Quitter le nid

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Un peu de mélancolie
Quand il me faut changer d’air ;
Un peu de mon coeur se perd,
Car cet exil me spolie.

Il fallut bouger, c’est clair,
Par raison, non par folie ;
Mais mon âme s’exfolie
En quittant son univers.

Tant de jours, tant de saisons
Dans mon ancienne maison !
Tant de mots, tant de silence…

Tout cela doit s’effacer,
Il faut maintenant passer
Par des temps de nonchalance.

Cochonfucius

La nuit insoumise

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Un fort hibou des vivres amassait,
Pour attirer les souris vagabondes ;
Il le faisait par sagesse profonde,
Ce vieux rusé, c’est ainsi qu’il chassait.

Chaque rongeur ainsi se nourrissait,
Qui savourait les bonnes graines blondes ;
Leur panse alors devenait un peu ronde,
Le prédateur sa table enrichissait.

Car il faut bien que tout le monde vive,
Tant pis pour vous, créatures chétives ;
Vous n’irez plus nos réserves pillant.

Pour chaque nuit doit venir une aurore,
Ne la verra que celui qui dévore
Ses invités, ses malchanceux clients.

Cochonfucius

Héraldique presque municipale

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D’un blason s’honore la ville,
D’un emblème des mauvais jours ;
Il ne s’orne d’aucune tour
Mais d’un poulet, c’est trop débile.

Qui nous dira par quel mobile
Agit l’héraldiste balourd ?
Voulut-il avoir de l’humour ?
Déversa-t-il son atrabile ?

Quand je dis ce blasonnement,
Je m’étouffe, tout bonnement,
Ne riez pas de moi, vous autres.

Cependant, faut-il s’énerver ?
Mieux vaut le calme conserver,
Riez donc, je bois à la vôtre.

Cochonfucius

Humble taverne

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La Dame de ces lieux m’accueille avec bonté,
Que j’ai dès le départ en estime tenue ;
Car digne de respect je trouve sa fierté,
Et pleine de douceur sa franchise ingénue.

Elle m’offre un sourire, et j’en suis enchanté ;
Elle m’a révélé des saveurs inconnues,
Toujours joyeusement trinquant à ma santé ;
De mon anniversaire elle s’est souvenue.

— Tavernière jolie, à quoi donc penses-tu ?
— Je songe au cuisinier, qui, tout de blanc vêtu,
Se dépense, et jamais ses efforts ne ménage.

J’écoute sa réponse, et, tranquille, je bois
En espérant pour elle un bonheur sans nuages,
Cet aimable cuistot est bien chanceux, ma foi.

Cochonfucius

Hôtes de ces bois

image de l’auteur

Nous fûmes célébrés par Jean de La Fontaine,
Sous son arbre il pouvait rêvasser tout un jour;
Peut-être songeait-il à de vaines amours,
À moins qu’il ne jugeât la condition humaine.

Il regardait sans fin chuter les fruits du chêne,
Se félicitant qu’ils ne fussent pas trop lourds ;
Nos voix ne tombaient point dans l’oreille d’un sourd,
Car au fil de son oeuvre il nous mettait en scène.

Il sut représenter notre âme et notre corps,
Il disait notre vie ainsi que notre mort ;
Nous disions entre nous « Cet homme nous ressemble ».

Qui sait quelle valeur nous eûmes, à ses yeux ?
Sans doute il nous tenait pour des enfants de Dieu,
Non pour des agrégats que le hasard assemble.

Cochonfucius

Dur métier

Toile de Henry Fuseli

Rhapsode qui à rimer s’aventure
(C’est, me dit-on, un métier fort ancien)
Y investit cet esprit qui est sien
Et que souvent l’inspiration torture.

Ainsi qu’un moine au costume de bure,
De discipline il s’impose les liens ;
Quand tout somnole, au soleil méridien,
Il est astreint aux travaux d’écriture.

Il doit veiller fort avant dans la nuit,
Et sur sa table, où la chandelle luit,
Bien du papier s’accumule et demeure.

Mais ce labeur l’amuse, en vérité,
Joyeusement sur lui glissent les heures
Avant l’instant du repos mérité.

Cochonfucius

Voix humaine

Toile de Henry Bouvet

La guirlande qu’avait le rhapsode tressée
Sur quelques impressions du début de l’hiver
Inspira la lectrice à la voix cadencée,
Un jour où chacun lut quelques pages de vers.

Ce jour, nous aurions pu aller tous au concert,
Mais ce fut à l’auberge, une fête bercée
Par de beaux madrigaux, joyaux de la pensée,
Porteurs d’un sens profond, sans trop en avoir l’air.

Sages observations et amusants délires,
Le druide avec César se partageant l’Empire,
Auteurs qui, ce jour-là, s’amusaient, simplement.

Et je me souvenais d’une époque plus noire
Où, la lectrice et moi, vivions quelques déboires,
Sans que l’abandonnât son sourire charmant.

Cochonfucius

Oracle

Illustration d’Alice Popkorn

Il suffit de parler à l’escargot magique
Et son miroir verbal te donne la réplique.

Si tu dis « J’ai trouvé le sens de l’univers »,
Il répond « Tu as mis ta culotte à l’envers » ;

S’il entend  « J’ai bâti un palais de porphyre »,
Il dit « Cher visiteur, tu m’en vois mort de rire » ;

Si tu demandes où trouver un peu d’opium,
Il te dit d’aller voir au fond de l’aquarium  ;

Si tu demandes qui protège un sybarite,
Il te conseillera d’invoquer Aphrodite.

Cet escargot magique est triste, au fond des bois :
Il ne sait pas répondre à la biche aux abois.

Cochonfucius

Jour de joie

Peinture de Lu Hui

Je voudrais peindre ma joie
Sur un long rouleau de soie
Exposé au vent léger
Qui traverse mon verger.

Tombent les fleurs des pommiers,
Passent les nuages blancs ;
Déambulent à pas lents
Sur les branches, les ramiers.

L’étrange odeur de la terre
Et la clarté de l’azur
Font un amalgame pur ;

Cette joie involontaire
Ferait vibrer mon pinceau
Tout au long de ce rouleau.

Cochonfucius

Felix Episcopus

image de l’auteur

Repose en paix, bienheureux Dupanloup,
Et que ton âme en Paradis frétille ;
Bien entouré d’angelettes gentilles,
D’être passé ne t’ennuie pas beaucoup

Devant Marie tu te mets à genoux,
Qui du Seigneur est la plus noble fille ;
Pour tes péchés, pour ces quelques broutilles,
Ils sont cléments, elle et son tendre époux.

Ton corps défunt qui repose en la fosse
Ne goûte plus les viandes ni les sauces ;
Son bel organe, il ne peut en user.

Mais quant à l’âme, elle brûle, au contraire,
D’un vif désir, et ne s’y peut soustraire ;
Mais elle a soin de n’en pas abuser.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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