Chien d’Artémis

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Cet animal joyeux dit : « Ma maîtresse est belle,
Puis j’aime parcourir les sous-bois odorants ;
Elle vit sans mari, mais je suis son enfant,
Moi qui, mieux qu’un humain, sais me montrer fidèle.»

La déesse et le chien jamais ne se querellent,
Aux dîners de l’Olympe il sait tenir son rang ;
Il dit du bien des plats, tout en les savourant,
Des intrigues des dieux jamais il ne se mêle.

Il connaît les secrets de son vaste terroir,
Il trouve le gibier aux magiques miroirs ;
Artémis apprécie son âme obéissante.

Compère Sanglier voudrait le mettre à mort ;
Le chien sait esquiver ses attaques puissantes,
Comment aurait-il peur des assauts d’un vieux porc ?

Cochonfucius

Monseigneur Basilic

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Moi, vers le Vatican jamais je ne voyage,
Même si notre Pape est un brave parrain ;
Comme un vieux paysan s’accroche à son terrain,
Ainsi je me cantonne à mon humble baillage.

Des instants je ne veux faire aucun gaspillage,
Tels qu’en commettent trop de mes contemporains ;
Car je veux m’investir, immobile et serein,
Dans un contemplatif séjour sous les feuillages.

Je veux, accompagné par un oiseau chantant,
Composer des sonnets, ainsi qu’au bon vieux temps,
Ce n’est pas mon devoir, mais ce n’est pas un crime.

Même, je veux ainsi bâtir un univers
Où s’ouvriront des fleurs, l’été comme l’hiver,
Où sourira ma Muse en entendant ces rimes.

Cochonfucius

Cygne bienveillant

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Je n’ai pas de mépris pour ce qui grimpe ou rampe,
Ni pour l’humble lombric, du sous-sol émergeant ;
Je crois que nous suivons des chemins convergents,
Papillons voletant vers une même lampe.

De semblables esprits logent entre nos tempes,
Nous sommes des baigneurs au même flot nageant :
Nous peuplons la planète en nous la partageant,
Jamais de ce Cosmos un de nous ne décampe.

Pour moi, je ne suis pas mécontent de ce gîte,
Car j’aime contempler les poissons qui s’agitent
Dans la rustique mare ou dans le vieil étang.

Savoir pourquoi tout ça, ce n’est pas important,
Nous sommes heureux si notre âme n’est pas seule ;
Y chercher des raisons, c’est pour ceux qui le veulent.

Cochonfucius

Roi de sinople

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Gouverner, selon moi, c’est un jeu très subtil,
Étrange acrobatie, jonglerie fascinante ;
Je me garde toujours d’une gaffe imminente,
Moi qui n’ai jamais mis le royaume en péril.

Des Dames de la Cour j’ignore le babil,
J’observe de très loin leurs manières charmantes ;
Celles qui disent vrai, comme celles qui mentent,
.De mes calculs, leurs mots me font perdre le fil.

C’est un pesant fardeau que ce métier de roi,
Il faut gérer la caisse et connaître les lois ;
Sois content d’échapper à tout ça, petit page.

Laissant délibérer les ministres chenus,
Nul compte je ne tiens de leurs plans saugrenus ;
Je préfère écouter les bergers des alpages.

Cochonfucius

Innombrables trésors

Toile de Giulio Rosati

Verlaine voit un décor
D’argent, de nacre et d’opale ;

De verres pleins à ras bord,
Aussi d’odalisques pâles,

De chansons et de musique,
Même, de métaphysique.

Son désir se fait ardent,
Au réel plus ne se plie ;

Et le voici gambadant
Au gré d’une vraie folie.

Pourquoi serait-il prudent ?
Cette muse est trop jolie.

Cochonfucius

Cyclochronie

image de l’auteur

L’Ouroboros du Temps, qui peut l’apercevoir ?
Quelle réalité recouvre ce symbole ?
Un prophète d’antan l’évoque en paraboles,
Peut-être pour masquer un peu de son savoir.

Ce langage imagé pourrait te décevoir,
Tu pourrais réclamer de plus franches paroles ;
Tu veux savoir comment l’ouroboros s’envole,
Mais répondre à cela n’est pas en mon pouvoir.

Ce monstre peut subir des mutations soudaines,
Gravement progresser ou faire des fredaines,
Qui sait sur quels chemins il voudra s’avancer ?

Son regard est songeur, sa démarche est furtive,
Il est inattentif à notre voix plaintive ;
De lui, je ne sais pas ce que je dois penser.

Cochonfucius

Oiseau glossonaute

image de l’auteur

« Voyons si ce mot-là vaut mieux que ce mot-ci »,
Ainsi parle un oiseau qui compare deux termes ;
Il cherche dans Littré, puis dans Grevisse aussi,
Deux textes qui, dit-il, la sagesse renferment.

Les jours et les saisons, les ans passent ainsi,
Mais de son oeuvre propre on ne voit aucun germe ;
Car de se rendre utile il n’a point le souci,
Nulle sueur n’ira baigner son épiderme.

Sobre, il le fut toujours, et donc, rien ne lui manque,
Son but ne fut jamais d’emplir un compte en banque ;
C’est un être discret, c’est un oiseau peinard.

La poésie d’antan l’exalte et le transporte,
Il en fait son régal, et, sans franchir sa porte,
Déguste des sonnets avec un bon pinard.

Cochonfucius

Ambicigogne parolière

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J’aime l’ambicigogne et sa double chanson,
Je l’entendais, d’ailleurs, au jardin, tout à l’heure ;
Comme un bon musicien qui les notes effleure,
Elle nous fait goûter la finesse des sons.

Elle n’est point de ceux qui pour l’hiver s’en vont,
Ne voulant point voler très loin de sa demeure ;
Elle arpente les champs où les insectes meurent,
Au long de nos chemins parfois nous l’observons.

Que dit-elle de nous, que sommes-nous pour elle ?
Voudrait-elle savoir si nous la trouvons belle ?
Toujours je m’interroge, en la voyant passer.

Elle invente des airs, sans jamais se lasser ;
Ceux qui sont très anciens tendent à s’effacer,
Car elle a plus de goût pour les choses nouvelles.

Cochonfucius

Songe de la balance

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La balance laissa le Sommeil la surprendre,
Rêvant qu’elle pesait des objets singuliers ;
Elle se voyait loin de ses lieux familiers,
Mais faisait son métier sans chercher à comprendre.

Elle pesa des mots,sans jamais les entendre,
Puis des trésors cachés dans un petit soulier ;
Elle crut s’éveiller au cri d’un fourmilier,
Et, dans ce monde flou, ne sut à quoi s’attendre.

L’inconscient est farceur, mais il n’est pas méchant,
Légers sont les dégâts qu’il cause en se lâchant ;
Balance, il n’y a point péril en la demeure.

Bien peu de temps dura ce songe merveilleux,
Lequel fut décousu, même un peu cafouilleux ;
Il tient en ce recueil une place mineure.

Cochonfucius

Champion d’indifférence

image de l’auteur

Tu te moques de lui mais il ne s’en plaint pas,
D’impassibilité sa robuste âme est pleine ;
Jamais il ne pleura comme une Madeleine,
Jamais de sentiments ne se préoccupa.

Il voit sereinement l’horizon du trépas,
Il ne se flatte point d’une espérance vaine ;
Il sourit aux assauts de la noire déveine,
Même ayant peu de vin quand il prend son repas.

Il savoure pourtant le charme d’une amie,
Son silence surtout, quand elle est endormie ;
Il n’a pas pour visage un dur masque de fer.

Même, un coeur délicat palpite en sa poitrine,
Lui dont les sentiments ne sont pas en vitrine ;
Il vit sur terre, et pas aux cieux ni aux enfers.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

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