Paysage frit

image de l’auteur

La vague de chaleur a cramé l’Univers,
De stérilité sont les planètes frappées ;
Tu retrouveras peu de bêtes rescapées,
Dont nul raton laveur, n’en déplaise à Prévert.

Jamais ne reviendront l’automne ni l’hiver,
De neige ne sera plus la plaine nappée ;
Des preux de Charlemagne ont fondu les épées,
Ce qui a satisfait quelques démons pervers.

Ces diables par ce temps conservent leur sang-froid,
Disant « Le sol revient enfin à qui de droit »
Sans regretter l’humain, cet apprenti despote.

Or, deux petits canards ont surgi tout à coup,
Hérissant joliment les plumes de leur cou ;
Ils ont donc survécu, tant mieux pour ces deux potes.

Cochonfucius

Pureté d’un pachyderme

image de l’auteur

L’ambimammouth ne fait jamais de choses viles,
Car il eut pour mentor un homme de valeur ;
Ce n’est donc nullement un oiseau de malheur,
Il parle aux animaux de façon fort civile.

Il est déjà très vieux, mais il n’est pas sénile,
Il aime plaisanter, mais il n’est pas moqueur ;
Les dryades jadis se disputaient son coeur,
Mais il a bien perdu son ardeur juvénile.

Son arc ne lance plus de ses fabuleux traits,
Il demeure tranquille et se tient en retrait ;
Cupidon désormais ne l’importune guère.

Et pourquoi regretter l’amour et ses tourments ?
À vouloir réveiller la Belle au Bois dormant,
Bien des gens vainement leurs forces prodiguèrent.

Cochonfucius

Une pierre magique

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C’est un noble cristal produit par la Nature,
Auquel on attribue d’innombrables bienfaits ;
Donc, si l’on t’en donne un, garde-le, c’est parfait ;
Mets-le dans un écrin de très bonne facture.

Mais si tu en reçois un faux, par imposture,
Ne va pas t’exposer à ses mauvais effets ;
Tu dois éliminer ce joyau contrefait,
À le garder chez toi jamais ne t’aventure.

Admire sa splendeur à nulle autre seconde,
Son coeur où tu liras les secrets de ce monde ;
Contemple ses reflets, qu’ils soient d’or ou d’azur.

Il doit, quand tu mourras, retourner à la terre ;
Tu ne transmettras point cette magique pierre,
Sous peine de subir un maléfice obscur.

Cochonfucius

Manoir de sinople

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Nous avons notre gîte au fond de la rivière,
Si vaste qu’il pourrait loger un bataillon ;
Nous bavardons avec nos carpes familières,
Avec le bon brochet parfois nous ripaillons.

La rivière est de l’eau, ce n’est pas de la bière,
C’est ardu à changer, mais nous y travaillons ;
On ne peut l’obtenir par la voie coutumière,
Le problème est confus, nous le débroussaillons.

Les ondins du cours d’eau valent mieux que des hommes,
Jamais aucun d’entre eux n’aurait mangé la pomme :
Ils craignent le serpent, car c’est un monstre froid.

Ils aiment ce milieu plus que les eaux marines,
Car le sel endommage et meurtrit leurs narines ;
Puis, les ondines sont toujours en cet endroit.

Cochonfucius

Seconde vie du vieux porc

image de l’auteur

Partir à la retraite était la fin d’une ère,
J’avais le sentiment qu’il ne me restait rien,
Sinon des souvenirs, devenant aériens,
Ainsi que des lueurs, ou des songes lunaires.

Sous le soleil je pris un repos salutaire,
Puis je déménageai, labeur de galérien ;
Tout fut transbahuté par deux ou trois vauriens,
Je fus en route alors, mais non pas pour Cythère.

Un autre firmament, un tout autre jardin,
Une autre tavernière au langage badin ;
Ainsi, très doucement, ma vie se renouvelle.

Et l’homme que je fus, que fait-il, est-il mort ?
La chose ne saurait me causer nul remords,
Ni non plus tourmenter ma placide cervelle.

Cochonfucius

Vieux porc amoureux

image de l’auteur

Ce cochon n’a jamais perdu sa convoitise,
Pour une blanche mouette on le voit soupirer ;
Lui qui, devenu vieux, ne craint pas d’endurer
Les multiples tourments dont souffre une âme éprise

Cet innocent vieillard en jeune se déguise,
Mais personne ne croit qu’on puisse l’admirer ;
Il n’a plus ce qu’il faut pour être désiré,
Car nul vivant ne peut rajeunir à sa guise.

L’Univers a son plan, la Nature a ses lois,
Aussi tu ne dois pas faire n’importe quoi,
Que tu sois l’éléphant, le phoque ou l’hirondelle.

Mais Cupidon poursuit ceux qu’un jour il frappa ;
Le corps est fatigué, l’esprit ne mollit pas,
À ses anciens désirs il veut être fidèle.

Cochonfucius

Un pays de neige

Sculptures du jardin de Cochonfucius

Dans un pays de neige, on voit des créatures
A l’aspect biscornu, aux étranges maisons,
Cultivant l’ironie, l’humour, la déraison,
La versification et la caricature.

Si encore ils avaient, dans leur littérature,
Des textes pour bénir le cycle des saisons,
Des hymnes à l’hiver, ou bien des oraisons
Qu’on pourrait adresser à la douce Nature…

Mais non, d’affreux sonnets, des haïkus ridicules,
Déclamés par un grand flandrin qui gesticule,
C’est nul à un tel point qu’on en serait touché.

Je leur ai demandé s’ils ne pouvaient mieux faire,
Ils m’ont dit que cela n’était pas mon affaire :
Ce peuple de la neige est bien mal embouché.

Cochonfucius

Séduire une grenouille

image de l’auteur

Cette mare au printemps de prétendants foisonne,
Empressés à franchir le rivage glissant ;
Nous entendons de loin la voix des plus puissants,
Plus qu’une basse-cour ce vert plan d’eau résonne.

Pour la plupart, ils sont bien faits de leur personne,
Eux qui ont su gagner du muscle en bondissant ;
Ils arrivent nombreux, de l’herbe surgissant,
Héros reproducteurs dont la voix claire sonne.

Grenouille, vois qu’ils ont parcouru ce chemin ;
Ils ont pour objectif de demander ta main,
Mais pas de se languir en amours platoniques.

Tu ne sais pas lequel peut faire ton bonheur,
Tu entends leur musique aux riches harmoniques ;
Tu veux un galant sage, et pas trop raisonneur.

Cochonfucius

Monstre cellérier

image de l’auteur

Dans ma cave réside un monstre lucifuge,
Je pense qu’il agit en buveur clandestin ;
C’est un comportement qui remonte au déluge,
« Est calix sanguinis » grogne-t-il en latin.

Il échappe aux regards par mille subterfuges,
Sauf s’il est endormi dans le petit matin ;
Loin de lui le désir de quitter son refuge,
Car il est affaibli par l’âge qui l’atteint.

Aucun désir en lui d’une vie éternelle,
Du prêtre il n’entend point la sotte ritournelle ;
Il n’a point pour mentor l’ensoutané paillard.

Il n’est pas dangereux, c’est un monstre ordinaire,
Par manque d’exercice il devient rondouillard ;
Mais je ne lui dis rien, cela, c’est son affaire..

Cochonfucius

Loup d’azur et d’or

image de l’auteur

Naguère, je chantais la Lune et son halo,
Ma complainte amusait les petits angelots ;
La Lune est toujours là, pourtant je n’en ai cure,
Peu m’importe aujourd’hui que ma nuit soit obscure.

Jeune, je traversais mon domaine au galop,
Sautant de roc en roc je savais passer l’eau ;
L’âge venu, mes pieds de faible créature
Hésitent, comme ceux d’un pauvre être immature.

J’aligne sans raison des mots que je rumine,
D’un rire rarement ma face s’illumine ;
Ce n’est pas un cadeau de devenir si vieux.

Or, parfois, le matin, quand les oiseaux babillent,
Un grand soleil d’antan sur ma grise âme brille ;
Alors, je me souviens d’autres temps, d’autres lieux.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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