Gyrovague affaibli

image de l’auteur

Le vieux marcheur perclus prend garde à chaque pierre,
Nous le voyons boiter aux abords du vieux pont ;
Tu dis qu’il a trop bu, mais nous te détrompons,
Chaque jour il s’arrête après une ou deux bières.

Même usé, l’homme reste un chercheur de de lumière,
Son esprit va toujours par gambades et bonds ;
La tavernière, aimable avec ce vagabond,
À goûter de sa verve est souvent la première.

Les chansons qu’il aimait dans sa jeunesse entendre,
Avec des traits moqueurs ou des paroles tendres,
Sont à présent pour lui le meilleur réconfort.

Il aime aussi les tours du renard, ce malin,
Ainsi que le rêveur affrontant des moulins ;
Ce sont choses qu’il peut vous narrer sans effort.

Cochonfucius

Cornes et barbe

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Le bouc est philosophe, il dissèque des choses,
Observant les vivants dont le monde est peuplé ;
Il aime, comme toi, les astres contempler,
Surtout la blanche lune et ses métamorphoses.

Il écoute les voix du prince et de sa rose,
Ainsi que le renard parlant d’un champ de blé ;
Il guide le troupeau qu’il aide à rassembler,
Autour duquel les chiens sagement se disposent.

Il ne craint point l’éclair qui frappe l’horizon,
Ni le lourd sanglier, ni l’ours, ni le bison ;
Auprès de son harem il s’empresse aux aurores.

Caprin bien inspiré, penseur au doux regard,
Tu égales Leibniz ou tu vaux plus encore,
Vois comme la bergère a pour toi des égards.

Cochonfucius

Jardin des végétaux

image de l’auteur

C’est un endroit perdu, la vigne folle y court,
Si rares sont les fleurs qu’on les distingue à peine ;
Ce lieu reçut jadis un peu d’eau de la Seine,
Les gens se sont lassés, l’affaire a tourné court.

Nulle trace de pas, personne aux alentours,
Mais nul besoin non plus de la présence humaine ;
La Lune et le Soleil chaque saison ramènent,
Entre la feuille et l’astre est un constant amour.

Ce jardin, traversant le calme et la tourmente,
Subit le sort auquel il est prédestiné ;
Le plus grand calme règne en son âme dormante.

Pas question de le peindre ou de le dessiner,
Non plus de distiller les choses qui fermentent ;
Nous laisserons ce lieu doucement décliner.

Cochonfucius

Noble monstre

image de l’auteur

C’est un être tordu qui baigne dans sa gloire,
Lui qu’un fier troubadour chante à cor et à cri ;
On le célèbre aussi dans de savants écrits
Afin que son nom soit gravé dans nos mémoires.

Courageux en l’échec, modeste en la victoire,
On trouve en sa personne un seigneur aguerri ;
La Reine le reçut en ses jardins fleuris
Afin d’encourager ses vertus méritoires.

Le Roi lui a servi son plus excellent vin ;
À cette table, ensuite, une danseuse vint
Dont le costume fut d’élégant cachemire.

La Princesse, dit-on, lui faisait les yeux doux,
Elle qui paraissait le trouver à son goût ;
Le Bouffon le tenait en sa ligne de mire.

Cochonfucius

Premières paroles de Lao-Tseu

Photographie de Bernard Oh

Tracer la voie n’est la rendre éternelle ;
Si le Néant au Début sert de nom,
L’Être au vivant servira de surnom.
Ne cherche point d’essence universelle :

La goutte d’eau, la modeste étincelle
Que pour si peu de chose nous tenons,
Sont l’une et l’autre un robuste chaînon
De la subtile harmonie naturelle.

Celui qui sait, qu’il se garde d’écrire
Ou que ce soit pour nous donner à rire :
Celui qui rit n’a point perdu son jour.

Parole utile, elle est rarement claire ;
Parole sage, elle est parfois vulgaire,
Mais le silence est le meilleur discours.

Cochonfucius

Dame des rêves savoureux

image de l’auteur

Je te retrouve quand je dors,
Tous mes soucis alors décampent ;
Mon corps se réchauffe à ton corps,
C’est un joli sujet d’estampe.

Dans ce songe mon coeur bat fort,
Mon âme s’accroche à la rampe ;
C’est presque trop pour ce vieux porc,
Même s’il est de bonne trempe.

Ton corps ondule avec lenteur
Dans un parc aux mille senteurs,
C’est alors que je me sens vivre.

La nuit n’a pas de lendemain,
Le temps a perdu son chemin ;
C’est un beau chapitre à mon livre.

Cochonfucius

Dive bouteille

image de l’auteur

Le sang du Fils de Dieu consacré sur l’autel,
Il ne s’agit pas là d’un sombre sortilège ;
La belle âme du prêtre est plus blanche que neige,
Sauf quelques exceptions, mais c’est accidentel.

En bouteille est le vin du commun des mortels,
En avaler souvent n’est pas un sacrilège ;
Nous le prenons par droit, et non par privilège,
Dans une humble taverne ou dans un grand hôtel.

Les avenants comptoirs sont de zinc ou de marbre ;
Tu peux aussi t’asseoir à l’ombre d’un bel arbre,
Oubliant en ce lieu la ville et son raffut.

Bacchus fut bien souvent célébré sous ma plume ;
De mes prédécesseurs c’est aussi la coutume,
Et du bon Rabelais s’adossant à son fût.

Cochonfucius

Harpe d’inframonde

image de l’auteur

Les mains du musicien dans la faible lumière
Manquent de fermeté, car il est vraiment vieux ;
Mais il joue presque mieux que les anges des cieux,
Lui qui ne chanta rien quand on le mit en bière.

Il reçut sans broncher le verdict de Saint Pierre,
Cet endroit lui convient autant que l’autre lieu ;
Les démons sont aussi créatures de Dieu,
Même s’ils ont parfois de mauvaises manières.

Il chante doucement, la harpe sonne clair,
C’est un doux refrain dont Satan fredonne l’air ;
La lente mélodie semble calmer sa rage.

Ce vieux sonneur n’est pas un héros de roman,
J’en parle en ce sonnet, mais très brièvement,
Pour donner sur sa vie un modeste éclairage.

Cochonfucius

Manoir ordinaire

image de l’auteur

Nous sommes six reclus, trois hommes et trois femmes,
Et jamais nous n’avons abusé des plaisirs ;
Calmes sont nos propos, faibles sont nos désirs,
On ne voit en nos coeurs que de modestes flammes.

Nous sommes paresseux, que nul ne nous en blâme,
Plusieurs de nos matins se passent à dormir ;
Parfois même, en plein jour, je le dis sans frémir,
Nous restons au salon sans en foutre une rame.

Ensemble du déclin nous prenons le chemin,
L’âge nous affaiblit, comme tous les humains ;
Nous ne nous plaignons pas, ça pourrait être pire.

Nous resterons ainsi, trois femmes et trois hommes,
Toujours indifférents aux troubles de l’Empire ;
Et pas trop mécontents d’être ce que nous sommes.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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