Dieu dans la verdure

image de l’auteur

Je suis un grand oiseau, le seigneur du bocage,
De tout ce qui me plaît je prélève ma part ;
D’autres seront nourris de mes restes épars,
C’est ainsi que je vois l’équitable partage.

De tous les animaux je comprends le langage,
Mais celui des humains, je le laisse au placard ;
Sans valeur sont les mots des primates bavards,
Gens dépourvus d’instinct, bipèdes sans plumage.

Sans crainte mes sujets s’en remettent à moi,
Je sais les apaiser quand ils sont en émoi ;
Pour ministres j’ai pris de sages alouettes.

D’avoir des successeurs je n’ai pas le souci,
Nous ne manquerons point de candidats ici ;
Car j’en ai dénombré trois cents et des brouettes.

Cochonfucius

Ange équivoque

image de l’auteur

Il vint au monde quand le soleil s’allumait
Et fut admiratif devant cette fournaise ;
Son esprit s’exaltait, son âme s’enflammait,
Il aurait adoré se cacher sous la braise.

Quand il fut écolier, ses copains il plumait,
Le pauvre instituteur en était mal à l’aise ;
Car d’habitude un ange à la Loi se soumet
Plus rigoureusement que les hommes de glaise.

Son allure angélique est-elle un faux-semblant ?
Est-ce un sombre démon sous un plumage blanc ?
Un incube, un satyre, un vampire, une goule ?

Nous n’en savons trop rien, répondre est malaisé,
Peut-être qu’avec l’âge il pourra s’apaiser,
Comme il advient à tous, lorsque le temps s’écoule.

Cochonfucius

Coeur de sinople

image de l’auteur

De se croire important ce coeur n’a pas envie,
Mais il sait, toutefois, qu’il n’est pas sans valeur ;
Lui qui a traversé le froid et la chaleur,
Il montre son courage et s’accroche à la vie.

Sa soif de plaisir n’est pas encore assouvie,
En cette dure époque il cherche la douceur ;
Il cherche la lumière en ces temps de noirceur,
Il envie Prométhée qui la flamme a ravie.

Guidant ce faible corps dont l’âme est presque morte,
Il l’aide à savourer des joies de toute sorte,
Afin qu’il soit serein pour accueillir la mort.

Ainsi qu’un galérien qui s’accroche à la rame,
Il navigue parmi les bonheurs et les drames ;
Il ne se lasse point de ce plaisant effort.

Cochonfucius

Spectre maudit

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Ici plane un fantôme aux ailes de vampire,
Sa vie ne fut que ruses et viles trahisons ;
Il hante maintenant une vieille maison,
Ce n’est pas reluisant, ça pourrait être pire.

Ses frères sont partis vers l’Infernal Empire,
Préférant être là que dans une prison ;
Ils souffrirent d’un mal sans nulle guérison,
Dont le jeune et le vieux l’un comme l’autre expirent

Notre héros revoit ceux qu’il a tourmentés,
Tous ceux du sang desquels il s’est alimenté ;
Sous l’effet de la mort s’apaisent leurs blessures.

Par ceux-là son visage est reconnu parfois,
Même s’il est souillé de quelques salissures,
Ils lui parlent alors ; lui-même reste coi.

Cochonfucius

Monstre assoiffé de vin

image de l’auteur

Ce monstre n’eut jamais la foi du charbonnier,
Pour lui, seul Dionysos est un Être Suprême ;
C’est un dieu qui jamais ne prescrit de carême,
Mais sort de bons flacons du fond de son panier.

Toujours notre héros pour boire est le premier,
Car, pourquoi se priver, quand on a ce qu’on aime ?
D’autres seront gourmands de fraises à la crème,
Qui auront un penchant pour le dieu des crémiers.

Le monstre boit longtemps, puis ensuite, il délire,
Vomissant des fragments de ce qu’il a pu lire ;
Il prétend que ce sont les mots du Saint-Esprit.

Moi, je ne suis, dit-il, qu’un enfant de chimère,
Je ne suis que le fruit d’un amour éphémère ;
Je ne sais pas pourquoi sur mon compte on écrit.

Cochonfucius

Je suis le Goupillon

Photographie de Doisneau

Je suis le Goupillon, et je peux contrôler
Le lézard d’Aquitaine et la sole abolie.
Mais ma Mémoire est morte, et mon porc constellé
Porte le roi Simon à la mélancolie.

En ouvrant un tonneau, le roi m’a consolé,
C’était dans un troquet, avenue d’Italie,
Car le pinard plaît à mon esprit désolé,
Tandis que le lézard à la sole s’allie.

Suis­-je Cochonfucius ? Suis-­je donc un peu rond ?
Mes yeux se plongent dans les yeux verts de la reine,
J’ai sous le crâne un son plus fort qu’une sirène.

Je vois le lézard-sole appeler le patron,
Car il a trop la dalle et il voudrait bouffer
Une poire au comptoir avec un p’tit café.

Cochonfucius

Main de Dionysos

image de l’auteur

Une sage dryade est du dieu la maîtresse,
Depuis qu’il la fréquente, il vit de presque rien ;
Sa main jadis bien rude apprend quelques caresses,
Mais il s’inspire aussi de Diogène le Chien.

Le feuillage est empli de rires d’allégresse,
Il n’y a pas de mal à se faire du bien ;
Sa jeune amante excuse une ou deux maladresses,
Lui donnant des leçons que toujours il retient.

Ainsi, le dieu du vin peut voir la vie en rose,
Il devient plus courtois, disant de belles choses,
On le croyait vulgaire, il nous prouve que non.

Un immortel peut-il être toujours fidèle ?
Dionysos, sur ce point, cherche-t-il un modèle ?
De l’épouse de Zeus il invoque le nom.

Cochonfucius

Monstre amusant

image de l’auteur

À l”école, j’étais le bouffon de ma classe,
À de graves sujets mon rire s’attaquait ;
Notre maître indulgent parfois me répliquait
Sachez qu’il s’en fallait pour que je l’égalasse.

Puis je fis un métier, dans une bonne place,
À mes obligations sagement je vaquais ;
Mais j’étais amuseur, je n’étais point laquais,
Mon équipe, d’ailleurs, n’en était jamais lasse.

Je ne me pris jamais pour un docte penseur,
Ni ne me crus subtil, comme sont les danseurs,
J’accomplissais plutôt la tâche d’un trouvère.

Tel fut mon jeune temps, tels sont mes souvenirs,
J’y repense le soir avant de m’endormir ;
Mon destin de vieillard n’est pas non plus sévère.

Cochonfucius

 

Goupil sylvestre

image de l’auteur

Ce fier seigneur, c’est le renard des bois,
Le protecteur des poules orphelines ;
Dans son refuge, au bas d’une colline,
Il se calfeutre et ne craint pas le froid.

Presque jamais je n’entendis sa voix,
Qui, me dit-on, peut se montrer câline ;
Pour protectrice, il a Sainte Céline
Dont le fiston consacra notre roi.

Mais il est vieux, son âme est assoupie
Et sa parole est faiblement glapie ;
Pour bien chasser, il est trop nonchalant.

Sois rassuré, brave goupil d’automne,
Il faut vieillir ; que nul ne s’en étonne,
Nul ne pourra s’en défendre en râlant.

Cochonfucius

Trésor de l’escuiruel

image de l’auteur

Je suis un fier rongeur, expert en friandises,
J’en ai tout un paquet qui sous la terre dort ;
Mais pour les retrouver, je ne suis pas très fort
Et je tombe, en creusant, sur d’autres marchandises.

Or, je ne m’en plains pas, car j’aime les surprises,
Heureux de voir parfois surgir un lingot d’or ;
D’adorer ce métal, les humains n’ont pas tort,
Mais je ne voudrais point tomber sous son emprise.

Perdre deux ou trois noix, ce n’est pas un malheur,
Car ces modestes fruits sont presque sans valeur,
Surtout quand on connaît des coins où ils abondent.

Enterrer déterrer, certes, c’est du boulot,
Même avec le secours des ouvriers mulots ;
Mais sur de tels efforts ma morale se fonde.

Cochonfucius

Héraldie, seconde fondation: 13 mars 2017. (Héraldique et Poésie)

Héraldie est né le 30 avril 2012, ceux qui l'ont fondé sont maintenant partis. Mais moi, Le Fringant Papillon, je reste dans ses jardins pour butiner ses fleurs. C'est là aussi que l'Enchanteur aux mille poèmes a un atelier.

Hortus Closus

Pour vivre heureux, vivons cachés

Parhal, poète....

Poésie musicale, rythmée, parlée ou chantée de sa voix vibrante sur la note de l'Univers.

Comme un cheveu sur la soupe

"On a le droit de le faire" Marguerite Duras, Écrire.

pour une seule note

écoutons à l'infini...

Le monde est dans tes yeux ...

... le premier matin du monde est aujourd'hui ...

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