Le Seigneur de Tralfamadore

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Il visite la Terre, ignorant ses dangers,
Nous pouvons contempler sa démarche sereine ;
Il est spécialement admiré des sirènes
Qui jamais n’avaient vu un pareil étranger.

Dans la steppe il avance à petits pas légers,
Il longe un estuaire où chantent les baleines ;
Mais que préfère-t-il, la montagne ou la plaine ?
Il ne veut pas répondre, il n’y a pas songé.

La police voudrait savoir quel rôle il joue ;
Elle fouille en détail l’appartement qu’il loue
Et ne trouve nulle arme, elle fait buisson creux.

Il n’est point conquérant, ce grand seigneur fragile,
Il lit, chaque matin, des livres de Virgile,
Et dans l’après-midi, un grimoire en hébreu.

Cochonfucius

Grande sagesse du crocodile

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Il n’a pas pu manger les flamants roses,
Ni le taureau qui buvait au ruisseau,
Ni les castors, ni les petits oiseaux,
Ce crocodile, ayant sa gueule close ;

Mais il attend, tranquille, il se repose,
Sans un regard pour nef ou pour vaisseau,
Sans écouter le gazouillis de l’eau,
Ni du têtard voir les métamorphoses.

Il chasse, calme, et sans se hérisser,
Au long des bords de sable tapissés,
Il faut manger, mais pourtant, rien ne presse,

Enfin, il trouve un gibier à son gré,
Poisson d’azur aux petits yeux dorés,
Un de ceux qui d’excréments se repaissent.

Cochonfucius

Bouffon saturnien

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Un bouffon de Saturne ici-bas s’exila,
Le pape au Vatican lui offrit son vieux trône ;
Un pitre saturnien est une belle icône,
Les cardinaux ont dit « Allons ! Restons-en là. »

Quel métier fera-t-il, l’amuseur que voilà ?
Va-t-on l’introniser protecteur de la faune,
Ou rédacteur en chef de «La Rouge et la Jaune»?
Va-t-il désensabler la dune du Pilat ?

Je crois qu’il repeindra la muraille de Chine,
Et, faisant oublier sa lointaine origine,
Un fauteuil obtiendra parmi les immortels ;

Qu’il remporte un succès, j’arrive à le comprendre,
Cet enfant du cosmos, les dieux l’ont voulu tel
Que du ciel vers la terre il sache bien descendre.

Cochonfucius

Vestale murale

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C’est la grande vestale, une charmante fille
Dont l’habit monastique est un peu raccourci ;
Elle rêve au jardin, loin des pesants soucis
Qui ne lui feront rien, tant que le soleil brille.

Sa prière du soir au lointain s’éparpille
Et s’en va vers les dieux, vers les démons aussi ;
Le diable et le bon ange ensemble, c’est ainsi,
La trace d’un sourire aux yeux qui s’écarquillent.

Doucement soupirant, la vestale si belle
Aime se consacrer au temple de Cybèle
Et ne regrette point qu’on la prive d’amour.

Arès, peut-être, aura son rouge coeur de femme,
Ses soeurs, probablement, n’en feront pas un drame,
Clôture en lieu sacré ne dure pas toujours.

Cochonfucius

Âne à logique

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Il réfléchit sur l’herbe, il médite debout,
Mais cet âne pensant n’écrit pas une ligne ;
Il n’est pas citoyen de l’empire des signes,
Il pense sans parler, comme le marabout.

Il songe à des bouquins relus de bout en bout.,
Celui dont le pelage a la blancheur du cygne ;
Il n’a jamais été de ceux qui se résignent,
Son processus mental est pur, et sans tabou.

Car la logique est grande, une âme en est comblée,
Des structures sans nom sont par elle assemblées,
Heureux sont les mortels qui savent l’accueillir,

Nous admirons cet âne à la robuste tête,
Lui dont l’intelligence est toujours à la fête,
Laissons-le dans son pré toujours se recueillir.

Cochonfucius

 

Porc d’azur

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Il se sent rassuré par sa bedaine ronde,
Il n’aura plus l’idée de maigrir, désormais,
Ce brave porc d’azur sourit plus que jamais
Qui sur bons aliments sa corpulence fonde.

Pas de plus beau bestiau sur la terre ou dans l’onde,
Sa présence, toujours, fait son petit effet,
Ce vieux cochon en a, dit-on, dans le buffet,
C’est un noble animal, c’est un homme du monde.

Gentil porc, quels seront tes plaisirs de vieillard?
Vas-tu vivre ta vie comme un rude gaillard,
Un pourceau d’Epicure, un héros qu’on imite ?

Des mythes d’autrefois je ne suis abusé ;
Te dire mes plaisirs, c’est un peu malaisé,
Je n’en prends guère plus que n’en trouve un ermite.

Cochonfucius

Grande licorne de sinople

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Elle vient au jardin manger des roses blanches,
Sans dédaigner, non plus, la bonne herbe du pré ;
Sur les petits fraisiers, gourmande, elle se penche,
Vérifiant que les fruits sont mûrs et empourprés.

D’autres jours, elle va dans les flots de la Manche
Que survole à minuit l’oiseau d’ivoire ambré,
D’un geste négligent, elle brise une branche
De corail qui poussait sur un récif doré.

Licorne de sinople, ô ma muse sereine,
Ton âme, en ce moment, de sonnets n’est pas pleine,
Tu ne te plonges pas dans des romans d’amour.

Tu danses dans les bois, parmi les feuilles jaunes,
Adorant le dieu Pan et consolant les faunes ;
Car ils n’existent plus, mais ils rêvent toujours.

Ange maudit

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Ce vieil ange maudit rit comme une baleine,
Nul ne le voit faiblir, ni tomber en langueur,
Car son nouveau statut l’a rempli de vigueur
Et l’état de démon ne lui fait nulle peine.

Je le vois voltiger dans la nuit incertaine ;
Un ange du climat ne craint point la rigueur,
Planer, c’est un plaisir, ce n’est pas un labeur,
L’air est pur au-dessus des vallons et des plaines.

Ces ailes enchantées ont si souvent battu
Qu’elles ont renforcé leur magique vertu ;
Il ne fait pas pitié, ce monstre, il fait envie.

Ignorant les soucis, survivant sans efforts,
L’ange-démon ne sait que penser de la vie,
On peut encore moins lui parler de la mort.

Cochonfucius

 

Taverne des Trolls

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Une auberge modeste où la servante est belle,
Le tabouret du bar, la table ornée de fleurs,
C’est le plaisir des trolls à la vive couleur
Célébrant chaque jour la cervoise immortelle.

Intact est leur amour de la bière nouvelle
Quand avec le printemps commence la chaleur,
Cette boisson leur fait oublier leurs douleurs,
La saveur du breuvage adoucit leur cervelle.

Apprivoisant l’esprit et renforçant le corps,
Un élixir pareil n’est pas fait pour les porcs ;
Il charme au quotidien les dieux et les déesses.

Il ne faut seulement que s’éloigner un peu
Pour que notre vessie relâche un litre ou deux,
Dont notre âme n’est pas entièrement maîtresse.

Cochonfucius

Prélat sans souci

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Face au public qui n’attend rien de toi,
Tu parles bien, tu livres ta pensée,
La tête haute, ou quelquefois baissée,
Tu es conteur (plaisantin, selon moi).

Face au public qui t’entend sans émoi,
Tu n’as jamais une voix offensée ;
Dans ton vieux coeur, ta patience amassée
Calme ton âme et te laisse tout coi.

Comme ils sont clairs, les rayons de ta vue,
Ton âme chante et s’en retrouve émue,
Tu nous transmets les paroles d’antan.

Dans le jardin, je vois ton franc visage
Qui montre bien que ton coeur est content,
Sage prélat, maître du témoignage.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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