Ambiportier

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Un mystérieux portail au coeur de la verdure
Semble délimiter un domaine privé ;
Espace où l’on ne sait ce qu’on pourra trouver,
Car un ambiportier interdit l’aventure.

Il est impressionnant, dans sa livrée obscure;
Avec lui, nul ne sait ce qui peut arriver,
Ambiportier pesant, force de la nature,
Un démon n’oserait ton pouvoir éprouver.

Qui nous dira comment ton histoire commence?
Es-tu, pour ton honneur, un vieux soldat de France
Qui d’anciennes leçons conserve dans son coeur?

Te souvient-il ici de tes errances fières,
De mes vers, évoquant ton épopée altière ?
Tu ne daignes répondre, ambiportier songeur.

Cochonfucius

Ambireine

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D’un inframonde fut l’ambireine venue,
Fort inaccoutumée à la clarté du jour ;
Était-ce pour trouver un platonique amour,
Ou bien pour découvrir une ville inconnue ?.

Un peintre du palais la peignit toute nue,
Mais un peintre d’Église intervint à son tour
En chargeant le portrait de ses royaux atours ;
Et cette version fut du public retenue.

«Je n’ai, dans ce palais, rencontré nul amant,
Nul ne rêve, en ce lieu, de mes embrassements.»
Ainsi brûlait en vain l’inframondaine flamme.

Elle me dit : «Chez toi, c’est quand même un peu mort,
Les gens de la surface ont grand soin de leur corps,
Mais ils font comme si c’était un corps sans âme!»

Cochonfucius

Chauve-souris verte

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Elle surgit au ciel comme par une trappe,
Est-ce d’un inframonde, ou d’un tout autre lieu ?
Je dis «de nulle part», mais c’est faute de mieux,
J’entends au firmament son rire de satrape.

Est-ce un démon d’enfer, est-ce un oiseau du Pape ?
Est-ce un vampire noir que l’on perce d’un pieu ?
Un ange de sinople, un envoyé de Dieu ?
De moustiques du soir elle fait ses agapes.

Elle ne prend jamais de nos bons petits plats
Et se tient à l’écart du lumineux éclat
Des lustres du salon, qui point ne l’émerveillent ;

Elle salue pourtant le hibou, son voisin,
Et s’approche avec lui des grappes de raisin
Près desquelles, parfois, aucun gardien ne veille.

Cochonfucius

Ambicanasson

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Le diable de Schlemihl l’a sorti de sa poche ;
Par ce geste bizarre, il a franchi le seuil
De la noire magie, car il l’a fait sous l’oeil
De Peter qui se dit que quelque chose cloche.

Cet ambicanasson est dépourvu d’orgueil ;
Il se trouve malin, il voit qu’il n’est pas moche,
Il sait que l’écurie de l’inframonde est proche,
Mais sans anticiper ni l’effroi, ni le deuil.

Son créateur n’est pas des noirs démons le pire :
Chamisso l’apprécie, de sa plume on peut lire
Les services que rend ce vénérable aïeul.

Le livre est assez bref, je le relis encore,
Petit recueil ancien qu’un graffiti décore ;
Du début à la fin, Peter Schlemihl est seul.

Cochonfucius

Plus fort que Pégase

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Le grand pédalosaure, un être plein de vie,
Sur deux roues à rayons équilibre son corps.
Pégase est imposant, mais cet monstre est plus fort,
Car il a des mollets que les dieux lui envient.

Il roule sans freiner dans la plaine obscurcie,
Laissant derrière lui le chariot de la mort.
Son très noble destin s’accomplit dans l’effort,
Quel que soit l’adversaire, il gagne la partie.

Son esprit est subtil, par la course formé,
Par la beauté du jour vivement enflammé,
Rouler, telle est sa foi, telle aussi son essence.

L’éternel mouvement dont il est animé
A fait que de la Muse il est le plus aimé,
Elle qui toujours eut le goût du Tour de France.

Cochonfucius

Nef à petites pattes

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Cette nef peut affronter les tourmentes,
Mais ses marins préfèrent le temps doux ;
Ces douze gars, douze loyaux époux,
L’ont pour maîtresse, et non pas pour servante.

Le vent, parfois, peut tromper leur attente,
Mais leur humeur n’en souffre pas beaucoup ;
Car dans l’attente, on peut boire un bon coup,
Il s’agit là d’une valeur constante.

À cette nef ils consacrent leur âme,
Au long du jour, sous un soleil de flamme,
Tous ces marins sont autant de passeurs.

Mais où vont-ils ? suivre leur fantaisie ?
Leur intention, je ne l’ai pas saisie,
Cet équipage est fait de rêvasseurs.

Cochonfucius

Ambifucius

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On ne sait presque rien de ce monstre placide.
Il n’est pas serviteur, il n’est pas chevalier,
Aux règles du commerce il ne sait se plier,
Il vit près de Bordeaux, loin des milieux torrides.

Il ne laisse jamais son gosier être aride.
Il a développé l’esprit de l’escalier :
Maître des lieux communs, des propos familiers,
Il se bricole une oeuvre avec un peu de vide.

Car il n’a qu’une plume, il n’a pas de pinceau.
Quant à ses illusions, elles sont en morceaux,
Rendant à tout jamais son coeur mélancolique.

Il n’a pourtant subi aucun genre de tort,
Puisque sa vie devient quelque peu bucolique
Et que la fin du jour y déverse son or.

Cochonfucius

Seigneur taureau d’azur

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De ce taureau d’azur je veux faire un tableau,
Qui sait dire un bon mot, qui sait briser la glace,
Qui a du sens commun, qui sait sauver la face,
Celui que les auteurs déclarent le plus beau.

Je veux le faire naître au bout de mon pinceau,
Évoquer son mérite et décrire sa grâce :
Celui qui des bestiaux tient la première place
A droit d’être chanté par un sonnet nouveau.

Qu’il séduise une vache ou drague une déesse,
Il ne craindra jamais que mes vers ne le blessent,
Il estime bien mieux ses cornes que ma lyre.

Or, saura-t-il vraiment comment il est là peint?
Semblable, sur ce point, au coq et au lapin,
Ce magistral taureau n’a pas appris à lire.

Cochonfucius

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Dame Plume et Maître Encrier

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La plume et l’encrier sont, été comme hiver,
Les serviteurs du jour, les gardiens de la flamme,
Encrier, brave gars, et Plume, gente dame,
Il est ici pour vous, ce cahier grand ouvert.

De beaux feuillets qui sont noircis de mots divers,
La virgule et le point qui leur donnent une âme,
Avec votre assistance un grand recueil se trame ;
Un corpus instructif, un petit univers.

Ainsi qu’un bûcheron fait sa maison de planches,
Ainsi qu’un bel oiseau fait son château de branches,
Je bâtis un manoir de sonnets miroitants ;

Et s’il leur est donné d’égayer le printemps
Ou de redonner vie à mon coeur hésitant,
Je poursuivrai mon chant sur d’autres pages blanches.

Cochonfucius

Sagesse d’un limicole

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Il explore du bec un ruisselet courant,
Au fil de l’eau trouvant quelques modestes joies;
Il pour compagnon son reflet qui ondoie,
Ce courlis vagabond, ce limicole errant,

Du vent quand il aspire un parfum odorant,
Il perçoit, près de lui, les saisons qui tournoient :
Il lève un peu le bec, et puis il suit sa voie
Dans la douceur du sable (humide, au demeurant).

Sa sagesse est rustique, et n’est pas affectée;
Elle vient de son coeur, et n’est pas empruntée
À des rayons chargés de volumes épais.

Il a bon appétit, car il dîne à ses heures,
Sa pitance toujours lui semble la meilleure,
Ainsi que le plaisir d’une tranquille paix.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

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