Passage d’un aigle de gueules

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Survolant le village aux odeurs de grillade,
C’est, crois-je reconnaître, un aigle d’autrefois ;
Esquissant un sourire, à sa santé je bois
Un vieux vin vendangé par les douces dryades.

On dirait, cet oiseau, qu’il me lance une oeillade,
Veut-il donc affirmer qu’il est de bonne foi,
Ou veut-il consoler le peuple en désarroi ?
Quelle est ton intention, parle-nous, camarade.

Il regarde voler des moineaux, ces pierrots
Qui volent des morceaux de pain petits et gros,
Il aime bien les voir divaguer à leur guise.

Le monarque du ciel s’éloigne tout à coup,
Et le coq de la cour en aigle se déguise,
Je crois qu’il peut, de même, imiter Dupanloup.

Cochonfucius

 

Oiseau-patriarche

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Devenu vieux, l’oiseau vit son enfance,
Il prend refuge en son propre passé ;
Les tendres liens ne sont pas tous cassés,
Il garde amour de son ancienne France.

France est maison, Armorique est errance,
De Celtes sont souvenirs entassés ;
Un jour d’école, on le croit effacé,
Il en revient à Quimper souvenance.

Mère ou servante, une dame bretonne
Me dit toujours des contes qui m’étonnent,
Sans craindre trop la noirceur de l’oubli.

Le centre ville est orné de quinconces,
Dans les faubourgs, c’est la terre des ronces,
Ce monde est juste, il n’a pas un faux pli.

Cochonfucius

 

Dame du nectar

lardemelle

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La dame des grands crus, quittant son auréole,
Trinque avec le serpent auprès d’un mur ancien ;
Le reptile en question, fidèle comme un chien,
À la dame adressa ces subtiles paroles :

«Du jardin de jadis nous ne regrettons rien,
Car ce fut un temps mort, ce fut une vie molle ;
Nous ne regrettons pas notre jeunesse folle,
Ni ce qui fut le mal, ni ce qui fut le bien. »

«Cependant, dit la dame, on nous mit à la porte.»
«Mais c’est ce qui pouvait nous arriver de mieux.»
La dame ne veut plus débattre de la sorte,

En silence elle boit la coupe de vin vieux,
Elle goûte au nectar que Dieu le père approuve
Et que lui ont vendu les enfants de la louve.

Cochonfucius

Roi celte mélomane

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Ce vieux roi se languit des chants de Cornouailles,
Ceux que le Barzaz Breiz a fréquemment cités ;
Le peintre qui, ce jour, vient orner sa muraille,
Tout en les trouvant beaux, ne peut les imiter.

Le monarque aime aussi la clameur des sonnailles
Et la danse des pins nouvellement plantés,
La sieste au chaud du jour sur des bottes de paille,
Les harpes, les sabots, le vin et la gaîté.

Quand, au seuil de l’hiver, le toit du palais fume,
Le roi songe au passé, sa vieille âme s’embrume,
Malgré le bon bouffon dont le coeur est léger ;

Alors, il va marcher dans Quimper, dans sa ville,
Récitant sa prière ainsi qu’un vieux berger
Dont le chemin, dit-on, n’a pas été facile.

Cochonfucius

 

Dupanloup voit une ondine

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Composition de Pierrette
(D’après Cochonfucius)

Le père Dupanloup, non loin d’une rivière,
Faisait une excursion, profitant de l’été.
Une femme apparut : ça le fit sursauter.
Or, c’était une ondine, et pour lui, la première.

Elle se tenait là, ni modeste ni fière,
Ne dissimulant point son étrange beauté.
L’évêque se sentit de désir transporté :
On lisait dans ses yeux sa muette prière.

Belle, venez vers moi, vous pourriez trouver pire,
Si vous me recevez, si vous daignez m’élire,
Jamais n’aurez tenu un si charmant oiseau.

Monseigneur, ce n’est point que me manque l’envie,
Ou que du haut clergé je me montre ennemie ;
Mais j’aime un petit troll, qui est vraiment plus beau.

Cochonfucius

 

Chimère azurée

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La chimère azurée, au plumage éclatant,
Vit dans une forêt où les taillis sont denses ;
À la voir, on dirait un petit lion qui danse,
Ceux qui l’ont rencontrée en sont assez contents.

Elle occupe ce lieu depuis la nuit des temps ;
Elle ne bronche pas, si son horloge avance,
Chaque jour, sans faillir, ses plaisirs recommencent,
L’âge se voit un peu, ce n’est pas important.

La chimère azurée n’est pas un piaf qui crie,
Ce n’est pas un démon qui d’autres démons prie :
Son silence est profond, l’été comme l’hiver.

Ce monstre est exemplaire, il a peu de mémoire,
Il ne désire pas être inscrit dans l’histoire,
Il peut se résumer à ces quatorze vers.

Cochonfucius

Coq sylvestre

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Le coq sylvestre avance en un discret sentier,
S’il est pris de fringale, il ronge des écorces,
Les saveurs du printemps lui donnent de la force,
Et s’il lance son cri, ce n’est pas à moitié.

Car ce coq vagabond, ce courageux routier
A déjà traversé la Sardaigne et la Corse,
Il peut en être fier, il peut bomber le torse,
Il remplit bien son rôle, il connaît son métier.

Regarde son oeil noir où brille une étincelle !
Pareille flamme peut enflammer une oiselle,
Faire naître en son cœur un langoureux frisson ;

Surtout quand elle entend cet appel formidable :
Au plus profond des bois résonne la chanson
Du seigneur coq errant, vainqueur de tous les diables.

Cochonfucius

Fringale de poule

dizier

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La poule dévorant les vermisseaux d’avril
À sagesse ne songe et non plus à folie ;
Blanche est sa déjection sur la dalle polie
Où se dresse parfois son coq noble et viril.

La cour est maintenue à l’abri des périls
Par un vaillant molosse à la toison pâlie ;
Et le prudent fermier rarement le délie
Car il en a gardé un effroi puéril.

La poule se nourrit de beaux insectes frêles
Qui cherchent leur chemin parmi les herbes grêles
Ou qui se vont enfouir au plus glauque des bois.

Or, j’aime cette cour où surgit, par surprise,
Un enfant du dieu Pan qui sonne du hautbois
Dont le son lancinant s’envole dans la brise.

Cochonfucius

Printemps du maître Schlingo

banne

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L’hippopotame en mai par amour se consume,
Il nous dit « Me voici tout à fait allumé »,
Le beau Charlie Schlingo le voit se consumer
Et voudrait le soigner avec des coups d’enclume.

Il marche sur les mains, car telle est sa coutume,
Chose qu’en aucun cas l’hippo ne peut mimer ;
Et ce fou, contemplant l’animal désarmé,
Demande gentiment : «Vieux, qu’est-ce qui t’allume ?»

Pour cette flamme éteindre, il te faut toujours boire
Du nectar enchanté qui brouille ta mémoire,
Ou marcher sur les mains, ou lire des sonnets.

Et l’hippopotamette, on n’a pas besoin d’elle,
Crois-moi, brave bestiau, ces dames sont cruelles,
Tu te porteras mieux si tu le reconnais.

Cochonfucius

Bûcheron plantigrade

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Compère l’ours brandit à bout de bras
Son instrument, qui plaisir lui procure ;
Il peut couper la branche la plus dure,
Il tranche net, l’arbre vous le dira.

Au fond des bois où nul ne pénétra
Sauf ce bel ours à riante figure,
Au fond des bois, dans la lumière obscure,
Parmi les os de ceux qu’il dévora,

Ce plantigrade et ses reflets d’albâtre
D’une vestale ont fait une idolâtre ;
Pour la tanière, elle a laissé le temple,

Et plus ne prie le dieu qu’elle a quitté,
Mais le grand ours, content de l’abriter,
Qui de ses yeux de braise la contemple.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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