lui, préfère la fontaine,
Plutôt qu’un sombre puits dont est l’onde incertaine,
Les versificateurs pourtant n’y boivent pas.

Ces quelques mots tracés dans l’ombre de la treille
M’ont mis en appétit pour un léger repas ;
Je délaisse la plume, et je prends la bouteille.

Cochonfucius

Abel-Loup et Loup-Caïn

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Aux frères ennemis la vie n’est que tristesse,
Car, ainsi qu’un torrent, la haine suit son cours,
Implacable mégère au vigoureux discours,
Ce n’est pas un cadeau qu’une telle maîtresse.

Et leurs anges gardiens voudraient, avec finesse,
Rétablir dans les coeurs le fraternel amour,
Convaincus que le mal ne dure pas toujours
Et que les temps futurs sont emplis de promesses.

Mais de se détester ils ont fait le serment,
Renonçant au bonheur, acceptant les tourments
Et toujours se privant des doux plaisirs du monde.

Un archange des loups voudrait trancher le cas,
Peut-être en les plongeant aux salutaires ondes
De ce fleuve Jourdain, qu’ils ne connaissent pas.

Cochonfucius

Overrated

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Si c’est un ange, il a l’esprit tranchant,
Et qui de jour en jour prend accroissance,
Ne doutons pas de sa divine essence
Qui va toujours les vertus empêchant.

Il sait comment effacer les méchants
Ce très jeune homme à la forte semence,
Un vrai Seigneur, dont la moisson s’avance,
Dont va la main ces herbes arrachant ;

Il ne permet à la ronce ou l’épine
De prévaloir sur la bonne racine ;
Car sa logique est d’un homme d’en haut,

Il rend fertile une terre infertile,
Ne sachant point si la chose est utile,
Ce président, un homme sans défaut.

Cochonfucius

Michel le scribe

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Il possède pour lui notre alphabet de France
Dont les subtilités sont mille petits riens,
C’est un trésor sans nom, un fort étrange bien,
Un appareil magique, éloigné d’ignorance.

Mais l’archange Michel est loin des imprudences,
Je le connais un peu, son prénom est le mien,
Or, son état civil, ne ne sais où il se tient :
Les racines du ciel, quelle est leur provenance ?

Croire au gentil Michel, c’est un acte de foi !
J’installe son portrait à Bordeaux, sous mon toit,
Pour que tous mes lecteurs en rendent témoignage.

Des lecteurs, aujourd’hui, en est-il, en voit-on !
Le plus subtil d’entre eux, c’est mon cousin Platon,
Maître d’écosystème, expert en mille usages.

Cochonfucius

Sagesse du paresseux

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Le paresseux géant vide un verre, sans bruit,
Et la vie, tout d’un coup, lui devient moins amère ;
La bouteille en son coeur éveille des chimères
Que charme la saveur du bon alcool de fruits.

Il arbore un sourire, et, dans son oeil qui luit,
Nous voyons resplendir l’ivresse coutumière :
L’animal que nourrit cette douce lumière
Accepte les bonheurs du jour et de la nuit.

Donc imiterons-nous le repos de la bête ?
Oui, c’est un peu l’idée que nous avions en tête,
Goûtant paisiblement cet innocent plaisir.

Paresseux en boisson peut trouver assurance,
Dont la composition est de bonne espérance ;
Il ne veut contredire à son propre désir.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

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... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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