De gueules au cygne d’argent

Composition de l’auteur

Des basses-cours, le cygne se souvient :
Des vrais canards, avec lesquels on joue,
De la fermière aux abondantes joues,
Du troupeau d’oies qui s’en va et s’en vient.

De cette enfance, il ne lui reste rien,
Cygne et canard d’amitié ne se nouent ;
L’un dans l’eau pure, et l’autre dans la boue,
Entre ces deux ne subsiste aucun lien.

Ce ne doit être un objet de malaise,
Juste une idée, qu’un sombre oubli apaise,
Ni attachés, ni l’un de l’autre épris,

Cygne et canard ont chacun leur domaine ;
Ce ne doit point être cause de peine…
Mais ils pensaient, jadis, s’être compris.

Cochonfucius

César lotophage

image de l’auteur

Jules, pour amortir le trouble de son coeur
Et pour éteindre en lui de sinistres pensées,
Suit des distillateurs la recherche avancée
Qui pourra vaincre, un jour, son âme de vainqueur.

Tant de soulagement à n’être plus penseur,
À fuir le souvenir de sa gloire passée :
Car il préfère à tout la dérive insensée
Qu’apporte le lotus à l’étrange douceur.

Il donne ses trésors de vieux conquérant riche,
Des terrains à bâtir et des jardins en friche ;
Tout cela pour pouvoir s’étendre, et sommeiller.

De la guerre il oublie la meurtrière danse,
La rumeur combative et la marche en cadence :
Il ne sait plus pourquoi il a tant travaillé.

Cochonfucius

Sagesse monastique

Composition de l’auteur

D’un lion de sable usurpant l’apparence,
Un sphinx visite un cloître, en plein hiver.
Piéger un moine et le mettre en enfer,
Tel est son voeu, telle est son espérance.

Il en trouve un, de ceux qui parfois pensent
À la beauté de ce grand Univers,
À la douceur que porte parfois l’air,
Aux belles voix qu’on entend à distance.

— Moine, quittons ce palais de tourments ;
D’une vestale, en te faisant l’amant,
Tu gagneras les plaisirs les plus amples.

— Sphinx, dit le moine, es-tu vraiment si fin ?
De ces biens-là, tu n’en as jamais faim :
Faible orateur, qui ne prêche d’exemple.

Cochonfucius

Splendeur des châteaux

Composition de l’auteur

Château de gueules, lourd comme un massif squelette !
Vos murs sont, néanmoins, finement ouvragés.
Vos voisins de sinople, au mépris du danger,
Se tiennent contre vous, à portée d’arbalète.

En inframonde existe une grotte secrète
Où le château d’azur est peuplé d’étrangers
Qui ont pris pour seigneur un baron dérangé :
Pleines de fantaisie sont les lois qu’il décrète,

Sur le cas où, dans l’ombre, un robinet se sauve ;
Sur la jurispridence issue du cahier mauve ;
Sur ce qui se défeuille et ce qui reste vert ;

Sur l’inauguration des nouveaux chrysanthèmes ;
Sur le radieux soleil et sur la lune blême ;
Et, le plus important, comment boire en hiver.

Cochonfucius

Liberté de rêver

Toile de Karl Brullof

Que nul ne soit contraint de combattre sans trêve,
Maint travail se prépare au souffle du dormeur ;
Et s’il ne perçoit pas ce qui, en lui, se lève,
Au moment opportun le connaîtra son coeur.

Laissez-le s’incliner dans son temps qui s’achève,
Il pourra découvrir une autre profondeur.
Puisqu’il n’a plus en lui que cette faible sève,
Épargnez-lui l’effort, épargnez-lui la peur.

Le poète est lui-même au temps de son repos ;
C’est là qu’il sait tenir de plus nobles propos,
Charmer de ses bons mots la lectrice qui l’aime ;

Ou, si cette vie n’est qu’un songe intermittent,
S’il n’est point de serpent, ni d’Ève, ni d’Adam,
Qu’importent nos efforts, qu’importe ce poème ?

Cochonfucius

Arbre de gueules et d’argent

image de l’auteur

De gueules et d’argent est l’arbre d’Apollon,
Il sert à couronner les bons sonneurs de lyre ;
Jamais il n’est coupé pour bâtir un navire,
Jamais on n’en fait d’arcs ou d’instruments félons.

Ne craignant ni Phébus, ni le dur Aquilon,
Il vibre dans le soir aux accents de Zéphire ;
En cas d’orage, il dit : «Ça pourrait être pire»,
Ses branches dans le vent jouent comme des violons.

Ses deux côtés jumeaux l’un contre l’autre vivent
Dans les saisons de l’an qui toujours s’entresuivent
Tout aussi sûrement que le jour et la nuit :

Pour cet arbre, le temps ne s’en va point, il passe
Comme un ouroboros, lui-même se pourchasse :
Car le temps, sans repos, se rejoint et se suit.

Cochonfucius

Simple nef de gueules

Image du blog Herald Dick Magazine

Loin du port aux longues murailles,
La nef rougit comme un brasier ;
Un gars tient le timon d’acier,
Rêvant de gloire et de batailles.

Cette rouge nef de ferraille
Est des mers le fier destrier ;
Sa coque est comme un bouclier
Dont géante serait la taille.

Sous le tonnerre et sous l’éclair,
La voile se gonfle dans l’air
Où les lys sont des oriflammes ;

Rhinocéros prêt à charger,
Rouge monstre au regard figé,
La nef est la terreur des lames.

Cochonfucius

Dans les bois

Toile de Kate Collins

Le renard trouve un os, et doucement le ronge ;
C’est un plat savoureux, c’est une riche part,
Un festin que l’on doit savourer à l’écart,
Comme en méditation, comme au ciel, comme en songe.

Notre esprit, lui aussi, en ses plaisirs se plonge ;
Derrière un petit mur ou derrière un rempart,
Perché sur une branche ainsi qu’un léopard,
Ou, plus perversement, sous couvert d’un mensonge.

Le renard, de ses pairs, est souvent désuni :
Comme larron et traître il est des cours banni,
Sans avoir trop d’espoir du pardon de ses fautes.

Ne ressemblez donc point au renard sans merci,
Ayez des commensaux, sans regret, sans souci :
D’un festin  partagé la saveur est plus haute.

Cochonfucius

Newton et Langevin

Pochette d’album Pink Floyd

Jumeaux de Langevin, par votre éloignement,
Le temps d’un seul des deux s’altère et se dilate,
A son retour il eut, la chose nous épate,
Par rapport à son frère, un âge différent.

L’écart est expliqué, bien sûr, par les savants,
Posant les équations, calculant, ils débattent ;
Donc, deux individus nés à la même date
N’ont pas, dans ce cas là, vécu le même temps.

Ainsi en sera-t-il de deux auteurs qui glanent
Dans les mêmes trésors, et aux mêmes cieux planent,
Ils n’en tireront pas même moralité.

Quand Newton de son prisme une lumière brise,
On voit plusieurs couleurs au rayon qui s’irise ;
Mais le soleil, aux cieux, garde son unité.

Cochonfucius

Le blason-sonnet d’Emma B. de la 5.1

Trois abeilles venues de France

image de l’auteur

Les trois venues de France en battant des ailes,
Toutes trois transportant un message essentiel,
Les  trois  me portant un message si violent
Que non, je ne les ai pas crues sur le moment.

Les trois  messagères répandant la nouvelle,
Répandant la nouvelle par le biais du ciel.
Trois abeilles restées chez moi, me surveillant,
Toutes trois chez moi, se déplaçant bruyamment.

Toutes trois se sont installées sur mon balcon,
Les  trois se sont posées là, comme des flocons,
Elles me fixaient, épuisé était leur air.

Trois abeilles se sont posées  sur ma fenêtre,
Après avoir parcouru des millions de mètres.
Les trois s’étaient posées pour m’annoncer la guerre.

Emma

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De sable à la bordure d’or aux trois abeilles d’or aussi

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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