Ambitortue

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L’ambitortue fut des sept mers maîtresse,
Elle habitait les grands fonds, tout en bas ;
On peut y voir la trace de ses pas,
Car elle aimait marcher, après la messe.

Mais elle fut mangée par une ogresse
(C’est un destin qui ne pardonne pas) ;
Tous les poissons, apprenant son trépas,
Ont exprimé leur profonde tristesse.

Ses bons vassaux furent compatissants,
Au fond des mers on les vit bâtissant
Un noir tombeau que veille un requin-carme.

Ce poisson-moine, ascète rigoureux,
La gardera des Enfers dangereux
Et du démon-poissonnier, qu’il désarme.

Cochonfucius

Trois saintes vaches

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Elles ont aboli leurs multiples désirs,
Elles ne baignent plus dans le monde illusoire ;
La langue poétique est leur dernier plaisir,
Elles ont déserté les antres de la gloire.

De ces beaux animaux, les efforts méritoires
Leur permettront bientôt, semble-t-il, de saisir
Le message encodé dans les vieilles histoires ;
Pour disciple, peut-être, elles vont te choisir.

Mais tu peux lire aussi l’écrit qui se déroule :
Plonge-toi dans un livre, à l’écart de la foule,
Les maîtres du passé réciteront en choeur

Leur texte sans mensonge et sans chinoiserie,
Ça te protégera contre les duperies.
Quelle lumière, alors, quel éclat dans ton coeur !

Cochonfucius

Âne et lumière

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Il aime à réviser ce qu’il a bien appris,
Et ce qu’il sait moins bien; il apprécie l’ensemble,
Cet âne qui, sans doute, aux vieux sages ressemble,
Car ce que l’on rumine est souvent mieux compris.

Sa grande âme s’emplit des plus doctes écrits
Qui dans son noble coeur fort plaisamment s’assemblent;
Il sait les commenter, sa voix jamais ne tremble,
Âne érudit, vraiment, quel fabuleux esprit !

As-tu capté un peu de la flamme divine ?
Peux-tu tracer des mots, d’une écriture fine,
Mûrir ton jugement et le rendre subtil ?

Ou peut-être, ce goût te vient de la fumée
D’une herbe de savoir, vivement consumée,
Un chanvre savoureux qui fait perdre le fil.

Cochonfucius

Bélier d’Abraham

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Dans un océan de clarté
S’aventure un bélier folâtre ;
L’animal n’est pas idolâtre,
Un archange l’a recruté.

Roi cornu, tu es invité
À déserter brebis et pâtre
Pour aller, marcheur opiniâtre,
Sur un autel te présenter.

Vois l’enfant dont le coeur palpite,
Il doit mourir, selon les rites :
Mais tu peux être son sauveur.

Offre donc ta gorge au vieil homme :
Le feu qui détruisit Sodome
Va récompenser ta ferveur.

Cochonfucius

 

Oiseau du marécage

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Ce petit échassier marche d’un pied léger,
Bien fragile est son corps et bien frêle son âme ;
Jamais, tel un phénix, il n’allume de flammes,
Cet oiseau tremblotant quand il vient à neiger.

Il est, heureusement, capable de songer
À des fleurs inconnues, à de charmantes dames,
Aux insectes du jour, aux toiles qui se trament,
Au marais dans lequel son plumage est plongé.

Quand j’hésite à rimer, il me fournit un thème,
D’ailleurs, son cri d’appel est comme un bref poème,
Un mot bouleversant, un verset tâtonnant.

Oiseau, ne parle plus. Que ton âme ravie,
Contemple maintenant la douceur de ta vie ;
Oiseau, qu’as-tu besoin de chanter, maintenant ?

Cochonfucius

Ange instrumentiste

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Du cosmos l’ange blanc veut louer la grandeur ;
Il trouve un instrument chez un brave antiquaire,
Son morceau retentit ainsi qu’un chant de guerre,
Éveillant l’univers jusqu’en ses profondeurs.
Cet angélique son, dans sa belle candeur,
Devrait vous émouvoir, gentils humains, mes frères ;
Pour une fois qu’un ange est entendu sur Terre,
C’est l’occasion de rendre hommage à sa splendeur.
Travailleurs du verger, offrez vos belles pommes ;
En croquer une ou deux peut le changer en homme
Capable d’oublier son céleste passé.
Si cet ange a pour voeu d’appartenir au monde,
Baptisons-le, ce soir, dans la fraîcheur de l’onde,
La vestale à minuit s’en viendra l’embrasser.

Cochonfucius

Sire loup-coq

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Le loup-coq, semble-t-il, se nourrit d’escargots,
Et s’il n’en trouve aucun, que sa peine est profonde !
Les plus gras sont cachés derrière les fagots,
C’est, dit Pline l’Ancien, en ce lieu qu’ils abondent.

Le loup-coq entreprend de bâtir son tombeau
Qu’orneront, par milliers, des coquilles bien rondes,
Les siennes, tout d’abord, puis celles des corbeaux
Qui, pleins de bienveillance, à ses désirs répondent.

Quand, sur ce monument, les freux ouvrent les yeux ,
Ils ont un grand respect pour la beauté des lieux
Dignes du fier loup-coq à la haute stature.

Lui ne s’empresse point de rejoindre les morts,
À tous ses compagnons, il survit sans remords,
Vivre, plus que mourir, étant dans sa nature.

Cochonfucius

Muraille de Slim

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Slim est une légende, et ne s’en soucie guère ;
Maître Cattaneo, voici bien des saisons,
Dessina ce bonhomme et sa belle maison
Qu’il déserte souvent pour de lointaines terres.

Car jamais un héros ne pousse en une serre,
Et les albums de Slim, quand nous les relisons,
Montrent comment il va, plein d’usage et raison,
Accomplir ici-bas son parcours solitaire.

Or, peut-il sans péril la plage fréquenter ?
Et peut-il sans procès une nef inventer ?
Il le peut, mes amis, ce Slim est un grand homme!

Si de son odyssée il rapporte un trésor,
Sa gratitude ira (qui lui donnerait tort?)
Plus à Cattaneo qu’à l’évêque de Rome.

Cochonfucius

Coeur de lion

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Le roi des animaux, dans son palais de pierre,
S’abandonne, le soir, à son pesant repos ;
Et les buffles, au loin, dorment dans leur enclos
Que les astres du ciel baignent de leur lumière.

Pour prédateur et proie les étoiles sont claires,
Lente est la voie lactée en son céleste flot,
Et le buffle et le lion voient le même tableau,
De cent constellations qui leur sont familières.

Du grand-duc retentit le cri sempiternel ;
L’aube verra surgir un chant traditionnel
Accueillant le retour du bel éclat céleste.

La chasse reprendra sur fond de ciel d’azur,
En l’affût, en la course, on ne voit rien d’obscur ;
Le lion gagne souvent, La Fontaine en atteste.

Cochonfucius

 

Barde à plumes

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J’entendis l’autre jour un barde qui chantait,
Un oiseau magicien, que la grandeur divine
Ou celle d’un vieux troll, démon des origines,
Avait favorisé, car sa voix m’enchantait.

Dans mon jardin obscur, le soir, je l’écoutais,
On aurait dit, parfois, qu’il savait des comptines,
Ou bien qu’il inventait quelques phrases mutines,
Ça me rendait heureux, puis ça me déroutait.

J’étais fort satisfait de l’aimable surprise,
J’avais laissé tomber toutes mes entreprises
Pour entendre le barde en regardant les cieux.

Mais de quel contenu fut mon âme avertie ?
Aucune conclusion de cela n’est sortie,
Je suis rentré chez moi, je me suis mis au pieu.

Cochonfucius

 

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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